Accueil International

Décès de l’ancien président zimbabwéen : Robert Mugabe, un héros à célébrer

Décès de l’ancien président zimbabwéen : Robert Mugabe, un héros à célébrer | Benin Times
Décès de l’ancien président zimbabwéen : Robert Mugabe, un héros à célébrer

L’ancien président du Zimbabwe, Robert Mugabe, est passé de vie à trépas dans la nuit de jeudi 5 au vendredi 06 septembre 2019, à l’âge de 95 ans à Singapour ou il était hospitalisé depuis cinq mois. L’Afrique vient de perdre l’un de ses dignes héros qui mérite reconnaissance.

Icône de la libération de son pays, héros de la guerre d’indépendance, panafricaniste… Robert Mugabe suite à sa mort, mérite d’être magnifié. En effet, le père de l’indépendance du Zimbabwe, a rendu l’âme. On retiendra de lui sa lutte contre le colonialisme.

Combattant acharné

En effet, depuis 1960, Robert Mugabe s’est engagé dans la lutte contre la métropole anglaise incarnée par le régime raciste de Ian Smith. Ce qui lui a valu 10 ans d’emprisonnement sans procès pour avoir critiqué le gouvernement de la Rhodésie en 1964.

En 1979, Robert Mugabe à la tête de la Zanu en tandem avec de Joshua Nkomo de la Zapu, l’autre figure de proue de la lutte pour l’émancipation de son pays, s’allièrent dans un Front patriotique pour aller ensemble aux négociations constitutionnelles de Lancaster House dirigées par Lord Carrington. La suite, on la connait.

Chef de l’un des mouvements de guérilla contre le régime blanc raciste de Ian Smith, il est devenu chef d’Etat après l’indépendance du Zimbabwe en 1980. Il reste donc un héros du combat contre le néocolonialisme en Afrique.

Bâtisseur

Robert Mugabe devenu chef d’Etat après l’indépendance en 1980, a impulsé une dynamique aux politiques sociales et économiques de son pays. En ce qui concerne l’accès à l’éducation pour les Noirs après 1980, Robert Mugabe a été le fer de lance de cette politique d’éducation pour tous.

En effet, dans tous les secteurs de l’éducation, des décisions hardies et incitatives gouvernementales ont contribué à résultats inédits.

Et en matière d’économie, Mugabe a été un artisan de l’émergence économique de son pays en dépit des sanctions des occidentaux. En effet, bien avant les mesures punitives qui ont été initiées contre le Zimbabwe, le pays de Robert Mugabe a toujours enregistré chaque année un excédent commercial et une croissance économique assez sensible à deux chiffres.

Lire aussi  Donald Trump durcit la politique d’immigration et d’accueil de réfugiés

Dès sa prise de pouvoir, Robert Mugabe a su permettre à son pays de tirer profit de ses énormes ressources naturelles et des terres fertiles pour faire le maïs, le tabac, le café et le cacao. Et depuis 2000, le Zimbabwe a saisi et redistribué de force la plupart des fermes commerciales appartenant à des Blancs. Ce qui a fait lever le sourcil aux occidentaux.

Panafricaniste

La contribution de Robert Mugabe est incontestable en matière de panafricanisme, un mouvement politique qui promeut l’indépendance du continent africain et encourage la pratique de la solidarité entre les africains et les personnes d’ascendance africaine où qu’ils soient dans le monde.

Et cet élan, Robert Mugabe l’a affiché dès le début de sa prise de pouvoir. On comprend dès lors cette invite spéciale qu’il a faite à Bob Marley, la star mondiale du reggae qui est venue animer le concert de l’indépendance de ce pays en 1980.

Robert Mugabe s’est toujours inscrit dans cette vision panafricaniste qui est à la fois une vision sociale, économique, culturelle et politique d’émancipation des Africains. Mieux, ce mouvement vise à unifier les Africains du continent et de la diaspora.

L’ex président Zimbabwéen a toujours dit sans ambages que les peuples d’Afrique et de la diaspora partagent une histoire et une destinée commune. Pour cela, leurs progrès sociaux, économiques et politiques sont liés à leur unité. D’où son soutien indéfectible aux mouvements d’émancipation en Afrique. C’est pour cela qu’il a soutenu à corps émoulu l’ANC en Afrique du Sud los de l’apartheid, jusqu’à la victoire finale de l’ANC.

Lire aussi  « Convergences de vues » entre Alger et Brazzaville (communiqué)

Et quand il a intégré l’OUA, l’ancêtre de l’UA, il a toujours contribué à la réalisation d’une organisation politique intégrée de toutes les Nations et peuples d’Afrique. En matière d’organisation politique en Afrique, sa contribution à la naissance de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe SADC n’est pas négligeable.

En 1992, 12 ans après l’indépendance de son pays, il a été la tête de pont de la région qui a voulu que cette région passe de la Conférence de coordination pour le développement de l’Afrique australe (SADCC) avec ses neufs pays de la ligne de front (Angola, Botswana, Lesotho, Malawi, Mozambique, Swaziland, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe) en vue de l’intégration de la Namibie, au lendemain de son indépendance et de l’Afrique du Sud en attendant la fin de l’apartheid. Il a été visionnaire puisque deux ans après la SADC, Nelson Mandela a été élu président de l’Afrique du Sud et son pays accueilli dans cette organisation sous régionale.

Dire de Robert Mugabe qu’il est un bâtisseur, une Icône de la libération de son pays, un héros de la guerre d’indépendance, un panafricaniste… rien de tout cela ne relève de couronnes fanées ni d’un humour caustique comme certains tentent de le faire.

Ceux qui tentent de peindre en noir Robert Mugabe savent tous les coups qu’ils ont orchestrés pour le déstabiliser. Et en la matière, la métropole anglaise doit balayer devant sa porte, elle qui n’a pas digéré l’indépendance de ce pays et qui a toujours comploté contre lui et qui n’a jamais honoré ses engagements. Sans oublier que les colons blancs restés au Zimbabwe n’étaient que le prolongement des coups bas.

Par Germain TEKLY, Correspondant en France.

Source: Benin 24

Commentaires Facebook