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[HORIZONS NOUVEAUX] : Une nouvelle ère pour l’Afrique ?

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Des horizons nouveaux, encore des horizons nouveaux …

Nous sommes à l’aube d’un nouveau jour, d’une nouvelle époque. Rien ne m’enchante plus, à vrai dire, que de savoir que nous, jeunes, allons bientôt devoir prendre nos responsabilités pour optimiser le progrès de notre continent.

Nous avons longtemps assisté, d’ailleurs nous assistions encore ce mardi 21 novembre à la démission de Robert Mugabe suite à un putsch subtil et inédit en Afrique. Cette annonce déclencha une série de festivités à travers le Zimbabwe, ne laissant personne indifférent. C’est sous les regards émus, ambitieux, anxieux des observateurs africains que le peuple zimbabwéen célèbre la fin d’un régime héroïque devenu despotique. En effet, tout le monde n’a pas accueilli la nouvelle avec l’enthousiasme sincère des zimbabwéens : entre les régimes vieillissants sous pression, les jeunes leaders inspirés, les peuples oppressés voyant une ouverture, un espoir de transition, disons que la chute de Mugabe représente un symbole pour notre continent mais lequel ?

Depuis près d’une dizaine d’années, la géopolitique de l’Afrique a été proie à des changements considérables. En 2009, le décès de Omar Bongo après une quarantaine d’années à la tête du Gabon, choque le continent. Dès décembre 2010, le printemps arabe ravage le nord en emportant avec lui trois des doyens des chefs d’État africains en Hosni Moubarak (Égypte), Zine el-Abidine Ben Ali (Tunisie) et Mouammar Kadhafi (Lybie).

Le décès de Nelson Mandela, bien qu’il n’occupe plus ses fonctions en 2013, rassemble le continent. En 2014, le peuple burkinabé se lève pour renverser le régime de Blaise Compaoré. D’autres épisodes de passation de pouvoir sont également à l’origine de ces changements : au Sénégal, avec le départ d’Abdoulaye Wade au profit de Macky Sall et plus récemment en Angola avec l’arrivée au pouvoir de João Lourenco.

Une nouvelle époque, disais-je. Oui, au vu de tous ces éléments, cela me semble plausible. Il ne reste que très peu de figures de la génération des dirigeants africains de la seconde moitié du XXe siècle, l’on compte Idriss Déby au Tchad, Denis Sassou Nguesso au Congo, Paul Biya au Cameroun et Teodoro Obiang Nguema en Guinée Équatoriale.

La CEMAC semble représenter la dernière page d’un chapitre, le dernier volet d’une ère : l’ère de l’indépendance. Le départ de Mugabe, le plus vieux président du monde il y a encore quelques jours, symbolise la transition entre cette ère et celle qui arrive, à grands pas : celle de la responsabilisation.

J’ai déjà évoqué ce terme dans mon premier papier intitulé « Du braconnage à la responsabilisation », il prend un sens similaire ici, peut-être aurais-je dû titrer celui-ci « De l’indépendance à la responsabilisation » mais bref … C’est le même concept.

L’ère de l’indépendance a été marquée par ses mécanismes, propres ou non à cette époque, par ses objectifs, atteints ou pas jusqu’à présent, par ses gloires, par ses drames et par son âme. Nombreux d’entre nous n’avons été que spectateurs ou élèves d’histoire.

Cette ère, je la vois comme une ère d’apprentissage, pour nous et pour les générations suivantes, que ne nous a-t-elle pas appris ? Ne nous a-t-elle pas appris qu’un libérateur peut muter en despote sanguinaire ? Ne nous a-t-elle pas appris qu’un peuple peut s’entretuer, soumis à la haine et à l’iniquité ? Ne nous a-t-elle pas appris que nos anciens bourreaux ont juste changé de masque ? Ne nous a-t-elle pas appris que celui qui dessert le peuple périt ? Ne nous a-t-elle pas appris que rien ne vaut la paix ? Ces leçons forment notre héritage et me redonnent espoir.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas où nous voulons être, certes, mais nous n’avons jamais eu la possibilité d’être réellement acteurs du développement. Sauf que très bientôt, une fois la page tournée, nous n’aurons plus le choix, l’action s’imposera à nous. Pour l’honneur, pour la prospérité, il faudra bien être à la hauteur du défi à venir car qui est-ce que l’on accusera quand toutes les têtes des anciens régimes tomberont ou se retireront ? Personne. Il s’agit de la responsabilisation de toute une génération.

Prendre ses responsabilités, qu’est-ce que c’est ?

Pour commencer, demeurons lucides. De manière générale, la chute de l’homme fort d’un régime signifie la chute du régime sauf que chez nous, il arrive souvent qu’une destitution donne lieu à l’investiture d’une personnalité du même régime. Dans l’euphorie, il est aisé d’éteindre toute forme de lucidité mais il faut lutter contre cela et arriver au bout de l’œuvre. Prenons par exemple, le cas le plus récent, au Zimbabwe : Mugabe a démissionné suite à un putsch mené par l’armée, coordonné principalement par Emmerson Mnangagwa, surnommé le « Crocodile », vice-président il y a encore un mois et accusé d’avoir été le commanditaire de violentes répressions en 2008 pour le compte de ce même régime. Je n’entends pas qu’il posera les mêmes actions que son prédécesseur mais il faut s’assurer que ses intentions s’articulent réellement autour d’une transition qui sera complète après l’organisation d’élections transparentes. Voilà le véritable objectif. Il ne saura pas être atteint sans lucidité.

Deuxième chose : l’action. Bientôt, nous fermerons la porte à l’indignation constante et nous ouvrirons la porte à l’action. L’action commence déjà par travailler, pour son pays ce qui reviendra, à terme, à travailler pour l’Afrique. Mettons nos compétences, dans tous les domaines, au service de l’Afrique. Donnons une chance à l’Afrique, ne soyons pas fatalistes. L’état désastreux de nos économies nous laisse parfois découragés mais la situation ne changera pas d’allure si nous restons les bras croisés. Je ne prétendrai pas que la tâche sera de tout confort ou même que l’on verra les résultats définitifs de nos entreprises mais mettons la machine en marche. Quand la page sera tournée, rentrons à la maison, et pour ceux qui sont à la maison, restez à la maison. Bâtissons-la à l’image de nos ambitions.

Vous avez pu le constater, mon propos ici constitue un appel à tous nos intellectuels, tous nos techniciens, tous nos jeunes talents qui bientôt auront l’opportunité de rentrer et de partager leur savoir avec la nouvelle génération afin de former des futurs leaders, des futurs savants, des futurs artistes qui seront les piliers du développement durable de l’Afrique.

Sur ce, quand l’heure sera venue, soyons tous prêts à tourner la page et à écrire, ensemble, un nouveau chapitre, plus inspirant, toujours à la hauteur de nos ambitions et de l’amour que l’on porte pour notre Terre, l’Afrique.



Source : Africa post news

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