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Bénin : Les Béninois de la diaspora rejettent le dialogue politique

Bénin : Les Béninois de la diaspora rejettent le dialogue politique | Benin Times
Diaspora: Les béninois de la diaspora rejettent le dialogue politique

Le dialogue politique de ce jour n’est pas accepté par tous, à l’image des Béninois de la diaspora. Réunis au sein du Collectif pour la Sauvegarde de la Démocratie au Bénin (CSDB), ils se sont prononcés.

Dans une déclaration dont aCotonou a la copie, les Béninois de l’extérieur rejettent le dialogue politique annoncé pour ce jeudi 10 octobre. Ils mettent en garde le président Patrice Talon et invite le peuple à continuer la lutte pour la restauration de la démocratie. Réunis à Paris, ils se livrent la présente déclaration.

Le chef de l’État a initié une rencontre qualifiée de « dialogue politique » qui se tiendra au Palais des Congrès de Cotonou du jeudi 10 au samedi 12 octobre 2019. Une dizaine de partis politiques, tous soutenant de manière inconditionnelle l’action gouvernementale sont invités à ce marché de dupes. Il s’agit d’un non événement, une manœuvre de ruse et une provocation politique de plus. Dans les conditions actuelles, les Béninois patriotes de la diaspora réunis au sein du Collectif pour la Sauvegarde de la Démocratie au Bénin (CSDB) refusent et rejettent tout dialogue politique avec le pouvoir de Patrice Talon.

Un dialogue sincère, direct, inclusif, serein et constructif nécessite les préalables suivants :
·L’annulation de la parodie d’élections législatives non inclusives du 28 avril 2019 avec les conséquences qui en découlent ;
·La libération sans délai de tous les détenus politiques ;
·Le retour sans condition des exilés politiques ;
·L’ouverture rapide d’une enquête internationale indépendante sur les massacres des populations civiles à mains nues par l’armée et la police à Cadjèhoun, Savè, Tchaourou et ailleurs afin d’identifier les donneurs d’ordre et les meurtriers ;

·La restitution des corps des citoyens tués à balles réelles par l’armée en mai et juin 2019 ·La fin des persécutions politico-judiciaires des opposants, web activistes et journalistes indépendants ;
·L’abrogation des lois crisogènes dont notamment les lois portant charte des partis politiques et le code électoral, la loi portant code pénal, la loi portant exercice du droit de grève au Bénin, les lois portant création de la CRIET et la loi portant code numérique ;
·L’organisation des élections législatives pour le compte de la 8ème législature sur des bases qui garantissent la participation effective de l’opposition à une compétition ouverte, libre, digne de confiance, crédible et transparente ;

·L’organisation des assises nationales pour unir le Bénin et le remettre en mouvement.
Ces préalables non négociables sont indispensables pour sortir le Bénin de la grave crise sociopolitique dans laquelle il est plongé depuis plusieurs mois. Aucun dialogue politique sincère n’est donc envisageable dans le contexte actuel marqué par la poursuite des arrestations arbitraires, l’emprisonnement des voix critiques, le non respect des décisions de justice au plan international et les multiples tentatives de déstabilisation de l’opposition. Tout engagement pris au cours de ces échanges des 10, 11 et 12 octobre 2019, entre « les partisans les plus actifs, les plus soumis, les plus griots », n’engagerait pas les Béninois de l’intérieur et ceux de l’extérieur en lutte pour la restauration de la démocratie et de l’État de droit.

Le CSDB dit bravo à tous les patriotes et démocrates qui poursuivent le combat de libération du Bénin malgré la faim, les difficultés économiques renforcées par la fermeture des frontières, la répression, la terreur, la ruse érigée en mode de gouvernance, les mensonges d’État, les complots et trahisons. Le CSDB appelle à la diversification des luttes pour mettre fin à la gouvernance de dictature autocratique, de pillage et de famine de Patrice Talon.

Enfants du Bénin, debout pour que vive le Bénin !

Fait à Paris, le 4 octobre 2019

La Coordination

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