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Candide Azannaï : les dessous d’une démission

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L’information a fait le tour des réseaux sociaux cet après- midi. Le premier artisan du régime du Nouveau Départ, le ministre Candide Azannaï a quitté le navire un an après l’avènement au pouvoir de son mentor. Si les motifs de cette démission ne sont pas encore connus, plusieurs voix s’élèvent déjà pour féliciter le ministre pour son courage politique. Même des appels se font déjà persistants pour qu’il rejoigne les luttes en cours pour relever notre pays qui traverse un malaise profond.

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Mais qu’est ce qui pourrait justifier cette sortie impromptue du ministre délégué près le président de la république chargé de la défense nationale qui, lors de sa dernière sortie au congrès ordinaire de sa formation politique rassurait les militants qu’ils sont sur la bonne voie ?

Tout sauf les étudiants…

Une chose est certaine, le silence lourd et parfois gênant qu’arborait le patron de la grande muette trahissait sa position dans le gouvernement. Candide Azannaï ne partageait plus certaines décisions et position de la Rupture. Pour preuve, le désormais ex-ministre de la Défense délégué de Patrice Talon n’a jamais digéré la suspension des mouvements associatifs sur les campus du Bénin.

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Pour des proches de l’homme d’Etat, le vrai désamour avec le régime actuel aurait commencé depuis cette décision. Pour l’homme, les libertés associatives font partie intégrante de la vie démocratique et mieux, les mouvements associatives universitaires constituent le baromètre de la démocratie.

Plusieurs fois l’homme aurait discuté avec son leader charismatique afin qu’il revienne sur sa décision mais hélas! Patrice Talon a opposé un refus catégorique et aurait même été très acerbe dans les échanges avec l’homme du 4 mai 2015. Face donc à certains propos peu amicaux avec le chef de file de la mouvance présidence, Candide Azannaï s’est retiré de la gestion des affaires publiques au ministère de la Défense dont il n’est même pas le premier responsable.

Des sources proches de la défense informent que les signatures du « ministre par défaut » de la défense dans les documents usuels se faisaient rare. L’homme a pris donc ses distances et faisait signer les documents soit par son Directeur de Cabinet, soit pas son adjoint ou aux cas extrêmes, les dossiers sont affectés à la Présidence. Un comportement qui à un moment a causé des préjudices à l’administration au point où le chef de l’Etat lui aurait fait des critiques.

Touche pas à ma constitution

A ce malaise, vient s’ajouter une rumeur persistante sur une guerre de leadership qui le diviserait avec le ministre de la justice, de la législation et des droits de l’homme, Joseph Djogbénou. Aussi, des commentaires de plus en plus osés sur les réseaux sociaux accablaient le ministre pour son silence face à la souffrance infligée à la population par un régime qui accorde peu de respect à la personne humaine et qui ne veut se révéler et entrer dans la gloire que sur la base de projets phares.

A ces critiques qui sonnaient comme de l’invite à la réaction, s’est ajouté quelques séquences vidéos où le chef de file du mouvement populaire du 4 mai 2015 à Cotonou s’opposait à toute idée de révision de la Constitution. L’homme d’Etat avait menacé d’envoyer à la CPI à la Haye quiconque voulant toucher à la Constitution du 11 décembre 1990, et montrait sa farouche opposition à tout révisionniste opportun de la loi fondamentale. C’est ce qui justifie son bout de phrase « …face aux derniers développements de l’actualité de notre pays, j’ai décidé de remettre ma démission du gouvernement » qui sonne comme une injonction au Président de la République aux respects des fondamentaux constitutionnels du Bénin.

Par ailleurs, la récente affaire d’acquisition de 400 véhicules Pickup (non adaptés aux besoins de l’Armée) au profit des forces de sécurité et de défense sans son accord préalable aura eu pour effet de conforter « l’homme de Joncquet » dans sa volonté de se séparer de celui pour qui il avait livré bataille en première ligne il y a seulement quelques mois.

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Au demeurant, peu importe les motifs de cette démission, le ministre Candide Azannaï vient une fois de plus donner la leçon aux acteurs politiques qu’il n’est pas l’homme de toutes les compromissions. Il vient de démontrer par son acte qu’il est capable de respecter sa philosophie politique quoi que cela puisse lui coûter.

En tout état de cause, si cette démission du ministre Azannaï ne cache aucune stratégie politique, elle n’est pas alors un événement mineur car elle permettra d’exorciser la classe politique ankylosée et hypnotisée depuis les joutes électorales de Mars 2016.

Source : Benin web TV

Benin web TV

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3 COMMENTAIRES

  1. je suis ravie de rencontrer une telle application plus rapide, C’est aussi bonne pour nous les jeunes pour pouvoir être informé de ce qui se passe dans notre pays le Bénin Merci

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