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Plate-forme de l’opposition en Côte d’Ivoire : l’ex-président Konan Bédié entre ambitions et défis

Plate-forme de l’opposition en Côte d’Ivoire : l’ex-président Konan Bédié entre ambitions et défis | Benin Times
Plate-forme de l’opposition en Côte d’Ivoire : l’ex-président Konan Bédié entre ambitions et défis

L’ancien président ivoirien, Henri Konan Bédié a la ferme volonté de former une plate-forme de l’opposition, plate-forme anti RHDP pour arracher le pouvoir à Alassane Ouattara lors de la présidentielle de 2020 en Côte d’ivoire. Parviendra-t-il à atteindre son objectif ?

Que dévient la promesse de Alassane Ouattara en 2015 relativement au candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) au nom du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) en 2020 ?

En effet, le président ivoirien a brouillé les cartes en ce qui concerne celui qui doit prendre la relève du pays au nom de la coalition RHDP. Conséquence, le président d’honneur du PDCI, Henri Konan Bédié, l’autre tête de pont de cette coalition s’est émancipée. Et le voici qui tente de se repositionner.

En effet, conscient que son parti (le PDCI) ne peut accéder au pouvoir à lui seul, il essaye de mettre en perspective, une large plate-forme de l’opposition pour endiguer les velléités de Alassane Ouattara, très enclin à un 3ème mandat.

De cette volonté de plate-forme à la concrétisation de l’acte, on avait cru à une vilaine blague. Cependant, le projet fait son bonhomme de chemin.

Dans cette perspective, le président Bédié a posé un acte fort dans l’atteinte de son objectif qu’est la mise en place de cette plate-forme de l’opposition. C’est ainsi qu’il a rencontré Laurent Gbagbo, le lundi 29 juillet 2019 dans la capitale belge. Et depuis lors, on est passé de la supputation à la réalité. Cette rencontre avec Laurent Gbagbo après sa libération du pénitencier de Scheveningen à La Haye, aux Pays-Bas, a été décisive.

En effet, Laurent Gbagbo libéré des chaînes de la détention et qui attend d’être fixé sur un possible recours de Fatou Bensouda devant la CPI, Laurent Gbagbo, devient inéluctablement l’une des clés de la présidentielle de 2020 dans ce pays. Et pour avoir réussi ce pari, Henri Konan Bédié a frappé un très bon coup dans sa volonté de ‘’coincer’’ Alassane Ouattara.

Mais l’on peut aisément deviner que cette rencontre jette les prémices d’une alliance politique en vue de la présidentielle de 2020. Après l’entente cordiale Laurent Gbagbo-Konan Bédié, celui-ci ne veut s’arrêter en si bon chemin. Le prochain objectif pour lui, c’est de convaincre Guillaume Soro de rejoindre la coalition.

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Un temps, l’idée d’une coalition entre le «Sphinx de Daoukro» et Guillaume Soro avait germé et avait fait du chemin à la faveur d’une kyrielle de rencontres entre les deux hommes. Comme on le voit l’ambition est là et les résultats pour le moment sont aussi là en ce qui concerne la naissance de cette plateforme de l’opposition.

Incertitudes ?

Cependant, Henri Konan Bédié qui sera âgé de 86 ans lors du scrutin de 2020, et qui a présidé son pays de 1993 à 1999, avant d’être renversé par un coup d’Etat et qui manœuvre pour empêcher Ouattara de briguer un 3ème mandant, aura-t-il les coudées franches ?

Pour parvenir à boucler une plate-forme anti-RHDP et battre Alassane Ouattara qui a piteusement rejoint la classe de ces présidents africains qui clonent leur loi fondamentale, c’est que l’actuel président ne soit pas candidat. En effet, après qu’il a lui-même suscité le débat sur son éventuelle candidature en 2020, c’est que Ouattara sait qu’il doit se donner les moyens pour briguer un 3ème mandat. Et dans ce sens, rien ne l’arête.

En effet, la modification de la Constitution pour faire sauter les verrous institutionnels comme la limite d’âge à 75 ans et la limite des deux mandats de cinq ans s’inscrit dans cette logique. Mieux, sa volonté de créer (au forceps) un parti unifié et sa détermination à écraser tous ceux qui se mettront sur son chemin, participe également de cette stratégie.

Et à l’allure des événements dans ce pays, la volonté du président Ouattara de vouloir positionner l’un de ses proches relève de plus en plus du mystère. Amadou Gon Coulibaly l’actuel premier ministre à qui on a taillé le costume du dauphin putatif, commence par comprendre que les carottes sont cuites, à moins que…C’est le cas également de Kablan Duncan, de Hamed Bakayoko sans oublier Ahoussou Jeannot.

Alassane Ouattara au regard d’un certain nombre d’actes majeurs a donc prémédité et planifié sa candidature de 2020 en se donnant tous les moyens politiques et règlementaires (dans ce dernier cas l’Assemblée nationale vient d’adopter la loi sur la nouvelle Commission électorale, une commission qui lui est favorable).

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Aussi, faut-il signaler que le Conseil constitutionnel, le dernier rempart sur lequel compte M. Ouattara pour voir sa candidature validée en 2020 est déjà dans les manœuvres. Dans cette perspective, M. Wodié qui ne rassurait pas plus, il a été ‘’démissionné’’ au profit de Koné Mamadou.

L’autre handicap de Henri Konan Bédié, c’est que tous ses proches du PDCI qui n’ont pas intégré le parti unifié (RHDP) sont systématiquement limogés. A ce rythme, Alassane Ouattara se donne de plus en plus les moyens d’assécher financièrement le PDCI. Quand on sait très bien que ces cadres du parti de Konan Bédié sont très attachés à leurs privilèges, l’ancien président Bédié ne risque-t-il pas d’être confronté à un refus de certains de ses proches de le soutenir?

L’équation Guillaume Soro est également de nature à plomber la stratégie de Konan Bédié. En effet, si l’ancien président de l’Assemblée nationale hésite à rejoindre la plate-forme de l’opposition, c’est que l’ancien patron des Forces nouvelles est conscient de la capacité de nuisance du président Ouattara. En effet, celui-ci a la possibilité de livrer Guillaume Soro à la CPI. Résultat, l’ancien leader du Parlement doit réfléchir par quatre fois avant de donner son aval à Konan Bédié en vue de la naissance de la plate-forme. Sans oublier que l’administration Ouattara continue la purge des pro-Soro tant au niveau gouvernemental que de la direction des sociétés d’Etat.

Le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo n’offre pas aussi une garantie d’unicité d’actions. Ici, le parti de Laurent Gbagbo est miné par les rivalités entre la tendance de Affi N’Guessan sans oublier celle des proches de l’ancien président ivoirien.

Pour face à Alassane Ouattara en 2020, la plate-forme de Henri Konan Bédié doit parler faire valoir une synergie d’actions pour mutualiser ses forces. Comme on le voit, en dépit des initiatives de Henri Konan Bédié, celui-ci est loin de réaliser son rêve.

Par Blanchard LAWSON, correspondant au Sénégal



Source: Benin 24

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