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Bénin/Opinion Les FCBE à l’heure des rapports de force

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Bénin/Opinion Les FCBE à l’heure des rapports de force

Par David Nongbé

Au Bénin, le premier parti d’opposition n’existait que de nom. Depuis le 19 septembre dernier, le ministère de l’intérieur a reconnu officiellement le parti de l’ancien Président Boni Yayi. Les leaders du parti, après le rendez-vous manqué des législatives de Mars 2019, se sont conformés à la loi, non sans difficultés. À l’arrivée, le parti évite de justesse la cassure, car le document querellé à ressuscité certains fidèles de Boni Yayi, qui désormais refusent de se laisser dicter la conduite à tenir. Ils veulent exister.

Une situation qui semble échapper à Boni Yayi. Son communiqué, publié au lendemain de la délivrance du certificat en est la preuve. Trop d’approximations, et   d’illusions.   C’est son docile premier secrétaire qui va le ramener dans le présent en regrettant cette énième action controversée. Mais Boni Yayi est coutumier des déclarations brouillonnes et hâtives ; tout le contraire d’un général.

Suivra un pilonnage médiatique, orchestré à dessein, pour faire passer les artisans de la victoire des FCBE pour des traitres. Deuxième erreur et tentative infructueuse car, les jours d’après Théophile Yarou et l’ancien ministre Paul Hounkpé ont pu rallier sans grandes difficultés, ce qui reste de la dynastie Yayi encore au Bénin à leur tentative de sauvetage du parti. En effet, le parti de Boni Yayi dont le financement pendant 10 ans est resté un mystère, compte en son sein plusieurs leaders recherchés par la justice pour des actes de prévarication. La sortie hasardeuse de Eugène Azatassou et compagnie, n’a fait donc que redonner du souffle, aux fossiles de la refondation qui ont gardé le silence depuis 2016.

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L’ancien coordonnateur des FCBE,   et certains généraux sans troupes restés trop longtemps loin des militants ont heurté le mur de l’indifférence le dimanche 22 septembre au siège même du parti. A la fin de ce coup de force, les dissidents qui croient parler au nom de Boni Yayi ont compris   qu’ils ne pouvaient plus aller loin sans se bruler les ailes.   Déjà mort politiquement, ils risquent de ne pas être suivis, au regard de la grande attente des militants. Car le récépissé délivré aux FCBE règle un gros problème, apaise la tension sociale, et redonne des couleurs à la démocratie béninoise. Boni Yayi le sait. Dès lors, deux options s’offrent à lui. Faire honneur à ses dociles serviteurs et les féliciter, pour le combat depuis son départ matinal et précipité vers   Lomé, ou finir comme Nicéphore Soglo ; sans parti politique.

Revenir dans le jeu politique. Tel est aujourd’hui le désir ardent des lieutenants FCBE. Yarou et les siens vont surfer les mois à venir, sur la colère des populations, hostiles aux mesures radicales et à la politique d’austérité de Patrice Talon. En effet, le temps n’a pas vraiment décimé la grande masse des élus et militants FCBE aujourd’hui éparpillés entre les bloc Républicain et   Progressiste.   2021 réserve bien de surprises si le parti cauris, arrive à régler une question fondamentale. Celle du financement.

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Déjà handicapé par son absence au parlement, le parti doit dans les jours à venir chercher les voies et moyens pour peser dans le jeu politique, et être aux différents rendez vous annoncés par Patrice Talon lors de son discours après les évènements de Mai 2019. Dans le contexte actuel, une relecture de la charte des partis politiques et du code électoral ne pourra plus se faire sans les partis régulièrement enregistrés au Bénin.

Sur papier, et sur le terrain l’aile Yarou a donc de l’avance. Elle regroupe aujourd’hui une race de politiciens restés au silence depuis 2016. Beaucoup ont des squelettes au placard, certains trainent encore des casseroles, mais n’ont pas choisi le chemin de l’exil. Ce qui finalement a conduit à la délivrance du récépissé à polémique ; c’est pourquoi les exilés partent perdants.

Source: Pharaons

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