Accueil International

Soudan : Omar el-Béchir accusé d’avoir reçu 90 millions de dollars de l’Arabie saoudite

Soudan : Omar el-Béchir accusé d’avoir reçu 90 millions de dollars de l’Arabie saoudite | Benin Times
Soudan : Omar el-Béchir accusé d’avoir reçu 90 millions de dollars de l’Arabie saoudite

Le procès pour corruption du président déchu Omar el-Béchir, au pouvoir durant trois décennies, s’est ouvert lundi au Soudan, où le processus de transition vers un pouvoir civil attend toujours son premier acte concret avec la désignation des membres du conseil souverain.

L’ex-chef de l’Etat, déposé par l’armée le 11 avril en réponse à des manifestations massives, est arrivélundi matin devant un tribunal de Khartoum, escorté par un imposant convoi militaire. Détenu dans une prison de Khartoum, Omar el-Béchir, 75 ans, a été informé par le parquet qu’il faisait face à des accusations de «possession de devises étrangères, de corruption» et trafic d’influence.

En charge de l’instruction, le brigadier Ahmed Ali a affirmé devant la cour qu’Omar el-Béchir avait reçu 90 millions de dollars (81 millions d’euros) du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman.

Le procès de l’ancien président devait s’ouvrir samedi, jour de la signature d’un accord de transition historique entre le Conseil militaire au pouvoir depuis avril et la contestation. Mais il avait été reporté sine die.

Lire aussi  Israël renoue avec la Guinée après 49 ans de brouille

Fin avril, le chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, avait affirmé que l’équivalent de plus de 113 millions de dollars avaient été saisis en liquide dans la résidence de l’ex-président à Khartoum.

En mai, le procureur général avait également déclaré qu’Omar el-Béchir avait été inculpé pour des meurtres commis lors des manifestations antirégime ayant conduit à son éviction, sans que l’on sache quand il devra répondre de cette accusation.

Vers une extradition à la CPI ?

Amnesty International a averti la semaine dernière que son procès pour corruption ne devait pas détourner l’attention des accusations plus lourdes auxquelles il est confronté à La Haye. Omar el-Béchir, qui a dirigé le pays d’une main de fer après un coup d’Etat soutenu par les islamistes en 1989, fait l’objet de mandats d’arrêt internationaux de la Cour pénale internationale (CPI), pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, au cours de la guerre au Darfour (ouest), où une rébellion a éclaté en 2003.

Lire aussi  Fin de la grève des enseignants au Maroc

L’ONU affirme que le conflit a fait plus de 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés, et que des centaines de milliers de personnes vivent encore dans des camps misérables et appauvris plus d’une décennie et demie plus tard.

La CPI exige depuis des années qu’Omar el-Béchir soit jugé, et a renouvelé son appel depuis sa chute. Amnesty a appelé les nouvelles institutions de transition au Soudan à ratifier le Statut de Rome de la CPI, ce qui permettrait de transférer l’ancien président à ce tribunal international.

Source: Benin 24

Commentaires Facebook