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Bénin :Soglo rappelé à l’ordre par d’anciens collaborateurs

Bénin :Soglo rappelé à l’ordre par d’anciens collaborateurs | Benin Times
Lettre ouverte à l’ancien président-maire de Cotonou:Soglo rappelé à l’ordre par d’anciens collaborateurs

Roger Gbégnonvi, Abraham Zinzindohoué, Georges Guédou, Jean-Roger Ahoyo, Jérôme Alladayè, sont, entre autres, des anciens ministres et collaborateurs immédiats de Nicéphore Soglo. Soutenus par des universitaires et d’anciens membres de la Renaissance du Bénin (Rb), ils sont sortis de leur mutisme à travers une lettre ouverte adressée à l’ancien président-maire de Cotonou. Les signataires de cette correspondance, tout en exprimant leur haute considération au premier président de l’ère du renouveau démocratique, l’accusent d’être, avec son acolyte Yayi Boni, à l’origine de la crise postélectorale. Ils expriment leurs regrets de voir leur ancien patron dans de telles manœuvres. C’est pourquoi, ils l’invitent au calme pour ne pas tomber trop bas.

Les signataires de cette correspondance, tout en exprimant leur haute considération au premier président de l’ère du renouveau démocratique, l’accusent d’être, avec son acolyte Yayi Boni, à l’origine de la crise postélectorale. Ils expriment leurs regrets de voir leur ancien patron dans de telles manœuvres. C’est pourquoi, ils l’invitent au calme pour ne pas tomber trop bas.

Excellence, Monsieur le Président

Nous sommes d’anciens collaborateurs (lorsque vous aviez le pouvoir en charge comme Premier ministre, puis comme Président de la République) et d’anciens membres de la Renaissance du Bénin (votre parti politique), qui avons décidé de vous envoyer cette lettre ouverte pour vous dire ce que nous avons sur le cœur.

Mais nous avons dû ouvrir la signature de cette lettre à des citoyens, beaucoup plus nombreux, convaincus de la justesse de notre initiative !

La présente démarche s’enracine dans l’estime que nous avons su préserver pour vous.

Elle nous est commandée aussi par le respect que nous impose la Haute charge qui a été la vôtre à la tête de notre Etat : Premier Ministre, puis Président de la République du Bénin de 1990 à 1996.

De tout cela résulte une image qui vous auréole et que, malheureusement, votre comportement actuel est en train de détruire, irrémédiablement, si nous n’y mettons garde !!!

Vous avez compris, il s’agit de votre comportement dans ce qu’il est convenu d’appeler la crise électorale, crise liée à l’organisation des élections législatives du 28 avril 2019 !

Au commencement se trouvent deux lois, la loi n°2018-23 du 17 septembre 2018, portant Charte des partis en République du Bénin, et la loi n° 2018-31 du 09 octobre 2018, portant Code Electorale en République du Bénin. Elles ont été votées par l’Assemblée Nationale de notre pays à l’unanimité, moins une seule voix ; ont bénéficié du visa de conformité de la Cour Constitutionnelle, et ont été promulguées par le Chef de l’Etat. A partir de ce moment, elles s’imposent à tous les citoyens de notre pays.

Dès la convocation du corps électoral dans le cadre des législatives 2019, les Institutions concernées ont exercé leurs prérogatives, conformément aux nouvelles lois, avec les résultats suivants :

Cinq partis ont été déclarés conformes à la Charte des partis, tandis que trois autres ont vu leurs demandes rejetées

Parmi les cinq partis conformes, seuls l’Union Progressiste et le Bloc Républicain, tous les deux de la mouvance présidentielle, ont été déclarés éligibles. Et les trois autres à savoir : Fcbd, Moele-Bénin, Prd ont été recalés

Ces résultats, bien que conformes aux nouvelles dispositions légales, ont provoqué un grand émoi parmi nos concitoyens, les acteurs de la société civile, et les acteurs de la classe politique, au premier rang desquels le Président Talon lui-même. Ce dernier a aussitôt convoqué l’ensemble des partis politiques à une grande concertation de crise au Palais de la République

Au cours de cette séance, il a confié au Président de l’Assemblée Nationale la mission d’organiser, au sein du Parlement, une réunion des partis de la Mouvance et ceux de l’Opposition, pour dégager une solution consensuelle ! Les lois ayant été votées par l’Assemblée, c’est en son sein qu’il faut chercher et trouver la solution, pour respecter la Constitution et les délais qu’elle prescrit

Tout le monde sait que la cellule de travail présidée par le Président de l’Assemblée Nationale et comprenant 2 membres de la Mouvance et 2 membres de l’Opposition, est parvenue à un texte consensuel pour sortir de la crise !

Mais si à la plénière de l’Assemblé Nationale qui a suivi, le Président de l’Assemblée s’est abstenu de présenter ce texte à l’examen des députés réunis en plénière, c’est parce que entre-temps, vous êtes intervenu, avec le Président Yayi, pour désavouer les deux représentants de l’Opposition au sein de la Cellule de Travail !

