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Bien-être social : Doit-on boire l’eau de pluie ?

Bien-être social : Doit-on boire l’eau de pluie ? | Benin Times
Bien-être social : Doit-on boire l’eau de pluie ?

Face à la pénurie d’eau potable, les populations développent diverses stratégies en vue de s’alimenter. Et entre autres sources d’approvisionnement, les eaux de pluie. Très prisées par les populations, l’usage de l’eau de pluie n’est cependant pas sans dangers pour les consommateurs.

Glo-Yèkon, ce mardi, Gisèle B., sous la pluie matinale et bassine en mains, va chercher l’eau de pluie : « Je vais faire des réserves pour pallier la pénurie d’eau », a-t-elle confié. L’opération consiste à déposer les récipients au point de chute des eaux recueillies par les toitures des maisons. Celles-ci faites en tôles d’aluminium sont un matériel de pointe de par leur morphologie qui permet une bonne collecte. « On a la possibilité de faire des réserves en grande quantité sans trop se déplacer ni rien payer », renseigne-t-elle. Une fois l’opération terminée, les bassines pleines d’eau sont destinées à l’usage domestique.

Un usage pour bien des raisons

A en croire les explications de dame Gisèle, l’eau de pluie est de plus en plus récupérée dans des citernes pour des raisons surtout économiques. « C’est une eau gratuite qui peut servir à de nombreux usages domestiques », laissera-t-elle entendre. D’après les propos de Chantale Dossi H., c’est avec grande joie que les populations accueillent la pluie qui, au-delà de l’arrosage, offre l’opportunité de remédier aux affres de la saison sèche (tarissement et assèchement des sources d’approvisionnement en eau), mais également aux coupures intempestives dans les zones qui en sont pourvues.

Une consommation qui n’est pas sans dangers

La consommation de l’eau de pluie présente de nombreux risques pour la population. Selon les résultats de recherches (Institut de Recherches Socio Anthropologiques (IRSA/UCAC), Cameroun ; École Doctorale Pluridisciplinaire (EDP/UAC), Bénin, l’activité industrielle à travers le dégagement des gaz et poussières issues des usines, dépose dans l’atmosphère un nombre considérable de composés physico-chimiques qui se retrouvent dans les eaux de pluie. Parmi ces composés, on peut citer : CO2 (dioxyde de carbone) et de CO (monoxyde de carbone), le SO2, (dioxyde de soufre), HNO3 (l’acide nitrique) et H2SO4 (l’acide sulfurique), NH4NO3 (nitrate d’ammonium) et bien d’autres. Les eaux de pluie recueillies par les populations sont chargées de ces éléments qui rendent leur qualité douteuse, voire dangereuse pour la santé humaine. En zone rurale où le phénomène est assez mis en évidence, les populations ne sont pas toujours averties des dangers que transportent ces eaux. Boire de l’eau pour survivre devient boire de l’eau pour s’intoxiquer. Et pour d’autres experts, « l’eau de pluie présente une contamination microbiologique et chimique supérieure aux limites de qualité retenues pour l’eau potable distribuée par le réseau public ». D’abord, elle possède une tenue élevée en dioxyde de carbone, ce qui la rend naturellement acide. Puis elle se charge en oxydes d’azotes et dioxydes de soufre issus de la combustion des énergies fossiles ou de la circulation, qui là encore se transforment en acides. Elle récolte aussi les nitrates émis par les activités agricoles. Enfin, lors de son ruissellement dans les gouttières et dans la citerne, elle se charge en métaux, bactéries et micro-organismes potentiellement dangereux pour la santé. Au final, sa composition peut dépasser les seuils réglementaires et la boire est susceptible d’entraîner des gastroentérites voire des intoxications graves. De plus, cette qualité est très variable selon les régions et les activités industrielles à proximité.

Que faire ?

Selon les experts, il ne suffit pas de faire bouillir l’eau de pluie ou d’y ajouter un désinfectant : certains virus ou bactéries sont en effet résistants à ces traitements. Les usages de l’eau de pluie devraient donc se limiter à l’arrosage les fleurs ou du gazon, au nettoyage de la terrasse ou des murs, au nettoyage des sols intérieurs, au lavage de la voiture, au lavage du linge et à l’alimentation de la chasse d’eau.

Thomas AZANMASSO

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Matin Libre ». Benin Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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