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Elections rectorales à l’Uac : A l’heure de la manipulation des étudiants !

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Encore quelques jours si non d’ici le 30 octobre 2017, la communauté universitaire d’Abomey-Calavi se rendra aux urnes pour élire une nouvelle équipe rectorale. Elu en décembre 2011 sur la liste Alafia puis réélu pour un second mandat en 2014, l’actuel recteur du campus universitaire de Calavi, Brice Sinsin ne sera pas, conformément aux textes, candidat à sa propre succession. Si au soir de ses deux mandats, la gestion de l’actuel recteur a généré tellement de grincements de dents dans le rang des étudiants, ces derniers se feront à nouveau manipulés, à coup sûr, par des candidats en lice…

La campagne pour les élections rectorales à l’Uac est officiellement lancée hier, mardi 10 octobre 2017. Mais la manipulation des étudiants, a démarré bien avant. De quel nom n’ont-ils pas traités le recteur Brice Sinsin ? Ont-ils omis un adjectif pour qualifier et dénoncer la gestion du recteur ? N’ont-ils même pas exigé sa démission ? Mais cependant, c’était ces mêmes étudiants qui ont milité pour son élection ainsi que sa réélection. « C’était une erreur qu’on a commis », nous a confié un responsable étudiant. Est-on alors à présent certain de ne pas tomber dans les mêmes erreurs ? La question reste toute posée. Car en réalité, à la veille des élections rectorales, tous les candidats font preuve de bon cœur et annoncent des réformes en faveur de la communauté estudiantine. Le scénario a visiblement recommencé. C’est l’heure de la manipulation des étudiants. Et pour preuve, chaque groupe d’étudiants défend bien déjà son candidat sur le campus, dans les amphis et surtout dans les forums whatsaap. Sans même participer à l’élaboration de la politique de gestion du candidat, ils la vendent si bien à leur entourage. « Tout doit et va se faire autrement que par le passé dans la transparence et la concertation. Revenir aux fondamentaux d’une institution universitaire en veillant au bon fonctionnement des établissements et à la qualité des enseignements et de la recherche », a déclaré un ancien responsable étudiant en campagne pour son candidat. Un autre flanquera « c’est l’homme qu’il faut pour notre université, pour les intérêts des étudiants ». Et sur des affiches qui pullulent depuis un moment, on a l’impression que tous les candidats sont simplement bons et porteurs d’une vision de développement participatif de la cité universitaire. « Gbéto o, Gbèto wè. Le professeur Gbéto est un homme bien. Avec cette équipe, l’Uac est gagnante et rayonnante », lit-on sur l’affiche de la liste Fi-Fa qui prône une gouvernance participative, la liberté d’expression, le dialogue ouvert et sincère à l’Uac. Pendant ce temps, la liste “Excellence“ conduite par le professeur Norbert Hounkonnou entend mettre la gestion de l’Uac dans une nouvelle dynamique. « Celle de l’excellence pour impacter concrètement et positivement la vie de chaque enseignant et de chaque enseignante, de chaque étudiant et de chaque étudiante, de chaque membre du personnel administratif, technique et des services de l’Uac par des actions concrètes ». Ici, on promet même déjà de rendre effective et en temps réel la rétrocession des frais de formation et d’inscription des étudiants. Wait and see ! D’un autre côté, la liste “My-Ba Excellence“, conduite par le professeur Mehinto Delphin Kuasi se propose comme la solution pour une Uac crédible, anticipante, excellente, socialement responsable avec une gestion transparente axée sur les résultats. Le comble est que tous les candidats parlent d’assainissement du rectorat pour rester en phase avec la communauté estudiantine qui, malheureusement n’a vu que de mauvaises actions à l’actif du recteur sortant, Brice Sinsin. Quand bien même, elle ne constitue pas la garantie pour se faire élire (probablement les 10% des électeurs), la communauté estudiantine a son mot à dire. Si pour la plupart des responsables étudiants, on en tire que des déceptions des deux mandats du recteur sortant, sont-ils prêts objectivement à opérer le bon choix sans se faire manipuler ? Il n’y a point de doute. Ce sont les mêmes mots et expressions qui reviennent. Des réformes sont annoncées d’une manière mais seront peut-être mises en œuvre d’une autre manière, si les initiateurs se faisaient élire. Vigilance donc !

Aziz BADAROU


Source : Matin Libre

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