Accueil International

[L’avis de la Rédaction] Insécurité grandissante au Gabon, à qui la faute ?

0

http://www.urkfm.nl/jonge-kandidaat-raadsleden-urk-in-debat/

http://www.urkfm.nl/jonge-kandidaat-raadsleden-urk-in-debat/

Gabon Africapostnews – Le meurtre du jeune Fridolin Romeo Kombila Kombila à Libreville a relancé depuis quelque temps le débat sur l’insécurité au Gabon. La rédaction d’Africapostnews s’est penchée sur la question. Les avis diffèrent mais une question demeure : qui est responsable de ces actes ?

Il y a quelques jours, dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 août, le jeune Fridolin Romeo a trouvé la mort. Selon leurs aveux, les présumés coupables auraient poignardé la victime « sans raison ». L’histoire racontée par ces derniers glace le sang et suscite une vague d’indignations sur les réseaux sociaux. Chacun y va de son tweet ou de son statut Facebook, attaque le meurtrier mais pas que.

En effet, nombreux sont ceux qui pensent que le problème est plus grave. Le problème ne se limite pas à un meurtre sans motivation. Le problème va au-delà de ce fait quoique très choquant et étonnant. L’incident met en exergue un problème de société et chacun s’interroge sur le rôle de chaque acteur de la société gabonaise.

Peu après la publication de cette nouvelle, les premiers cités (en dehors du meurtrier) sont les artistes. Plus précisément, le jeune rappeur gabonais Donzer. Son titre « Goudronnier » (mot qui signifie bandit, ndlr) serait selon plusieurs, l’une des sources du mal de la jeunesse gabonaise. Cette chanson met en exergue le mode de vie d’une jeunesse perdue, c’est à dire la consommation de drogue et la recherche par tous les moyens (surtout le braquage) de gagner de l’argent. Cependant, pour certains dans la rédaction, cette chanson ne fait pas juste état d’un fait, elle en fait l’apologie.

Il est clair, selon la rédaction, que Donzer n’a pas inventé le banditisme. Et pour certains, il faudrait directement s’attaquer à la source d’un problème qui existe depuis longtemps. Aussi, ils ajoutent que les jeunes dans nos quartiers n’ont pas attendu Donzer pour braquer, pour poignarder et tuer certaines personnes. Ils seraient eux aussi des victimes, victimes d’un système politique qui abandonnerait la jeunesse depuis bien trop longtemps. Et à la longue, ces jeunes sont guidés vers le chemin de la perdition.

En revanche, pour d’autres, qui ne s’opposent pas au précédent point de vue, il ne faut pas dédouaner la responsabilité d’un artiste comme Donzer et de sa chanson « Goudronnier ». Dans un reportage publié il y a quelques mois sur France 24, le phénomène de la violence au Gabon et de la consommation d’un médicament comme drogue (Tramadol, qu’on appelle « Kobolo » au Gabon, NDLR) en était le sujet principal. Pendant l’interview d’un groupe de jeunes consommateurs et vendeurs de cette drogue, ces derniers ont affirmé qu’ils étaient encouragés par le titre « Goudronnier » dans leur basse-besogne. Dans un live Facebook où il s’exprimait après la tragique mort de Roméo, le jeune artiste de 21 ans s’est défendu. « Je pense que je ne suis pas responsable des mauvaises actions de tout un chacun. Chaque personne a sa part de responsabilité. »

Même si Donzer n’a pas inventé le braquage et la consommation de drogue et dans nos quartiers, il vulgarise indirectement ces choses. La vulgarisation de ces pratiques a atteint un autre stade. Plusieurs jeunes veulent devenir bandit. En effet, ce qui était considéré tabou autrefois, devient un moyen de se glorifier. Et pour en arriver là, il a fallu que certains artistes qui peuvent avoir une influence sur une jeunesse déjà livrée à elle-même, rendent le banditisme « glamour ». Ce n’est pas parce qu’un jeune est victime qu’il n’est pas responsable s’il fait la publicité d’une mauvaise chose, encore plus si ladite publicité influence. La chanteuse Shan’L plusieurs fois critiquée pour ses paroles « légères » avait rétorqué à ses détracteurs qu’elle n’est « pas là pour [les] éduquer ». Alors, on dévie sur le sujet du rôle et de la responsabilité d’un artiste. Si l’on va plus loin, on peut alors se pencher sur la question du rapport entre la musique et ses impacts sur la société.

Que fait l’Etat ?

« Chaque personne a sa responsabilité ». Alors quelle est celle de l’Etat ? Parce que oui, la responsabilité de l’Etat face à cela doit aussi être pointée du doigt. Un membre de la rédaction a d’ailleurs mis en avant un sujet très intéressant. Si l’Etat gabonais avait vraiment à cœur l’éducation et l’encadrement de notre jeunesse, pourquoi n’a-t-il pas censuré le titre « Goudronnier » ? Le conseil national de la communication semblerait rapide à la censure quand il s’agit de sanctionner des artistes aux prises politiques controversées, mais qu’en est-il des chansons qui prônent la dépravation des mœurs et autres penchants déviants qui « empoisonnent les esprits » s’est demandé un membre de la rédaction ?

Aussi, quelles sont les actions concrètes pour combattre l’insécurité, et maintenir une place de choix pour la jeunesse gabonaise ? On constate tristement que les espaces de loisirs dédiés aux jeunes ne sont que trop rares dans les villes gabonaises. Cet incident doit nous emmener à nous questionner encore plus sur les obligations de la famille et de l’éducation de nos jeunes. Chaque partie (État, famille, leaders d’opinion etc.) doit prendre ses responsabilités et agir fermement.

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Afrique Post News ». Benin Times n’es pas l’auteur de ce dernier.

Commentaires Facebook

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here