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Bénin : Déclaration complète de Candide Azannaï lors de sa sortie médiatique

Bénin : Déclaration complète de Candide Azannaï lors de sa sortie médiatique | Benin Times
Bénin Déclaration complète de Candide Azannaï lors de sa sortie médiatique

Lundi 10 juin, le président du parti Restaurer l’Espoir était face aux hommes des médias pour se prononcer une fois de plus sur la situation politique. Candide Azannaï a brossé plusieurs sujets lors de cette sortie tant attendu.

DECLARATION DE CANDIDE AZANNAÏ

Mesdames et Messieurs,

Soyez remerciés d’avoir répondu à mon invitation à ce point de presse autour du thème :

« TERREUR POLITIQUE DANS UN CONTEXTE DE DICTATURE : COMPRENDRE POUR MIEUX COMBATTRE »

Permettez moi, avant tout propos, de vous saluer et de vous souhaiter la bienvenue à toutes et à tous.

J’ai appris que Monsieur Patrice TALON a rencontré le corps diplomatique accrédité chez nous. Selon la communication présidentielle, cette réunion était organisée dans l’optique d’annoncer la fin du processus électoral et la suite du fameux plan du chef de l’État. J’avais envisagé de m’entretenir avec vous sur ce sujet, à la suite de cette rencontre ; mais les contraintes liées aux activités de la Résistance m’ont imposé un réaménagement de calendrier. Cependant, les derniers développements de l’actualité me recommandent d’intervenir, d’entrée, sur les tenants et les aboutissants de cette activité présidentielle.

La plupart des agents diplomatiques présents à l’invitation du chef de l’État ne *sont* pas dupes des desseins de leur hôte. Malgré les postures géostratégiques de certains pays, personne ne se fait plus d’illusion sur la tragédie que vit notre pays, considéré il y a peu, comme pionnier de la démocratie en Afrique Subsaharienne. Les forces de la Résistance à la dictature qui plante ses tentacules ne se laisseront *pas* distraire. En effet, sous une logorrhée empreinte de promesses mielleuses et vagues, Monsieur Patrice TALON, a annoncé qu’il tend une main à l’opposition. Cette posture est fondée par :

 – primo, la recherche d’une légitimité qu’il a largement érodée par la parodie électorale du 28 avril 2019 ;

 – deuxio, la recherche d’une légalité contre laquelle, il a porté un coup fatal ;

 – tertio, ce fut la répression dans le sang des manifestants civils pour étouffer toute voix dissonante contre son pouvoir anti-démocratique.

Ces actes caractéristiques d’un régime dictatorial ont basculé notre pays dans un despotisme archaïque ; et ont terni l’image de marque de notre pays. Alors que peut vendre le prince à la communauté internationale ? L’assassinat de la démocratie ou la duperie d’un chef d’État de type nouveau ? Malgré l’excitation de la force de talents de prestidigitateur politique, Monsieur Patrice TALON ne pourra réussir à passer une éponge sur l’essence de son pouvoir dévoyer qui s’est assis sur la tuerie des populations civiles. Et c’est *ce* qu’il tente grossièrement de faire en faisant l’annonce d’échanges francs avec l’opposition. J’estime qu’il ne s’agit ni plus ni moins d’une distraction. Car, il attend le moindre fléchissement de la part des forces vives de notre pays pour déclencher le parachèvement de sa forfaiture, à savoir : l’imposition d’une nouvelle Constitution contrefaite et le blocus sur toutes possibilités d’alternance politique en 2021. Ces méthodes sont consubstantielles aux régimes de dictature. Elles consistent à : ordonner des attaques contre la Liberté, pourfendre la Démocratie ; faire prendre les lois iniques et dirigées contre l’opposition, installer un régime de terreur à travers des purges en se servant de l’Armée et de la Justice. Notre pays connut une telle période peu glorieuse. 

Chacun doit comprendre que la ruse du pouvoir pour détruire la Démocratie ainsi que les manœuvres employées ont une visée : installer envers et contre tous, une dictature criminelle et mafieuse. Ce funeste dessein risque de faire tâche et de provoquer une faillite démocratique et sécuritaire dans la sous-région ouest-africaine. Sur ce, les forces vives de la résistance à l’autocratie, par ma voix, prennent l’opinion publique et la Communauté internationale à témoin sur la responsabilité personnelle de Monsieur Patrice TALON dans la situation actuelle du Bénin. J’estime qu’il est malavisé de faire croire et faire accepter ce projet comme un fait accompli ! La confiscation du pouvoir législatif n’est point compatible avec la démocratie. Il en est de même des menaces sur des libertés individuelles et publiques. Devant ce bouquet de forfaitures, pensez-vous croire en Monsieur le chef d’État au point de lui laisser une fois encore berner toute la classe politique ? De notre côté, nous estimons que la seule chose qu’on négocie avec un régime dictatorial est son retrait du pouvoir. Agir autrement, c’est le légitimer et lui permettre de gagner du temps pour nuire davantage aux intérêts du pays.

Lire aussi  Bénin : Revue de presse de ce lundi 1er juillet 2019

Mesdames et Messieurs,

Cela dit, nous passerons en revue les points ci-après :

– l’objet de la crise politique actuelle et la responsabilité du pouvoir dans les tueries des post – électorales des 1er et 2 mai 2018 ;

– la mise en place d’une gouvernance fondée sur la terreur politique avec comme bras armés les forces de l’ordre et de défense, et la justice ;

– le rétablissement de la Démocratie, de l’État de droit, du Pluralisme politique et la préservation des Acquis du Renouveau démocratique.

