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Violences intercommunautaires : danger en Côte d’Ivoire en 2020 ?

Violences intercommunautaires : danger en Côte d’Ivoire en 2020 ? | Benin Times
Violences intercommunautaires : danger en Côte d’Ivoire en 2020 ?

La région de Béoumi en Côte d’Ivoire (située à 60 km à l’ouest de Bouaké) été la semaine dernière, le théâtre de violents heurts entre deux communautés. Dans ce pays, y-a-t-il péril en la demeure en cette veille de la présidentielle ?

En Côte d’Ivoire, il y a eu neuf personnes tuées et 24 personnes blessées dans les affrontements communautaires. Tout est parti d’une dispute survenue le mercredi 15 mai 2019 entre deux protagonistes. L’un est malinké (Dioula) pour tandis que le second est baoulé. Au terme de cette altercation, la rumeur a laissé croire que le baoulé était mort.

Comme on le voit, cet antagonisme a pris une dimension ethnique, puisque les pilotes de deux-roues appartiennent généralement à la communauté dioula tandis que leurs concurrents sont issus de la communauté baoulé. C’est ce qui a fait que les choses ont dégénéré. Et pendant deux jours, des jeunes des deux communautés se sont violemment affrontés, s’en prenant par ailleurs aux forces de l’ordre qui tentaient de s’interposer. D’où un couvre-feu en place de 18 heures à 6 heures. Cependant, les deux camps se regardent encore en chiens de faïence.

Affrontements fréquents

Ce n’est pas une première en Côte d’Ivoire, pays d’environ 25 millions d’habitants qui compte une soixantaine de communautés. En effet, depuis quelques années surtout après la crise post-électorale de 2010, ces affrontements intercommunautaires, parfois meurtriers, sont fréquents. Depuis cette période, régulièrement, on assiste à des tensions du genre, des tensions latentes qui souvent entrainent une spirale de violences.

Mais au regard du contexte actuel de ce pays, tout porte à croire que cette situation est venue se greffer aux événements politiques découlant des dernières municipales d’octobre 2018 et dont les plaies ne sont pas encore bien cicatrisées. Comme on le voit quand ce ne sont pas des violences communautaires ou foncières, c’est soit des crimes politiques ou crapuleux. Et pour passer à l’acte, ce sont des actes prémédités suivis d’expéditions punitives. On passe à l’action, sans rencontrer aucune opposition de la part des forces de l’ordre.

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En effet, avant et après ces élections, la tension continue de régner. Lors des municipales d’octobre 2018, on avait déjà enregistré des violences dans cette région entre des membres des communautés baoulé (réputée acquise au PDCI) et malinké (très proche Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix RHDP, de Alassane Ouattara).

Au-delà de ces éléments
d’appréciations, en Côte d’Ivoire après la crise politique de 2010, des armes circuleraient toujours. Et c’est compliqué de vouloir une cohésion nationale quand on ne fait rien pour régler cette question d’armes de plus en plus en circulation.

Face à cette situation quelle sortie de crise ? En effet, il urge que ceux qui alimentent presque tous les conflits en Côte d’Ivoire, cessent de bénéficier de l’impunité, ou, à tout le moins, le sentiment d’impunité. Mais dans ce pays, tout le monde a encore en mémoire que les événements de la crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait plus de 3 000 morts, n’ont pas été oubliés.

Faut-il craindre pour la présidentielle de 2020 ?

Au regard des violences observées, faut-il craindre le pire en cette veille de la présidentielle de 2020 dans ce pays ?

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En effet, les ivoiriens iront voter pour élire un nouveau président de la République l’an prochain. Face aux craintes d’un regain de tension, comme lors de la crise post-électorale de 2010-2011.

Pour éviter un tel scénario, il urge que tous les acteurs politiques ivoiriens créer des conditions objectives de la pérennisation et la consolidation de cette paix si durement acquise. Ce qui est loin d’être la réalité quand on scrute le ton actuel des échanges et des débats dans le pays sans oublier les actes de violence enregistrés, tout porte à croire qu’on prépare les esprits à l’affrontement.

En effet, 10 ans après la crise post-électorale de 2010-2011, le scrutin présidentiel à venir s’annonce difficile. Car les signes avant-coureurs sont là tangibles. Et tout porte à croire que ce sont les acteurs majeurs qui en seraient les vecteurs. Et en la matière, il y a le président ivoirien Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ont rompu les amarres. Résultat, le parti unifié RHDP tant souhaité de leurs vœux antérieurs n’a été que chimérique. Il y a également, la posture de Laurent Gbagbo qui sera d’un pesant indéniable sans oublier Guillaume Soro.

Certes les élections municipales des 13 octobre et 16 décembre 2018 ont fait des morts. Elles ont déjà donné un avant-goût des joutes électorales à venir. Le président Alassane Ouattara, père de la Nation, le plus concerné à plus d’un titre a rassuré qu’«il ne se passera rien en 2020».


Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Benin 24 ». Benin Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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