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Samuel Eto’o: gloire et déboires du Roi bâtisseur

Samuel Eto’o: gloire et déboires du Roi bâtisseur | Benin Times
Samuel Eto’o: gloire et déboires du Roi bâtisseur

A 38 ans, Samuel Eto’o foule toujours les pelouses de football, aujourd’hui sous les couleurs du Qatar SC. Parfois jugé égocentrique de par son franc-parler ou son comportement sur le terrain, le Camerounais semble montrer un tout autre visage en dehors comme en témoigne la fondation qui porte son nom, crée en 2006.

Attaché au continent africain, il use de ses moyens et de son influence pour aider l’Afrique à se développer. A travers son engagement social, l’ancien du Barça montre ainsi qu’il est « mes que un jugador ».

La Fondation Samuel Eto’o est une organisation à but non lucratif qui oeuvre essentiellement en Afrique de l’Ouest. Elle a pour mission d’aider et de soigner la jeunesse, présente dans cette région du monde où les conditions de vie sont précaires. En effet, l’éducation est souvent chère et le manque de transports ne facilite pas son accès. Envoyer ses enfants à l’école est également un choix puisqu’il contraint les familles à se passer de la main d’oeuvre que représente leur enfant. C’est pour répondre à cette problématique, que la Fondation Eto’o a ouvert plusieurs centres de formation « Fundesport » au Cameroun et un autre au Gabon pour offrir à des jeunes défavorisés une éducation gratuite, axée tant sur le sport que sur l’école. L’organisme n’a voulu laisser personne en chemin comme en atteste ses actions en faveur des handicapés mentaux et des orphelins.

Une action sociale avant tout, pour répondre à l’urgence de la situation

Lorsque l’on fait un bilan de ces 13 années d’activité, force est de constater que les résultats sont au rendez-vous. Au-delà du domaine sportif, ce sont des milliers de jeunes africains qui ont eu l’opportunité de s’épanouir socialement, culturellement grâce aux travaux de la Fondation. Sachant pertinemment que tous ne pourront devenir un jour sportif professionnel, la Fondation veille à leur insertion professionnelle en offrant chaque année 80 bourses aux meilleurs étudiants de l’Université de Yaoundé II. Cela permet d’encourager la jeunesse camerounaise à s’émanciper dans les études, lorsque le sport est passé au second plan. Pour cela, du matériel informatique a par exemple été apporté grâce aux dons perçus par l’organisme camerounais. De plus, de nombreux enfants ont pu être soignés ce qui était dans certains cas impossible avant la création de la Fondation.

Pour en revenir au football, les centres de formation issus de la Fondation Eto’o offrent une formation gratuite au sein d’infrastructures regroupant un centre d’accueil et une école également gratuite. Le leitmotiv de ces centres est de rendre chacun important et nécessaire que ce soit sur les bancs de l’école ou sur le rectangle vert. Chaque année, des compétitions sont organisées entre les centres et les meilleurs sont retenus pour participer à des tournois à l’international, notamment ceux organisés par le Barça, l’ancien club d’Eto’o.

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Les critères de sélection reposent à la fois sur le domaine sportif et sur le domaine scolaire pour insuffler que l’un ne va pas sans l’autre. C’est ainsi qu’une vingtaine de jeunes africains ont rejoint les rangs du FC.Barcelone, du RCD Majorque, du Club Penya Esportiva Ciutadella, du Gimnàstic de Tarragone et de Torre Levante. Samuel Eto’o a ainsi fructifié ses relations acquises pendant sa carrière footballistique en Espagne pour créer des partenariats entre ses centres et des clubs espagnols. Là encore avec comme mot d’ordre un suivi permanent dans l’éducation de ces jeunes.

Les modèles Onana & Ondoa

L’insertion voulue initialement en terre camerounaise s’est donc expatriée en terre espagnole où plusieurs joueurs se sont révélés. On peut ainsi citer André Onana, formé à la Masia et aujourd’hui demi-finaliste de la Ligue des Champions avec l’Ajax Amsterdam ou Fabrice Ondoa, gardien titulaire du Cameroun lors de la CAN victorieuse en 2017. Ce dernier est l’exemple même du processus mis en place par la Fondation puisqu’après avoir effectué des tournois avec la sélection de Yaoundé, il a participé à des tournois internationaux avec la sélection Fundesport. Il a alors été repéré lors d’un tournoi au Pays-Basque par l’Atletico Madrid et le Barça avant d’opter pour la formation catalane. Au sein de la Masia, il a pu bénéficier d’une intégration facile avec la présence de plusieurs joueurs déjà issus de Fundesport. Ondoa a d’ailleurs rappelé lors d’une interview l’aide et le suivi apportés par le Samuel Eto’o toujours présent pour aider les jeunes issus de son centre dans leur adaptation à la vie européenne.