Comme tout démocrate, nous avons comme objectif à terme la réconciliation de la Nation avec elle – même, la réhabilitation de l’image de notre pays en matière Démocratie et de paix. Pour y parvenir, il faudra comprendre exactement ce qui s’est passé pour situer les responsabilités. En effet, tout est parti d’une histoire simple. Notre peuple très attaché à son modèle démocratique a élu un candidat qui a bâti son projet de société autour d’un discours engagé sur la promotion de la Démocratie, la protection et le renforcement de l’Etat de droit et la sauvegarde des Acquis de la Conférence Nationale. Une fois parvenu au faîte du pouvoir, il utilise bassement la propension à la vénalité d’une partie de l’élite politique pour affaiblir toutes les institutions sentinelles de la démocratie. Ce travail de sape accompli, il s’attache au démantèlement du système démocratique et le remplace par un régime dictatorial de type despotique par usage de deux coups de force – le coup de force de confiscation du pouvoir législatif et le recours criminel à la force et à l’utilisation des armes à feu – malgré les mises en garde des acteurs politiques nationaux et internationaux.

Il y a à se méfier des artifices de diversions caractéristiques du leadership pathologique de type dictatorial. La seule issue est l’observance de la jurisprudence admise depuis le discours de la BAULE devenue constante dans la sous-région africaine sur les coups d’État quelles que soient leurs formes ; et l’injonction faite aux fauteurs de troubles sans aucune condition, contraints à restituer les pouvoirs usurpés, confisqués, illégitimes. En l’état au Bénin, il y a usurpation et confiscation du pouvoir législatif à des fins de coup d’État sanglant. La CEDEAO et l’UNION AFRICAINE ont décrié en amont l’inconséquence démocratique des élections législatives exclusives du 28 avril 2019, à l’instar de la mission de la FRANCOPHONIE, l’Union européenne et l’ensemble de la Communauté internationale ont fustigé la parodie électorale du 28 avril 2019. Les grandes nations démocratiques en ont également exprimé leurs désapprobations. Le Peuple béninois, lequel a la démocratie chevillée au corps, a clairement exprimé son désaveu.

Lire aussi  Message du président Patrice TALON à l’occasion de l’an 1 de son mandat.

Il lui est inacceptable qu’on lui impose des individus issus d’un scrutin où le taux de participation réellement sorti des urnes est inférieur à 10 %, et soldé par plusieurs morts. La suite vous savez. Il s’agit de l’instrumentalisation de la justice et des forces de sécurité et de défense. Ce plan était déjà annoncé à travers les lois liberticides votées à la pelle ces trois dernières années. J’ai coutume d’indiquer que nous devons faire attention au concept de l’État de lois qui dans un contexte de dictature est souvent un déni de l’État de droit. Nous y sommes en plein dans cet autre enfer de la dictature où le pouvoir a déjà raflé et pris en otage bon nombre de nos concitoyens hostiles au retour de la pensée unique. Ces personnes sont des otages du pouvoir. Certains sont arrêtés avant les événements des 1er et 2 mai 2019, d’autres les 1er et le 2 mai 2019, et une partie, après le 2 mai 2019. Ces personnes, disais-je, ont été soumises aux humiliations de guerre et différentes sortes d’accusations pour détourner l’attention sur les bourreaux de tueries qui eurent lieu les 1er et 2 mai 2019. Elles payent pour la Liberté.

Elles payent pour la Démocratie, l’État de droit et le pluralisme politique. Lancer la justice aux trousses des figures symboles de la Résistance notamment le Président Boni Yayi s’apparente à un plan de diversion concocté par le pouvoir dit de la rupture aux abois, dont l’objectif est de réduire au silence tous les contradicteurs. Le plus urgent est d’identifier les responsables des massacres et rendre justice aux familles des victimes. Qui a donné l’ordre ? Qui sont les exécutants ? Les personnes chargées de l’application de la loi pendant la période électorale remplissent – t – elles les conditions professionnelles et déontologiques prévues par les principes de bases de l’Onu ? Pourquoi fait – on subir des tracasseries aux familles et aux proches des victimes froidement tuées ? Sur le cas de l’honorable Guy MITOKPE, beaucoup de choses se disent. Les laquais du pouvoir racontent tout et n’importe quoi.

 Le Parti « RESTAURER L’ESPOIR » (RE) tient aux engagements de la Conférence Nationale, c’est le sens de notre combat depuis les origines du Parti Plus qu’un parti politique, nous sommes une école qui s’efforce au prix de grands sacrifices à réinventer au cœur de l’agir politique et social, la crédibilité politique et la confiance publique au service de l’intérêt général. La formation du caractère est un chapitre très important du Parti « RESTAURER L’ESPOIR » (RE), elle passe par le risque de l’audace de la vérité, et la dignité en politique.

L’honorable Guy MITOKPÈ ne se reproche rien ; il a bel et bien répondu à la convocation bien curieuse et totalement légère du juge. Je voudrais rassurer les uns et les autres que Monsieur MITOKPE ainsi que le Parti « RESTAURER L’ESPOIR ». (RE) ne se reprochent absolument rien. L’Honorable MITOKPÈ fera face, je ferai face et « RESTAURER L’ESPOIR. » fera face. Nous ferons face avec lui.

Je vous remercie de votre attention.

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