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Des négociations à la paix : Yayi Boni prend la tangente

Des négociations à la paix : Yayi Boni prend la tangente | Benin Times

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L’ancien Chef de l’Etat s’est donné à un exercice assez génial. Il est vrai qu’au nom de la paix on ne peut pas se permettre de remuer le couteau dans la plaie, mais il n’y a dans le fond aucun risque de noter que l’ancien Chef a eu peur pour lui-même à un moment donné. Son refus de recevoir le Juge et son départ de Cotonou pratiquement comme un bossu expliquent assez largement tout.

Certains diront peut-être à raison que c’est assez grossier de dire que le Chef a fui. On peut les comprendre même si dans la réalité tout concourt à l’établir. Le premier indice de ce constat tout aussi réaliste c’est la façon dont il a quitté le pays. Il est inutile de revenir sur les détails, mais dans l’absolu rien ne pressait vraiment l’ancien Chef de l’Etat. Yayi Boni n’a même pas eu le temps de recevoir ses amis de lutte pour leur dire merci. En termes vulgaires, on dira qu’il a pratiquement pris ses jambes à son cou. Qu’est-ce qui pressait si tant Yayi? Sur les images de la rencontre avec les sages de Tchaourou, l’ancien Chef de l’Etat n’était pas physiquement si affecté. S’il a pu descendre les marches et sortir de chez lui, c’est qu’il peut tout au moins avoir la force de passer un peu de temps et faire son show habituel avant d’aller se soigner. Qu’est-ce qui faisait si tant peur à l’ancien Chef pour qu’il se soit senti obligé de courir vite que le temps ? De quoi avait-il peur? De la silhouette du Juge d’instruction ? Avait-il vraiment peur qu’il revienne à la charge pour son audition ? Avait-il peur une fois encore de quelques ennuis judiciaires et de ces fameuses mesures coercitives qui hantent tous ses proches ? Toutes ces questions restent sans réponse. Pourtant, l’ancien Chef de l’Etat avait toute la latitude de prendre son temps, car c’était justement pour cela que les négociations ont été conduites. C’était pour baisser la tension que les barrières ont été levées et il ne devrait même plus avoir autant peur. Qu’est-ce qui expliquait ce départ de l’ancien Chef? Yayi a quitté le pays un peu comme un oiseau qui trouve une issue pour sortir de sa cage. Le comportement de l’homme a semblé celui d’un fugitif, même si dans son entourage on trouvera toujours des raisons pour justifier ce départ. On utilisera les arguments classiques comme la menace sur sa sécurité, les pressions, sa santé etc. Mais en fait, à certaines occasions, la peur aussi est un acte de bravoure. On ne lui en voudra pas pour autant.

Pourtant il a reçu ses parents

L’ancien Chef de l’Etat était dit gravement malade, mais il a reçu pendant de longs moments ses parents venus lui rendre visite au petit matin du samedi. Comment une personne aussi malade qu’on comparait à un grabataire peut avoir de l’énergie pour échanger longuement avec les siens. Il est vrai que la santé n’est pas que physique, mais les médecins pourront certainement attester si un malade gravement malade peut faire tous ses efforts physiques comme l’ancien Chef de l’Etat. A ce niveau de l’analyse, est-ce qu’on n’est pas fondé pour reconnaître que l’ancien Chef de l’Etat avait quand même la force d’ouvrir la porte au juge d’instruction qui a toqué à plusieurs reprises pendant ses deux visites. Si l’ancien Chef de l’Etat a pu recevoir ses frères, s’est donné les moyens de quitter le pays sans brancard (ce qu’on ne souhaitait d’ailleurs pas), on peut supposer sans se tromper qu’il avait la force physique pour répondre aux questions du Juge d’instruction. A ce niveau, est-ce qu’on peut se tromper dans l’analyse selon laquelle l’ancien Chef de l’Etat a eu peur de recevoir le Juge ? Si oui, qu’est-ce qui pouvait bien expliquer cette peur ? Qu’est-ce que l’ancien Chef de l’Etat craint au point même de quitter le pays pour une quelconque raison de santé. Dans ‘un message distillé sur les réseaux, Yyi Boni avait déclaré que lorsqu’il finira de se soigner, il se rendra lui-même chez le juge. Pourtant, Yayi, sur les images, avait très bonne mine et pouvait se rendre chez le juge pour se faire auditionner avant de quitter le pays. Une audition devant le Juge en qualité de témoin n’est qu’une formalité, si dans le fond on n’a rien à se reprocher. Lorsqu’on a déclaré qu’on n’est malade et qu’on s’oppose à recevoir par deux fois un juge d’instruction, lorsque déclaré malade, la même personne apparaît avec des signes extérieurs de santé et que des instants après, il disparait du pays comme un bossu, le comportement peut bien interpeller toute personne raisonnée. Cela n’est que bon sens. Vivement qu’on ne nous parle pas d’exilé demain.

Abdourhamane Touré

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Le matinal ». Benin Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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