C’est véritablement, à partir de ce moment que la crise a éclaté au grand jour ! Suite au refus bien compréhensible du Président Talon de partager votre interprétation pernicieuse de la Constitution, en abrogeant par ordonnance les 2 lois sus-citées, vous vous êtes alors lancé dans une fuite en avant, en posant une succession d’actes répréhensibles et attentatoires à l’ordre républicain et à la paix civile. Ainsi :

• Vous avez publiquement menacé d’empêcher le déroulement des élections

• Vos menaces ont connu un début d’exécution. En effet, des individus instrumentalisés ont mené des actions violentes avec l’intention manifeste de perturber gravement le processus électoral. Fort heureusement, avec l’aide de la population et grâce au professionnalisme des forces de Défense et de Sécurité, ces actions violentes ont pu être circonscrites à un nombre limité de localités ou arrondissements (Parakou,Bante,Tchaourou,etc), et les élections ont eu lieu à la date prévue, sur la quasi-totalité du territoire

• Vous avez alors lancé un ultimatum au Chef de l’Etat, dans le but d’empêcher la proclamation des résultats, et d’annuler tout le processus électoral. En vain, une nouvelle fois.

C’est alors que votre acolyte Boni Yayi a décidé de s’offrir en martyr : Talon doit marcher sur son cadavre s’il veut aller au terme du processus électoral ; et il a rassemblé chez lui à Cadjèhoun des badauds drogués pour créer du désordre dans la ville de Cotonou

Là encore les Forces de défense et de sécurité ont dû intervenir pour contenir la meute et maintenir l’ordre

Grâce à la fermeté de l’Etat, le processus électoral a été conduit à son terme, et les députés de la huitième législature ont été installés le 16 Mai ! Puis la Cour Constitutionnelle, en vidant le contentieux électoral le 22 Mai, l’a clôturé

Mais quel n’a pas été notre étonnement, voire notre indignation quand, après tout cela, vous et votre acolyte, vous persistez dans l’erreur en faisant appel à l’Etranger pour intervenir dans les affaires intérieures de notre pays !!!

Monsieur le Président, ce faisant vous venez de franchir le Rubicon et nous osons vous dire, très fermement, trop, c’est trop.

En conclusion, il apparait clairement que ce sont les deux anciens présidents que vous êtes, vous-même et Boni Yayi, qui avez essayé de mettre notre pays à feu et sang, dans une tentative désespérée pour écourter le mandat du président Talon.

C’est pourquoi nous vous demandons de rentrer en vous-même pour retrouver votre calme et la paix intérieure !

Votre passage à la tête de notre Etat a permis à notre pays de sortir de l’ornière et de réamorcer sa marche sur la voie du progrès. C’est ce résultat qui fonde l’estime et la considération que chacun d’entre nous continue à vous porter, pour combien de temps encore ?

De grâce, ne noyez pas tout cela dans des mots et des gestes dictés par la colère

C’est ce que nous croyons devoir vous dire, et vous demander.

Respectueusement

Ont signé :

Ahoyo Jean-Roger, ancien directeur de cabinet et ancien ministre du président Soglo

Gbégnonvi Roger, ancien ministre

Zinzindohoué Abraham, ancien président de la Cour suprême, ancien ministre, et député à l’Assemblée nationale

Alladayè Jérôme, Professeur à l’Uac

Guédou G. Georges, ancien ministre du président Soglo

Dassi Michel, économiste

Alavo Auguste, ambassadeur

Alavo Gino, économiste

Hazoumè Marc, ancien fonctionnaire (Unesco)

Vignon Honoré, ancien fonctionnaire international (U.i.t)

Dégbé Georges, océanographe

Zinsou François, sociologue

Akoki Paulin, professeur de Philosophie

Lokonon Barthélemy, expert en Systèmes financiers décentralisés

Guissi Houégbèlo Gabriel, Instituteur

Tokannou K. Emile, instituteur

Houégbèlo C. Abdel, Instituteur

Bocohonsi Ignace, Instituteur

Houégbèlo. G. T. Félix, technicien Btp

Daà Mégnigbèto, instituteur, chef de collectivité

Gbinlo Séraphin, inspecteur de l’enseignement primaire

Koulo Firmin, professeur de l’enseignement technique

Mèvo Timothée, inspecteur de l’enseignement primaire

Sehouè Christophe, directeur d’école

Tottin Rigobert, inspecteur de l’enseignement primaire

Akpamoli Victor, inspecteur de l’enseignement primaire

Assogba Raphaël, agent du développement rural

Azélokonon Fabrice, technicien des communautés de développement

Ekpahle Rogatien, enseignant

Badou Roméo, étudiant

Amoussou Olga, ménagère

Assogbaga Armel, opérateur de Saisie

Ekpodessi Mathias, professeur de l’Uac à la retraite

Akoha Albert Bienvenu, professeur à l’Uac

Capo-Chichi Solange

Doubogan Marc Didier

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Actu Benin ». Benin Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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