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Gabon : retour au calme, en apparence

Libreville se remet doucement de la tentative de coup d’Etat du 7 janvier 2019 / AFP / Steve JORDAN

Gabon (Libreville) – Après le coup d’Etat avorté du lundi 7 janvier par un commando d’une dizaine de personnes, Libreville se remet doucement.

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24 heurs après la prise de la radio nationale gabonaise par des militaires putschistes, Libreville peine à retrouver un rythme normal. Les télévisions nationales ont recommencé à émettre hier en fin de journée. Quant aux travailleurs, ils ont repris le chemin du travail, les écoliers, ont eux regagnés les bancs des écoles, mais pas tous. À la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) par exemple, on compte beaucoup d’absents. Ailleurs, au Lycée Léon Mba, plusieurs élèves ont du rebrousser chemin car les professeurs étaient absents. D’un autre côté, boutiques et commerces ont aussi repris leurs activités.

L’accès internet quant à lui est revenu aux alentours de 12h ce mardi. Toutefois, le climat est loin d’être serein dans la capitale gabonaise. Les forces de sécurité restent largement déployées entretenant quelque peu l’état de psychose des populations. À l’intérieur du pays, l’heure est aussi au questionnement. La piètre communication du gouvernement n’aura rien fait pour arranger les choses.

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Officiellement, tout est sous contrôle depuis lundi 11h, selon Guy-Bertrand Mapangou, porte-parole du gouvernement. Les mutins auraient tous été neutralisés. Hier soir, sur le plateau de TV5, l’ambassadeur du Gabon en France, Flavien Enongoue, a fait état de sept arrestations et deux morts, contrairement aux cinq arrestations annoncées plus tôt dans la journée. L’affaire serait désormais entre les mains du procureur de la République, chargé de mener une enquête. Il convient effectivement d’établir le déroulement exact des faits et les responsabilités.

Réactions en chaîne

Si les réactions nationales se sont hier arrêtées à celles du porte-parole du gouvernement, les réactions internationales, elles, ont été nombreuses. En effet, l’Union Africaine ainsi que la France ont condamné « tout changement inconstitutionnel de pouvoir » pour l’un, et « toute tentative de changement de régime extra-constitutionnel » pour l’autre. D’autres chefs d’État africains à l’instar d’Idriss Deby, président en exercice de la CEMAC ou encore Pierre Nkuruziza, ont félicité les forces de sécurité gabonaises. Avec le retour d’internet, des voix de l’opposition gabonaise se sont aussi exprimées. Mais la réaction la plus attendue, celle d’Ali Bongo, se fait toujours attendre.

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Ce dernier, victime d’un accident vasculaire cérébral le 24 octobre dernier, se remet loin du Gabon. En convalescence chez son homologue et ami marocain, Mohammed VI, il ne s’est, pour l’heure, pas exprimé sur les événements. Sa dernière apparition date du 31 décembre 2018 lors de son adresse à la nation. Un vidéo brève dans laquelle il est apparu diminué et affaibli. Un fait qui pour certains exige l’application de l’article 13 de la Constitution et la déclaration de la vacance du pouvoir.

La non-vacance de pouvoir, un élément déclencheur ?

L’article 13 de la Constitution gabonaise prévoit qu’en cas de vacance de la présidence, les pouvoirs sont transférés de manière provisoire au Président du Sénat qui sous 30 à 60 jours est tenu d’organiser de nouvelles élections. Or, jugeant que la Constitution présente un vide, la Cour Constitutionnelle, tristement célèbre pour pencher en faveur du pouvoir en place, a décidé de l’ajout d’un alinéa. Ainsi, elle a conféré au Vice-Président certains pouvoirs afin d’assurer le bon fonctionnement de l’Etat.

La non application de ce fameux article 13 et sa réécriture ont une importance capitale dans les récents événements au Gabon. En effet, si Ali Bongo ne jouit déjà pas d’une forte popularité depuis le scrutin de 2016 et la crise post-électorale qui a suivi, ses récents problèmes de santé n’ont rien fait pour arranger sa situation. Le manque de transparence et de communication sur sa capacité ou non à assurer la fonction de président ont semblent-il, été le déclencheur de l’action du commando du 7 janvier.

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Dans son communiqué, le Lieutenant Kelly Ondo Obiang affirmait « Le message à la nation du Chef de l’Etat Ali Bongo visant à clore le débat sur sa santé a plutôt renforcé les doutes sur sa capacité à assumer les lourdes charges liées à la fonctions de président de la République ».

Il faut sauver le soldat Gabon ? 

Laurence Ndong, enseignante chercheur par ailleurs membre de la Coalition « Tournons la page », abonde dans ce sens. Tout en condamnant la forme, elle assure que ce message est un écho de la pensée du peuple gabonais. « Ce qu’exprime ce commando, c’est vraiment ce que pense le peuple gabonais. », a-t-elle dit dans plusieurs médias. Il en va de même pour le leader de la société civile Marc Ona Essangui qui se veut alarmant sur la situation du Gabon. « il y a un ras-le-bol à tous les niveaux. Et ça se fait sentir même dans la garde républicaine. » affirme-t-il.

Rappelons que la Garde Républicaine (GR) est une force spéciale ayant pour but la protection du président de la République. Si le gouvernement parle d’un « groupe de plaisantins », il ne fait nul doute que le Gabon s’enlise dans une crise qui perdure depuis un bon moment.

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Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Afrique Post News ». Benin Times n’es pas l’auteur de ce dernier.

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