Néanmoins, le cas de Ondoa montre également que le plus dur reste à faire une fois arrivé en Europe. Malgré les attentes placées en lui à la Masia, il a du quitter le Barça contre l’avis de sa direction pour pouvoir prétendre à une place en équipe nationale. Parti à Tarragone en D3 espagnole, il y réalise une belle saison mais souhaite voir plus grand après avoir touché au plus haut niveau lors de ses années barcelonaises. Il rejoint alors la réserve du FC Séville en 2017, qui ne lui fait pas pour autant confiance malgré ses bonnes performances durant la CAN. Il décide donc de rejoindre à l’été 2018 la Belgique et le club de KV Ostende. La-bas, le gardien camerounais réalise avec son club une saison en demi-teinte avec une triste 14ème place sur 16 en championnat mais un beau parcours en coupe nationale avec une demi-finale à la clé. Clarence Seedorf, sélectionneur des Lions Indomptables, lui a néanmoins fait confiance en l’incluant dans sa liste des 23 pour la CAN 2019 où il devra faire face à la concurrence de Kameni et … Onana, autre compère de la Fondation Eto’o.

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Même si la carrière des deux gardiens camerounais semblent être sur la bonne voie, tel n’est pas le cas pour certains de leurs compagnons ayant rejoint l’Europe mais qui végètent actuellement dans les divisions inférieures en Espagne ou dans des championnats obscurs. Jean-Marie Dongou, passé par le Barça et présenté comme le futur Samuel Eto’o est actuellement prêté par le CD Lugo (D2 espagnole) au Lleida Esportiu (D3 espagnole) où il peine à s’imposer. Gael Etock joue quant à lui en D1 Finlandaise au FC Lahti et Armand Ella en D2 Ukranienne au FK Inhulets. D’autres ont même disparu des radars à l’image de Olivier Moussima, Bako, Tandasi Fombutu, Aboubakar Camara, Fils Paul Tina Tina Patrice Sousia ou Yannick Adamu. La relève viendra peut être de Nelson Mandela Mbouhom (19 ans) qui réalise de bonnes prestations avec les jeunes de l’Eintracht Francfort.

Des conflits d’intérêts politiques néfastes aux objectifs de la Fondation

Mais certaines zones d’ombres sont venues ternir le bilan de la Fondation Eto’o. Lors d’une enquête menée par la FIFA, le FC Barcelone a été reconnu coupable, en 2014, d’infractions concernant les règles de transferts des joueurs mineurs. Parmi ces joueurs, certains provenaient de la Fundesport. Ce rappel à l’ordre a contraint la Fondation et le club barcelonais à ralentir leur partenariat. Des soupçons de fraudes ont également été pointés du doigt, des dirigeants de l’organisme camerounais auraient perçu directement des sommes, allant jusqu’à 90 000 euros, de la part du FC Barcelone pour ces transferts.

Par ailleurs, la situation politique au Cameroun, quelques peu instable, a freiné l’essor des activités de l’ancien interiste dans son pays. Mêlé à une lutte d’intérêts au sein du pouvoir central, Samuel Eto’o n’a pu comme il le voulait développer ses centres au Cameroun. C’est notamment pour cela qu’il a ouvert en 2012, un centre de formation au Gabon. Même si un décret présidentiel est venu reconnaître sa Fondation comme d’utilité publique, Eto’o entend faire profiter son aura et son investissement dans d’autres pays africains à l’image de son projet de centre en Cote d’Ivoire. Cette volonté d’expansion se retrouve dans ses paroles lui qui souhaite aider l’Afrique « à remporter une Coupe du Monde ». Finalement, que ce soit sur ou en dehors du terrain, Samuel Eto’o ne se cache pas, prend ses responsabilités et aime les défis d’envergure.

Source : Camerounweb.com

Cet article a été relayé par un programme informatique. Benin Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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