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Journée internationale des filles avec Angélique Kidjo à Sô-Ava: Mobiliser toutes les énergies contre le mariage des filles

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L’ambassadrice de l’Unicef, Angélique Kidjo, a visité, ce mercredi 11 octobre, la commune de Sô-Ava où elle a rencontré les filles qui subissent le phénomène du mariage précoce et des violences basées sur le genre. C’était en compagnie des autorités politico-administratives et des partenaires de la lutte.

26 cas de mariages forcés et 12 cas de viol en 2016, et pour le premier semestre 2017, déjà 27 unions forcées et 9 viols. Telles sont les statistiques fournies, ce mercredi 11 octobre à l’hôtel de ville de la commune par Flora Hounkpè, chef centre de promotion sociale de Sô-Ava. Elle nuance que ces chiffres n’incluent nullement ceux couverts par le mur du silence. Tout en peignant le tableau sombre de la situation que vivent les filles, la responsable du centre de promotion sociale a noté que les droits des enfants ne sont pas respectés.
Pour Flora Hounkpè, le centre de promotion sociale et la gendarmerie gèrent les cas portés à leur connaissance. Et il est inconcevable que certains gardiens de la tradition se permettent de couvrir la voix des filles violées de nuit par 4 ou 5 hommes à la fois.
Pour la prise en charge des filles, la responsable du centre de promotion sociale explique que les psychologues, médecins et d’autres compétences sont mis à contribution pour soulager les victimes de mariage forcé et de viol. Il arrive que le centre appuie les mères des victimes dans la création d’activités génératrices de revenus.
Une situation que confirme le deuxième adjoint au maire de Sô-Ava, Bienvenu Houssou. « Le problème de mariage forcé et de la maltraitance des enfants évolue. Cela ne justifie pas que rien n’a été fait. Chaque jour, nous nous battons et avons besoin de votre soutien pour éradiquer le phénomène », plaide-t-il. Selon le deuxième adjoint au maire, la commune attend l’appui de l’ambassadrice pour la sensibilisation surtout que la plupart des populations sont analphabètes. « Les viols sont à bannir. Pourquoi les hommes de Sô-Ava ne se lèvent-ils pas contre la minorité de ceux qui s’adonnent à cette pratique ? Je suis-là pour que les avancées de ce jour aboutissent à une prise de conscience pour établir quelque chose de plus durable », insiste Angélique Kidjo, l’ambassadrice de l’Unicef qui s’est entretenue en aparté d’abord avec les filles mères avant de rallier la salle de conférences de l’hôtel de ville. « Les filles ne peuvent pas être des mères ; je vous prie de nous aider, les parents, les jeunes et tous les autres, levez-vous afin que nous y mettions fin parce que je sais que nous en sommes capables », lance Angélique Kidjo pour qui les hommes qui mettent les gamines au lit sont des lâches. « C’est une honte et elle doit être portée à la face du monde afin que des dispositions durables soient adoptées », suggère vivement l’ambassadrice, invitant quelques membres de l’assistance à faire des propositions dans ce sens.

Non aux violences !

Lors de la rencontre de l’ambassadrice de l’Unicef avec les élèves du collège de Sô-Ava, quelques instants plus tard,
Géneviève Kakessou, porte-parole des élèves, a expliqué comment nombre d’entre elles n’arrivent pas à finir les études parce que ployant sous le poids des grossesses précoces et des mariages forcés. La célébration de la Journée internationale des filles en sa présence constitue, relève-t-elle, une très grande opportunité en ce qu’elle aboutira à un plaidoyer en vue d’une solution définitive au phénomène. « Non aux violences faites aux filles et non aux grossesses précoces et mariages forcés », lance-t-elle, invitant tous les dirigeants et les autres acteurs à se donner la main pour mettre fin à ce que les filles vivent.
S’inscrivant dans la même dynamique, Firmin Dossou, le surveillant général du collège d’enseignement général de Sô-Ava représentant le directeur, corrobore l’amer constat de la situation décrite plus tôt par son élève et compte sur la détermination de l’ambassadrice. Il espère que sa visite apportera du souffle à l’éradication du phénomène.
« Un homme ne viole pas, ne force pas une femme pour entretenir des rapports avec elle ; celui qui le fait est un lâche ; les garçons et les filles ont les mêmes droits », répond-elle, invitant les garçons à protéger leurs sœurs et futures compagnes de la vie. « Dénoncez et ne soyez pas silencieux. Exigez qu’on vous écoute afin que nous ayons les résultats », conseille-t-elle, demandant que la gendarmerie soit dotée de moyens pour obtenir des résultats dans cette lutte.
Cette descente de l’ambassadrice de l’Unicef à Sô-Ava s’effectue en prélude à une rencontre de haut niveau pour mettre fin au mariage des enfants qui se tient à Dakar, du 23 au 25 octobre prochain.

Didier Pascal DOGUE

Source : aCotonou

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