Home International Attiéké labellisé : la délégation burkinabé au SARA 2019 clarifie la situation

Attiéké labellisé : la délégation burkinabé au SARA 2019 clarifie la situation

Attiéké labellisé : la délégation burkinabé au SARA 2019 clarifie la situation
Attiéké labellisé : la délégation burkinabé au SARA 2019 clarifie la situation

Un responsable de la délégation burkinabè présente au SARA 2019 se prononce sur la polémique portant sur la prétendue « labellisation de l’attiéké ivoirien par le Burkina Faso ». L’affaire a fait couler beaucoup de salive ces derniers jours.

Le 22 novembre dernier, en marge de l’ouverture de la 5ème édition du Salon de l’Agriculture et des Ressources animales, qui s’est tenu jusqu’au 1er décembre, sur la route de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, le fonds de dotation Pierre Castel a remis son prix éponyme aux entrepreneures ivoirienne Glawdys Yao, camerounaise Diana Mfondoum et burkinabè Florence Bassono. Cependant après la remise des prix, dotés chacun d’une enveloppe de 10 millions FCFA, Florence Bassono s’est retrouvée, malgré elle, au centre d’une polémique. A cause du nom de son entreprise « Faso Attiéké », de nombreux internautes ont à l’instant même fait le reproche au Burkina Faso d’avoir « labellisé l’attiéké ivoirien« . Par contre, d’autres incriminaient les autorités ivoiriennes pour leur laxisme.

Enfin, une troisième partie envenimait la situation en se moquant des Ivoiriens qui ont été délestés d’un produit alimentaire et identitaire phare « pendant qu’ils dormaient« . Le ministère du Commerce et de l’Industrie a réagi dans la foulée : « Nous élevons une vive protestation contre l’utilisation de ce nom lors d’une cérémonie de récompense. Sans l’accord préalable des autorités ivoiriennes compétentes et celles de l’OAPI« . Le département de Souleymane Diarrassouba a ajouté avoir saisi les autorités burkinabé, qui « ont démenti toute labellisation de ce produit« .

Du côté burkinabé, « Faso Attiéké » a donné une replique à l’accusation du ministère ivoirien, clarifiant que son nom avait été protégé auprès de l’OAPI depuis 2011. De surcroît, elle peut se fier au soutien de son gouvernement. Dans un communiqué, le ministre burkinabé du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, a salué le succès de sa compatriote et expliqué que son pays n’a pas labellisé l’attiéké. « Le fait qu’une entreprise de droit privé Burkinabé protège le nom commercial (Faso Attiéké) de son produit n’équivaut pas à une labellisation de l’attiéké, ni par elle, ni par le pays d’origine de son entreprise« , a conclu l’homme d’Etat.

« Tout cela est dû à un déficit de communication« , selon Prosper Zemba. Ce membre de la délégation burkinabé, présent au SARA 2019, a confié à notre source Tembo que le projet de Florence Bassono, qui a bénéficié du prix Pierre Castel, a été jugé sur plusieurs critères comme l’innovation, l’employabilité des femmes dans son entreprise, etc. « Le fameux label qui a créé la polémique, c’est le nom, c’est sa touche personnelle. Mais ce n’est pas l’attiéké ivoirien qui a été labellisé, puisque l’attiéké est et demeure ivoirien« , a fait comprendre le cadre de la direction générale des productions végétales au ministère de l’Agriculture du Burkina Faso.

La labellisation du nom « Faso Attiéké » permet donc à l’entrepreneure, qui emploie 42 personnes dont 37 femmes, de protéger son activité, et aux personnes désirant produire de l’attiéké au regard de son processus de satisfaire à ses cahiers de charge et pouvoir peut-être porter le nom de son label. Ensuite, Prosper Zemba ajoute que beaucoup d’Ivoiriens peuvent faire pareil, en labellisant leur manière de faire l’attiéké « Cela permettra de reconnaître leur produit parmi tant d’autres « . Pour rappel, l’attiéké est beaucoup consommé au Burkina Faso. La délicieuse semoule de manioc est entrée dans les habitudes alimentaires des hommes intègres, a annoncé Prosper Zemba.

Certains achètent l’attiéké déjà fait, mais il est également transformé sur place par des femmes qui ont longtemps vécu en Côte d’Ivoire et ont appris auprès de faiseuses d’attiéké ivoiriennes. Personne ne saurait ignorer la longue histoire commune qui lie les deux pays voisins. La différence entre les deux « attiékés » pourrait se ressentir, d’après le même interlocuteur, en considérant la taille des grains. L’attiéké consommé au Burkina Faso est fait essentiellement à base de manioc ivoirien, que le pays des hommes intègres importe en grande quantité, généralement sous forme de pâte.

Le manioc est certes produit sur place, dans l’ouest du pays, toutefois les quantités ne satisfont pas la demande nationale. A côté de la Côte d’Ivoire, le Ghana est également un important exportateur de manioc vers le Burkina Faso. Mais, finalement, le produit transformé est « ivoirien ».

Commentaires Facebook