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Bénin : Incertitude autour des municipales de 2020

Bénin : Incertitude autour des municipales de 2020 | Benin Times

Comme 2019, 2020 est aussi une année électorale, celle des élections communales, municipales et locales. Mais à environ 7 mois de l’échéance, rien ne présage de l’organisation et de la tenue à bonne date desdites élections. Pour le moment, elles sont loin d’être la préoccupation première de la classe politique.

Généralement à un an d’une échéance électorale au Bénin, on sent déjà une ferveur, une sorte de campagne électorale précoce dans la plupart des états-majors politiques. Les municipales de 2020 dérogent à cette règle. Et pour cause…

Le Bénin sort à peine d’élections législatives controversées. Le pays de Patrice Talon n’a pas fini de régler la crise née de ces élections spéciales où l’Opposition a été exclue. Seuls les deux partis siamois se réclamant du pouvoir ont participé auxdites élections. Tous les anciens partis, qu’ils soient de la Mouvance ou de l’opposition, ont été recalés par la Céna pour faute de certificat de conformité et/ou de quitus fiscal. Cette situation, une première depuis le Renouveau démocratique, est à la base de violences qui ont éclaté le jour du scrutin et après. Entre le pouvoir et l’Opposition c’est toujours le dialogue de sourd quant aux concessions à faire pour un règlement définitif de la crise. Or, pour participer aux élections communales, municipales et locales à venir, les partis recalés pour les législatives ont besoin d’entrer en possession des certificats de conformité jusque-là bloqués au ministère de l’Intérieur. Aussi bien l’Opposition que les autres partis de la mouvance recalés comme le Prd, l’Udbn et autres attendent que le chef de l’Etat donne un contenu réel à sa main tendue avant de savoir sur quel pied danser lors des joutes électorales de 2020 et 2021. Deux initiatives de médiations sont en cours, celle du clergé catholique et la Mission annoncée de la Cedeao. Quant au chef de l’Etat, il attend peut-être les conclusions de ces initiatives de médiation avant d’honorer sa promesse de dialogue inclusif avec la classe politique. Pendant ce temps, les jours s’égrènent et les élections municipales et locales frappent à la porte.

L’autre paramètre qui ne milite forcément pas en faveur de la tenue effective des municipales de 2020, c’est le coût et la proximité desdites élections. Le calendrier électoral est fait de sorte que sur trois années successives, le Bénin aura à organiser trois élections, les Législatives de 2019, les Municipales de 2020 et la Présidentielle de 2021. Cela implique un coût. Et tout gouvernement va vouloir étudier les possibilités de couplage pour éviter de saigner les caisses publiques dans le cadre de l’organisation desdites élections. Même si les ressources financières sont disponibles, trois élections successives, c’est quand même harassant surtout pour les populations qui doivent sortir pour accomplir leur devoir civique. Cela se ressentira forcément dans le taux de participation.

Matin Libre

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