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‘’Jeune diplômée sage-femme, j’ai réalisé mon premier accouchement dans un bidonville du Caire’’

« En me levant ce vendredi 4 mai au matin, je n’imaginais pas l’expérience inattendue que j’allais vivre au cours de cette journée.

Arrivée depuis quelques heures à Ezbet El Nakhl, un quartier des chiffonniers au Caire, j’avais rendez-vous l’après-midi avec le Docteur Adel, grand ami de Sœur Emmanuelle et de l’association.

A peine arrivée dans la maternité du centre Salam, la sœur m’agrippe par le bras. Je me retrouve parachutée dans une pièce. Six regards surpris se tournent alors vers moi et, derrière eux, Saloua, enceinte, est allongée sur un lit gérant tant bien que mal ses contractions.

Je comprends alors que c’est moi, jeune diplômée sage-femme et sans grande expérience, qui vais suivre cette femme durant son travail. Une heure seulement après mon arrivée, l’accouchement est imminent. En Égypte, contrairement à nos pratiques françaises, la césarienne est souvent préconisée comme voie unique d’accouchement ; il faut alors faire vite avant l’arrivée du médecin afin de passer outre l’inévitable.

Finalement vers 16h30, dans l’émotion et la joie, Antonios pointe le bout de son nez. Ça y est, c’est fait, je l’ai réalisé, mon premier accouchement en tant que sage-femme. Et quel accouchement !

Dans cette maternité de bidonville, il n’y a pas d’équipements de pointe, pas de péridurale, pas de présence médicale continue, pas de monitoring, l’hygiène et les pratiques sont limitées par le manque de moyen et de matériel.

Mais malgré tout cela et malgré la barrière de la langue, j’ai trouvé un accueil chaleureux, de l’entraide, de l’amour, de l’émotion et tant de reconnaissance !

Ce n’est qu’en écrivant ces quelques mots que je réalise ce que j’ai vécu, moment unique, suspendu dans ma mission, tant d’émotions vécues, condensées et si fortes. Je suis venue en Égypte remplie de doutes concernant mon avenir ; je l’ai retrouvé au travers de deux yeux reconnaissants : je suis sage-femme et c’est ce pourquoi je suis appelée. »

Claire Marie, volontaire en Égypte.

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