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Préservation des ressources naturelles: Le Bénin s’inscrit dans la gestion durable de ses mangroves

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Le ministère en charge du Cadre de vie et du Développement durable organise, depuis ce jeudi 12 octobre, un atelier de validation du document de la stratégie nationale de gestion durable des mangroves au Bénin. L’enjeu, c’est de sauver ces écosystèmes en péril.

Dire que l’écosystème des mangroves est fortement menacé est un euphémisme. En 2007, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (Pnue) signalait le risque de disparition de 70 % des ressources de mangroves au Bénin si rien n’est fait. La riposte s’est annoncée dix ans plus tard avec l’élaboration d’une stratégie nationale de gestion durable des mangroves. Le document qui fait depuis hier l’objet de validation décline les axes stratégiques autour desquels se fera désormais la gestion des écosystèmes de mangroves avec un plan d’actions décennal. Sévérin Koffi Nsia, directeur général des Eaux, Forêts et Chasse, estime que les mangroves font partie des rideaux filtrants qui entourent les zones humides vitales pour la survie de l’humanité. « Elles filtrent les substances chimiques et toxiques, absorbent les engrais et pesticides ainsi que les métaux lourds, elles sont des amortisseurs et des éponges naturelles », soutient-il, regrettant leur destruction en raison des pressions anthropiques.
Pour renverser la tendance, le Gouvernement a initié le Projet de coopération technique de restauration des écosystèmes de mangroves du site Ramsar 1017, financé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao). Ce projet s’est focalisé sur le renforcement des capacités institutionnelles, organisationnelles, techniques et matérielles des acteurs de la gestion durable des mangroves, la protection, la régénération et la restauration durable de la mangrove, ainsi que l’amélioration de la connaissance des ressources. L’élaboration du document de stratégie est l’une des actions du projet.
Yo Tiémoko, représentant résident de la Fao au Bénin souligne que les mangroves sont des écosystèmes hautement productifs, riches en biodiversité, elles jouent aussi un rôle de protection contre les catastrophes naturelles et constituent l’un des plus importants puits à carbone. « C’est maintenant plus que jamais le moment d’agir pour la sauvegarde de ces écosystèmes dans ce contexte de surexploitation accentuée par les effets des changements climatiques », plaide-t-il. Il estime que le Gouvernement a mesuré à sa juste valeur l’enjeu que représente la gestion durable de l’environnement en général et des écosystèmes de mangrove en particulier à travers son programme d’actions 2016-2021. Yo Tiémoko soutient que pour la Fao, la gestion durable de l’environnement constitue à elle seule, l’une des trois priorités retenues dans le cadre de son programme pays et l’une des deux priorités retenues pour le prochain cycle de programmation, en cours de finalisation. « Au regard des menaces, il y a nécessité de mettre en place un outil national de planification devant guider et orienter les actions dans le secteur de l’environnement pour une gestion durable des écosystèmes de mangroves », appuie-t-il.

Actions anthropiques

S’agissant de menaces, Jean Charles Gnonhoué, secrétaire général adjoint du ministère du Cadre de vie et du Développement durable, évoque le cas du village de Djondji, commune de Ouidah. Ce village qui servait de barrière contre les tempêtes et l’érosion côtière a cédé, notamment par l’action de l’homme à la recherche de moyens de subsistance, par la pratique des ‘’acadja’’, la chasse au crabe, la production de sel par chauffage artisanal, le fumage du poisson et la préparation d’huile. « Le chantier est immense. Mais c’est à ce seul prix que nous gagnerons la bataille de la gestion durable des mangroves », pointe-t-il.
D’une superficie de 47 500 hectares, le site de Ramsar 2017 (Complexe ouest) au sud-ouest du Bénin, dispose d’une mangrove discontinue que l’on regroupe en deux blocs. Primo, la mangrove du lac Ahémé se présente sous forme d’îlots à cause des nombreuses coupes et de la morphologie du lac (dépression de Séhouè-Gbato, île de Mitogbodji à Kpétou, et le nord de la pointe d’Ountoun). Secundo, la mangrove de la lagune côtière (mangrove de Hillacondji à Djegbadji, mangrove de Djègbadji à Togbin) se comporte en rideaux tantôt continus, tantôt discontinus. Le projet de coopération technique de restauration des écosystèmes de mangroves du site Ramsar 1017 est doté d’une enveloppe financière de 369 000 dollars, soit environ 221 millions F Cfa.

Gnona AFANGBEDJI

Source : aCotonou

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