Samir Abdelkrim, fondateur de StartupBRICS.com : "En Afrique la révolution numérique est...

Samir Abdelkrim, fondateur de StartupBRICS.com : "En Afrique la révolution numérique est déjà en marche, depuis plusieurs années"

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Avertissement : cet entretien avait été réalisé il y a un an. C’est en septembre 2014 que nous avions rencontré Samir Abdelkrim à Cotonou.  Ce blogueur est l’auteur de Startupbrics.com, un site qui traite de l’actualité des nouvelles technologies dans les pays émergents (BRICS). Il y a un an il avait séjourné quelques temps à Cotonou dans le cadre d’une tournée africaine (l’initiative TECHAfrique) pour aller au contact de ceux qui font la vie des nouvelles technologies dans les pays africains (surtout francophones).

Samir Abdelkrim est consultant et chroniqueur dans divers grands médias français . Il publie régulièrement sur Les Echos et Le Monde Afrique. Samir, est un habitué des grands rendez geek et Tech de la planète : du festival SXSW aux Etats Unis aux DemoAfrica de Lagos en passant par Nairobi et New Dehli.

Dans cet entretien, nous avons évoqué la genèse de Startupbrics.com, l’état de l’innovation numérique en Afrique et le cas du Bénin en particulier.

Bonjour Samir, peux-tu nous présenter brièvement le blog StartupBRICS.com ?

Bonjour 🙂 Alors rapidement mon parcours : blogueur, consultant et expert en développement international, j’ai fondé le blog StartupBRICS.com en juin 2013. Entre 2006 et 2012, j’ai notamment construit mon expertise en travaillant sur l’émergence d’écosystèmes favorables à la création de startups et à l’innovation dans les pays d’Afrique du Nord et du Proche Orient. StartupBRICS.com est un blog  centré sur l’innovation dans les pays émergents. En un an le projet s’est fortement internationalisé avec des experts directement présents sur le terrain, en Inde où nous sommes en train de développer une offre de services pour les startups françaises souhaitant s’y développer, en Chine et depuis peu au Brésil.

D’où est venu l’idée de lancer cette initiative ?

J’ai fondé StartupBRICS.com au début de l’été 2013  en constatant un réel besoin (et surtout un manque) d’informations sur les startups des BRICS ainsi que sur les opportunités numériques offertes par les pays émergents.

Tu es en Afrique dans le cadre de Techafrique, une idée originale que tu as créée et qui t’amène à la rencontre de « l’Afrique 2.0 ». De quoi s’agit-il concrètement ?

#TECHAfrique, un voyage de plusieurs mois à travers l’Afrique 2.0 dont l’objectif est de rencontrer et de valoriser les startups et incubateurs qui animent les différents écosystèmes numériques du continent africain. TECHAfrique. Lancé sur le terrain en mai avec symboliquement comme première escale Dakar, hub numérique de l’Afrique francophone qui monte en puissance depuis 2011, #TECHAfrique passera plusieurs mois sur le terrain à travers 8 pays africains, de la Côte d’Ivoire au Togo, en passant le Mali, le Kenya et l’Afrique du Sud.

Ce tour d’Afrique des startups et autres pools d’innovations sur le continent t’a déjà emmené au Sénégal, au Togo, au Mali, en Côte-d’Ivoire. Que peut-on dire de l’état des innovations technologiques dans ces pays (francophones) ?

En Afrique la révolution numérique est déjà en marche, depuis plusieurs années : silencieusement le continent a accompli a une vitesse incroyable, une révolution dont nous sommes tous les acteurs a travers un simple objet : nos téléphone mobile. Les africains ont accompli un véritable saut générationnel en passant directement au téléphone mobile, sans passer par le PC ou le téléphone fixe. En Afrique, la technologie n’est pas un gadget. Elle répond à des nécessités vitales et ici si les freins à l’entrepreneuriat ne manquent pas (difficultés pour les jeunes sociétés de trouver des financements auprès des banques, manque de talents qualifiés, difficultés pour les jeunes startups malienne de trouver un mentor qualifié, etc.) de plus en plus de startups voient néanmoins le jour, car face aux nombreux blocages rencontrés dans les secteurs économiques traditionnels, les nouvelles technologies permettent une certaine agilité . J’ai lancé le projet TECHAfrique avec une ferme conviction : si l’Afrique Anglophone possède les scènes startups les plus en vue et dispose des écosystèmes startup les plus dynamiques avec par exemple Nairobi ou Lagos, l’Afrique francophone dispose aussi de belles cartes à jouer en matière d’innovation et d’entrepreneuriat technologique. Mon premier pays fut le Sénégal, et mon séjour à Dakar en immersion auprès des communautés Tech locales m’a convaincu que mon intuition était la bonne.

Depuis samedi tu as également l’occasion de rencontrer d’autres personnes. Tu as par exemple visité Etri-Labs, un incubateur de startups, que penses-tu du paysage technologique béninois ?

Ici l’écosystème est encore balbutiant et le pays ne dispose pas encore d’un véritable incubateur TIC pouvant jouer un rôle moteur, à l’image de ce qui existe au Sénégal avec le CTIC Dakar. Ou même du côté d’Abidjan qui vient d’inaugurer son premier accélérateur international avec Orange Fab. Cependant ici et là les premières communautés Tech béninoises commencent à se structurer et à s’organiser : Etrilabs, café des TICS… les évènements organisées par ces hubs rassemblent à chaque fois plusieurs dizaines de participants : les premières graines qui, demain, nourriront à leur tour et feront grandir l’écosystème béninois !

Quel message voudrais-tu lancer à l’endroit des jeunes et toutes les personnes qui s’investissent dans les nouvelles technologies au Bénin ?

Un entrepreneur construit sa vie et vit de sa passion. En ce sens l’Afrique est une nation d’entrepreneurs : ici on nous fait peu de cadeau et rien n est acquis, il faut se battre tous les jours pour améliorer sa vie et faire bouger les choses. Ce qui manque aux écosystèmes francophone pour décoller ? Les compétences, l’expérience, mais surtout créer des produits que le monde entier a envie d utiliser pas seulement les africains. C’est ce que le Ghana ou le Nigeria a su faire. Préparez vous car dans les 5 prochaines années, les investisseurs vont affluer en Afrique, notamment dans le secteur du numérique… et il faut que vous soyez prêt !

Benin tech

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