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Gabon : pourquoi la victoire du PDG est dévastatrice pour l’opposition et ouvre la voie à une réélection d’Ali Bongo en 2023

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Ali Bongo OndimbaAli Bongo Ondimba
Ali Bongo Ondimba

Libreville (Africapostnews) – Au Gabon, le parti démocratique gabonais (PDG – au pouvoir) est encore dans l’euphorie de sa double victoire aux législatives et aux locales qu’il n’espérait pas si large. Dans l’opposition on a la gueule de bois et on mesure l’étendue des dégâts. Seuls quelques proches de Jean Ping partisans du boycott savourent en privé « la raclée » infligée aux « traites », mot par lequel ils désignent les opposants qui estimaient le boycott contre-productif.

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Régulièrement accusé de fraude massive aux différentes élections organisées au Gabon depuis 1990, le PDG a remporté pour la première fois une élection « à la régulière ». Certes, il y a eu à certains endroits des tentatives d’intimidation, l’achat d’électeurs et peut-être même quelques bourrages d’urnes. Cependant, il ne fait aucun doute que les électeurs gabonais qui se sont exprimés le 6 octobre dernier se sont prononcés majoritairement en faveur du PDG. La victoire du parti d’Ali Bongo est si nette que pour la première fois dans l’histoire récente du Gabon, des opposants ont publiquement reconnu leur défaite et certains d’entre eux, ont même eu l’élégance d’appeler leurs adversaires sortis vainqueur pour les féliciter.

Pourtant, cette large défaite de l’opposition dans les urnes est dévastatrice. Deux ans à peine après une élection présidentielle où elle a surpris le pouvoir et mis en difficulté le président sortant comme jamais auparavant, l’opposition n’a pas su rééditer l’exploit. Divisée, elle a souffert de l’abstention massive de ses électeurs quand en face, les électeurs du parti au pouvoir se sont mobilisés, bien que parfois aidés par quelques billets de banque distribués ci et là ou par la mise à disposition de bus de transport pour aller voter à l’intérieur du pays.

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Tout le monde dans la classe politique a bien compris que Jean Ping était favorable au boycott

L’opposition a aussi souffert de la position de Jean Ping qu’un candidat de l’Union nationale (UN – opposition) n’a pas hésité à qualifier d’«égoïste et indigne d’un homme pour lequel toutes les têtes d’affiches de l’opposition ont sacrifié leur ambition en 2016 ». En effet, Jean Ping a soufflé le chaud et le froid sur les élections législatives et locales. Si publiquement, il a indiqué que « ceux qui veulent y participer peuvent y aller et ceux qui ne le souhaitent pas doivent respecter le choix de ceux qui y vont », tout le monde dans la classe politique a bien compris que Jean Ping était plutôt favorable au boycott « de peur peut-être de voir contester son leadership dans l’opposition par Alexandre Barro Chambrier, Guy Nzouba Ndama ou encore Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi dans l’hypothèse où ils siégeaient au parlement avec une cohorte d’élus sur lesquels Jean Ping n’auraient eu aucune prise », nous indiquait un responsable du parti Union & Solidarité au début du mois d’octobre.

Pour appuyer ses affirmations, ce responsable rappelait que si officiellement Jean Ping n’a pas choisi entre le boycott et la participation aux élections, c’est son QG de campagne de 2016 qui accueillait toutes les manifestations et sorties médiatiques des partisans du boycott. « Le message était clair », lâche-t-il.

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La défaite de l’opposition aux dernières élections ne sera pas sans conséquence pour son avenir. En effet, au sein de l’UN, du Rassemblement Héritage & Modernité (RHM) et du parti Les Démocratiques (LD), plusieurs militants et responsables ne cachent pas leur amertume et leur ressentiment envers les partisans de Jean Ping qui pendant toute la période de campagne les ont ostracisé et traités de tous les noms. « Par leur attitude, ils ont tué toutes possibilité d’une large coalition de l’opposition à la prochaine élection présidentielle. Plus personne ne sacrifiera son ambition pour Jean Ping, Eyéghé Ndong où l’un de ceux-là. La seule chose qui compte pour eux c’est leur intérêt personnel. Ali Bongo sera très probablement réélu en 2023 à la régulière », s’est exprimé un internaute sur le groupe Facebook Infos Kinguélé qui réunit des dizaines de milliers de gabonais. Sur la même plateforme, un autre internaute écrivait « faut espérer que ceux qui ont prôné le boycott soient constants et fassent de même en 2023 au moment de l’élection présidentielle ».

Ali Bongo peut regarder l’échéance de 2023 avec sérénité

L’opposition gabonaise est donc bien plus divisée qu’elle ne l’était auparavant et semble pour le moins irréconciliable. Du pain béni pour le pouvoir et Ali Bongo qui peuvent regarder l’échéance de 2023 avec sérénité. En effet, les élections présidentielles se déroulent toujours en un tour unique et celles de 2009 et 2016 ont montré que l’opposition n’inquiète le pouvoir que lorsqu’elle est dans une dynamique unitaire.

Aux divisions de l’opposition, un autre débat va s’imposer par la force des choses à ce bord politique : l’âge de ses principaux leaders. Jean Ping, Zacharie Myboto, Casimir Oyé Mba, Jean Eyéghé Ndong, Jean-François Ntoutoume Emane, Guy Nzouba Ndama, etc. Ils sont nombreux à avoir plus de 70 ans. Certains d’entre eux sont même octogénaires. Cela pose plus que jamais la question du renouvellement des leaders dans l’opposition. D’autant que le PDG qui a terrassé l’opposition s’est lui-même imposé une cure de rajeunissement à marche forcée et ses excroissances comme l’association des jeunes émergents volontaires (AJEV) promue par le Directeur de cabinet d’Ali Bongo, Brice Laccruche Alihanga, constituent un vivier où le PDG n’a pas hésité à puiser des candidats jeunes et souvent issus de la société civile.

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C’est donc toute l’opposition gabonaise qui est sortie perdante du double scrutin du 6 octobre et pas uniquement celle qui s’est refusée de boycotter le scrutin. Si les opposants partisans du boycott qui se réjouissent, étonnement, de la défaite des personnalités de leur bord politique ne semblent pas s’en rendre compte, le parti au pouvoir, lui, a bien compris qu’il vient marquer un point décisif dans la perspective de 2023.

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Afrique Post News ». Benin Times n’es pas l’auteur de ce dernier.

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