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Législatives 2019 : Tiando dévoile des secrets de la délibération pour sauver la CENA



La Commission électorale nationale autonome (CENA) a animé mercredi 13 mars 2019 une conférence de presse pour donner sa part de vérité sur les accusations de partialité faites à son encontre après la publication de la liste des partis politiques retenus pour les législatives d’avril 2019.

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Emmanuel Tiando (m) entouré de la vice-présidente et du Commissaire au budget

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour avoir sa part de vérité. Accusée de partialité sur l’examen au fond des dossiers de candidature pour les élections législatives, la Commission électorale nationale autonome est montée au créneau mercredi 13 mars 2019, à la faveur d’une conférence de presse, pour donner sa version des faits sur les accusations qui jettent du discrédit sur l’institution chargée de l’organisation des élections au Bénin.

« Nous n’avons rien à cacher », a lancé le président de la CENA, Emmanuel Tiando, à l’entame de son propos avant de dévoiler la méthodologie qui a été celle de la Commission électorale dans l’examen au fond des dossiers de candidature. Selon les explications du président de la Commission électorale, après la clôture des dépôts de candidature, les dossiers de sept avaient été enregistrés. Ces dossiers, à l’exception de ceux du parti Union sociale libérale (USL) et de ceux de l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (UDBN), a-t-il détaillé, ont été confiés à deux équipes de six membres chacune pour l’examen préliminaire. Chaque cadre, apprend Emmanuel Tiando, avait une fiche pour faire des observations. Lesquelles observations ont été par la suite soumises à la plénière qui, après « examen minutieux », a procédé à la délibération. « Tous les commissaires ont assisté à la plénière », assure le président de la Commission électorale qui souligne que la délibération avait été approuvée par tous avant qu’un des cinq commissaires ne se désolidarise.

Des secrets de délibération dehors

Lors de la sortie médiatique, le président de la CENA a dévoilé une partie des délibérations sur des commissaires. « Je suis obligé, parce qu’on nous y a poussé, d’évoquer ici certains des aspects de nos délibérations. Nous n’aurions pas souhaité le faire, mais je crois qu’à force de ne rien dire, on pense qu’on n’a rien à dire », a dit le président Tiando avant de poursuivre que les observations faites par les cadres de la CENA ont fait, chacune, l’objet de débat sur son importance par rapport aux dispositions du code électoral et sur la pertinence de son maintien au nombre des griefs par la CENA. « C’est à l’issue de ces délibérations que les observations les plus importantes sont retenues pour chaque parti », a déclaré le président de la Commission électorale.

Selon le président Tiando, après examen, par les comités techniques, dix-sept reproches ont faits au dossier du Parti du renouveau démocratique. Mais, fait savoir le président Tiando qui a énuméré les dix-sept griefs des comités techniques de la Commission électorale, après délibération, seuls cinq observations ont été retenues et notifiées au parti de Me Adrien Houngbédji. S’agissant du parti Bloc républicain, le président de la CENA apprend que les observations faites par les services techniques se résument en la non signature des déclarations sur l’honneur, la non concordance entre les dates de naissances sur certaines pièces et la non concordance de nom sur le quitus fiscal et les autres pièces de certains candidats. « C’est les histoires de Boni Adam, Adam Boni », a précisé Emmanuel Tiando. Au sujet du parti Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (MOELE-Bénin), six observations avaient été faites par les cadres mais au finish seules ont été considérées par la Commission électorale. Pour ce qui concerne le parti Union progressiste, il a été relevé par les cadres, des problèmes dont, entre autres, de concordances sur les dates de naissances et lieu de naissance de certains candidats sur différents documents, de la non précision du mandataire sur la procuration d’un candidat et absence de procuration dans le dossier d’un candidat, et de la légalisation de certains documents par un commissaire de police. « La plénière, après fait une appréciation globale de toutes ces observations, a décidé de ce que les observations communes à toutes les listes et celles qui dépendent de l’administration, ne seraient pas prises en considération », a fait savoir Emmanuel Tiando soulignant que la plénière n’a retenu que les observations qui constituent « véritablement une violation flagrante du code électoral ».

Engagée pour des élections transparentes

« Au regard des décisions prises par la CENA et qui viennent de vous être présentées, nous ne voyons pas en quoi, elle a fait preuve de favoritisme envers un parti au détriment du PRD », a déclaré le président de la CENA qui assure que si l’exercice devrait être repris, il aboutirait aux mêmes résultats.

Assurant de ce que la Commission électorale ne se comporte pas comme un « père fouettard » ni comme un « bourreau des partis politiques », Emmanuel Tiando a dit la détermination de l’institution qu’il préside à conduire le processus électoral en toute transparence. « Nous sommes une CENA qui veut travailler pour des élections transparentes et apaisées », a laissé entendre le président de la Commission électorale qui dit ne pas comprendre cette versatilité sur la crédibilité de la CENA. « C’est la même CENA qui était là en 2015 et en 2016 », a-t-il rappelé.

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Banouto ». Benin Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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