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Prêtre, il va renoncer à l`Eglise pour une femme : «Je n`ai pas envie d`un amour caché»

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En couple avec une femme depuis un an et demi, ce prètre veut quitter son ministère pour vivre avec sa compagne.
En couple secrètement depuis un an et demi, le père Jean-Baptiste va renoncer à son sacerdoce pour une femme. Pour la première fois, il accepte de témoigner.
Leurs destins se sont croisés à la messe, il y a deux ans. Lui, prêtre depuis une quinzaine d’années. Elle, paroissienne en instance de divorce. « Au début, on avait une relation amicale très forte. Puis elle a fait le premier pas. On est ensemble depuis un an et demi », dévoile le père Jean-Baptiste*.

Pour l’heure, ce curé quadragénaire et sa compagne mère de famille savourent leur idylle secrètement. « Mais je n’ai pas envie d’un amour caché toute ma vie », s’engage-t-il. Alors ces prochains jours, il va en parler « à des amis proches, des copains prêtres ». Puis prendre rendez-vous avec son évêque. « Je lui demanderai une année de recul, dirai que j’ai besoin de réfléchir sans préciser pourquoi. Je pourrai ainsi préparer mon départ. Puis dans un second temps, j’annoncerai que je quitte mon ministère, car j’ai rencontré une femme. Je ne veux pas diviser, violenter ma communauté », répète-t-il, craignant les propos hostiles de certains fidèles.

Pas de chômage possible
Celui qui a obtenu « un bon diplôme » avant d’entrer au séminaire pense forcément à son avenir… matériel et professionnel. « Intérieurement, ma décision est prise. Mais il faut que je puisse tenir financièrement. Le jour où je révèle que je m’en vais, je me retrouve à la rue, avec zéro centime. Je pars sans la moindre indemnité, je ne peux pas toucher le chômage et mes droits à la retraite ne sont pas reconnus », s’inquiète le clerc qui perçoit actuellement un traitement mensuel d’environ 1000 euros et est logé gratuitement au presbytère.

Il redoute la réaction de son patron à la calotte violette. « Pour lui, pas de scandale, il voudra se protéger, ça sera donc une rupture radicale. Je devrai faire mes valises du jour au lendemain. Les évêques ne savent pas gérer ce genre de situation, ils sont perdus », regrette-t-il.

Pour autant, ne plus s’emprisonner dans le mensonge sera « une libération ». « Cet amour, c’est dur de ne pas pouvoir le rendre public, d’autant que des paroissiens se posent des questions. Certains ont interrogé ma compagne sur la proximité qu’elle avait avec moi », raconte-t-il tout en voulant pourtant croire que « personne n’est au courant, ou du moins, ne veut voir ». Sa dulcinée, il la voit chez elle ou chez lui. « On part aussi ensemble en vacances. L’avantage d’un agenda d’un prêtre, c’est que c’est lui qui le définit », sourit-il.

«Une belle chose qui me rend heureux»
Face au Sauveur, le col romain ne « culpabilise pas du tout ». « J’accueille cet amour comme une belle chose qui me rend heureux. Je le remets devant Dieu dans la prière et l’interroge : A quoi m’appelles-tu ? Le Seigneur m’appelle à aimer. Là, je peux aimer pleinement, profondément, dans la fidélité. Je n’ai pas l’impression d’être dans le péché », défend-il.

Depuis qu’il est « en couple », monsieur le curé « expérimente une plus grande proximité à l’égard des autres ». « Je deviens plus tolérant, plus ouvert au monde », apprécie-t-il. À ses yeux, « on a déshumanisé le prêtre au nom de la sacralité ». « Un paroissien m’a croisé au supermarché et m’a lancé : Ah bon père, vous faites vos courses ? On l’avait oublié, mais le prêtre, c’est un être humain ! » rappelle-t-il.

Représentant tout-puissant de Dieu sur Terre
Selon lui, c’est, notamment, parce qu’on a fait du curé « un représentant tout-puissant de Dieu sur Terre » que des « abus de confiance, d’autorité, sexuels… » ont pu avoir lieu. « On lui permet tout. On est tellement fasciné par son personnage qu’on devient totalement aveugle de ses possibles perversions », prévient-il. Lui est persuadé qu’en faisant tomber l’abbé de son piédestal, le mariage permettrait d’en finir avec toutes les emprises.

« La paroissienne ne lui autoriserait pas n’importe quoi, elle aurait un regard critique. Le prêtre fait vivre une communauté de croyants, point ! Ne lui conférons pas un pouvoir sacral que les Évangiles n’ont jamais donné », martèle-t-il. « À la base », cet ecclésiastique était « contre le mariage des prêtres ». « Quand on est au séminaire, notre désir, c’est de donner notre vie à Dieu. J’ai alors accepté ce célibat que j’ai respecté pendant des années même si je ne me suis jamais mis de barrières par rapport à mes sentiments. J’aime cet engagement. Mais moi, j’ai eu l’impression qu’il me manquait quelque chose et j’en ai souffert », confesse-t-il.

«Les évêques ferment les yeux»
Il ne « pense pas que tous les prêtres doivent » avoir une épouse. « Je dis simplement que le mariage peut les rendre plus libres par rapport à leurs fidèles. On a considéré dans l’Église catholique qu’ils devaient tout leur donner. Mais quand vous avez tout donné, vous n’appartenez plus à vous-même et vous vous perdez dans votre propre communauté », constate-t-il. Il s’est rendu compte que de nombreux confrères ne vivaient « pas dans la chasteté ». « Les évêques ferment les yeux. Pour eux, tant que c’est caché, ça passe. Mais moi, je refuse cette hypocrisie », milite-t-il. C’est « pour ça » qu’il a « accepté de témoigner » pour Le Parisien – Aujourd’hui en France. « J’ai envie d’aider l’Église », conclut l’amoureux clandestin qui croit à la providence et espère s’unir l’année prochaine.

 

* Son prénom a été changé.

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