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Boni Yayi en résidence surveillée ou non : Le clair-obscur du gouvernement

Boni Yayi en résidence surveillée ou non : Le clair-obscur du gouvernement
Boni Yayi en résidence surveillée ou non : Le clair-obscur du gouvernement

Depuis les manifestations meurtrières des 1er et 2 mai 2019, l’ancien Président de la république Boni Yayi n’est plus jamais sorti de son domicile. Surveillé de jours comme de nuits par une horde d’hommes en uniforme et dépouillé de ses gardes, ses proches et amis se plaignent du fait que, même les visites lui sont interdites. Pendant ce temps, le gouvernement balaie de revers ces propos, semant ainsi la confusion par rapport à la situation réelle de l’homme.

La fragilité de la sécurité personnelle de Boni Yayi apparait aujourd’hui comme un secret de polichinelle pour les béninois. Depuis la fin des affrontements funestes entre civils et militaires, causés par la crainte des riverains de Cadjèhoun de voir Boni Yayi être arrêté, l’homme a vu sa routine changer de façon considérable et désobligeante. Depuis ce temps sa maison est ceinturée par des policiers et des militaires, ses gardes rapprochés lui ont été arrachés, certains de ses proches ont été systématiquement mis aux arrêts et ses visites ont été restreintes. Nonobstant les nombreuses craintes et appels de plusieurs organismes internationaux à l’endroit du gouvernement afin que ce dernier lève la mesure de sécurité permettant à Boni Yayi d’aller et de revenir sans contrariété, rien n’a fait. Au contraire, tout va de mal en pire. Autrefois restreintes voire filtrées, les visites lui sont depuis quelques jours clairement interdites. Même sa propre famille n’échappe point à cette règle.  « Sont-ils en résidence surveillée ? Parce que même en résidence surveillée, on a un droit de visite. Ou bien ils sont en prison ? En prison, il y a des jours et des heures de visite ! Quand on en arrive à dire que l’on assure la protection de l’ancien président en prenant des mesures alors que même la famille ne peut pas aller lui rendre visite, c’est de l’hypocrisie politique et ce n’est pas normal. Moi, je ne suis ni de l’opposition ni avec la mouvance, mais la famille doit avoir droit de visite, sinon c’est de l’hypocrisie politique », s’est offusqué sur Rfi, Marcel de Souza, beau-frère de Boni Yayi, samedi dernier. Ceci, après avoir été refoulé par les policiers, devant le domicile de l’homme. A l’instar de Marcel de Souza, plusieurs autres proches de Boni Yayi ont subi le même sort.  Est-il enfin en prison chez lui ou en résidence surveillée ? Pour  le gouvernement, rien n’en est. Interpellé sur la question, le Ministre de la justice a laissé entendre que la mesure vise à garantir la sécurité de Boni Yayi. Mieux, la cellule de communication de la Présidence de la république renchérit et qualifie de non évènement l’hypothèse de mise à résidence surveillée et ajoute que le Président d’honneur du parti Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et opposant au régime actuel est libre de ses mouvements. Mais comment assurer la sécurité de quelqu’un qui n’a jamais été requérant ?  Comment peut-on qualifier de libre, quelqu’un qui est  interdit de visites ? Comment assure-t-on la sécurité d’un ancien Chef de l’Etat en le dépouillant au même moment de ses gardes rapprochés sans raison officielle ? Même si le gouvernement s’en lave les mains, les faits l’accablent. Car, Boni Yayi n’est pas demandeur d’une quelconque sécurité qui interdit l’entrée à sa résidence à sa famille proche. Ce que le gouvernement s’évertue à nier sur les médias internationaux est plus qu’une évidence pour tout citoyen qui s’aventure dans les alentours de la résidence de Boni Yayi.

J.G

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Matin Libre ». Benin Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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