Cinq questions à Patrice Tossavi, l’initiateur du hashtag #wasexo

Cinq questions à Patrice Tossavi, l’initiateur du hashtag #wasexo

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Il y a un mois environ, le hashtag #wasexo a été introduit sur les réseaux sociaux au Bénin. Très vite, il est adopté par de nombreux utilisateurs aussi bien sur le plan national que de l’extérieur. Peu à peu, ce mot-dièse s’impose comme le hashtag identitaire du Bénin à l’image du #kebetu sénégalais ou du #Iwili burkinabé. J’ai posé quelques questions à Patrice Tossavi*, celui qui a eu la géniale idée de lancer ce hashtag au sujet de son initiative.

1- Bonjour Patrice, comment est venue l’idée du hashtag #wasexo ?

L’idée du hashtag #wasexo est venue par ma soif de l’actualité, surtout béninoise. Par le passé, j’avais mis en place des outils de veille informationnelle sur mon PC notamment des Google Alertes par mail sur toute actualité contenant le mot Bénin de même qu’un logiciel d’agrégation des flux d’information RSS publiée par la presse béninoise en ligne.

Avec l’avènement des réseaux sociaux, je me suis abonné à plusieurs pages Facebook et comptes Twitter, toujours pour rester informé  en temps réel. Mais si parcourir toutes ces plateformes web semble fastidieux pour un professionnel du web comme moi, pour un béninois lambda qui a difficilement accès à internet et qui ne sait, peut-être, rien des flux RSS et Google Alerte, je me dis que la meilleure solution est encore bien loin.

Dans mes recherches, j’ai découvert un portail web sénégalais www.kebetweets.com sur lequel sont synchronisées via des hashtags (mots-clés précédé du symbole #), toutes les informations relatives au Sénégal et publiées soit sur un site web ou à travers les réseaux sociaux. En regardant de près, je me suis rendu compte qu’ils ont adopté le hashtag #kebetu (kebetu en Wolof, langue majoritairement parlée au Sénégal signifie gazouiller (tweeter)).

C’est ainsi que j’ai commencé par chercher un terme typiquement béninois pour faire un hashtag identitaire à côté de #benin et #team229 déjà utilisés par beaucoup de béninois.

2- Dans plusieurs langues locales (dont deux des plus parlées, le goun et le fon), wasexo veut dire littéralement « venez entendre parler ». C’est aussi le titre d’une émission très populaire sur une radio privée locale. Une sorte de revue de presse des faits divers. C’est ce qui vous a inspiré?

Ce n’est pas le titre de cette émission qui m’a inspiré. J’ai essayé plusieurs combinaisons avant d’y arriver. J’ai tenté des termes en langues Fon, Goun, Sahouè, Adja et Mina. Mais ceux ci me paraissait désagréable à l’écoute.

En fait, je tenais à avoir un terme facile à écrire sans le « franciser ». Quand dans mes pensées, est passé l’expression « Wa sé xo », j’avais même perdu de vue qu’il y avait une telle émission. Et mon premier réflexe a été de voir sa disponibilité sur Internet aussi bien comme hashtag que nom d’utilisateur Facebook, Twitter, Google+ … et surtout comme nom de domaine pour l’adresse du site web.

3- Les Béninois ont déjà expérimenté plusieurs hashtags par le passé (sans grand succès). Qu’attendez-vous réellement de celui-ci ?

Ce hashtag est comme un challenge personnel ! Celui de pouvoir offrir aux béninois d’ici et d’ailleurs, une plateforme web unique sur laquelle ils peuvent accéder à toute l’actualité sur leur patrie, que ce soit sur les réseaux sociaux comme sur les sites web de la presse. Au-delà du hashtag #wasexo, il faut voir le portail www.wasexo.com sur lequel on synchronise à la seconde près toute information publiée sur le Bénin et comportant les hashtags #wasexo, #benin et #team229. Je cite ces deux derniers parce qu’ils se sont déjà imposés de fait et on n’a aucun intérêt à les abandonner.

La preuve, si vous faites des recherches sur le hashtag #benin, vous verrez des publications en Anglais ou en Chinois qui n’ont pas forcément un lien avec le Bénin mais simplement parce qu’ils comportent le mot benin.

Pour que #wasexo connaisse un succès contrairement aux autres, ce sera de notre engagement à nous tous. De même, les outils technologiques nous donnent assez de moyens de communication.

Si vous visitez les pages Facebook (https://www.facebook.com/wasseho) et Twitter (https://twitter.com/wasexo) dédiée à #wasexo, vous verrez que plusieurs publications de la pression béninoise y sont synchronisées avec insertion du hashtag. Ce qui drainera davantage d’audience pour ces sites car nos plateformes récupèrent juste les titres, introductifs et lien d’accès pour permettre au visiteur qui clique d’aller lire le contenu intégral sur le site de l’auteur.

4- Quelles initiatives avez-vous prises pour rendre le hashtag populaire afin que les Béninois l’adoptent dans leurs publications ?

J’ai commencé par utiliser la technique du bouche-à-oreille. J’ai contacté des amis par message privé pour leur présenter l’initiative. Chaque fois qu’un ami y adhère, je lui recommande de commencer par adopter les hashtags #wasexo et #benin cumulativement dans ses publications aussi bien sur Facebook que sur Twitter. J’ai aussi partagé l’information dans plusieurs groupes Facebook et WhatsApp.

Pour un début, je peux dire que la machine n’a pas tardé à démarrer et cela donne de l’espoir.

Cette expérience m’a permis de réaliser l’énorme travail à faire  car il y a plusieurs blogueurs et journalistes très actifs sur les réseaux sociaux qui ne s’y connaissent pas en usage des hashtags. Or ceci devrait leur permettre de pousser plus loin leurs publications. Cela donne sans doute des idées.

5- Vous avez lancé le hashtag il y a moins d’un mois, comment les Béninois l’ont-ils pris sur les réseaux sociaux ?

J’avoue que c’est très encourageant la réaction des béninois. Il faut d’ailleurs dire que c’est l’un des cinq premiers messages de félicitations sur la page Facebook qui m’a rappelé à l’esprit l’émission de la radio privée. L’auteur disait « Félicitations, j’aime trop cette émission ! ». Après ça quelqu’un d’autre m’a dit que c’est le nom d’une émission qui passe sur une télévision privée … et je me suis dit si pour la bonne cause, on se retrouve nombreux à porter le même nom, il faut foncer.

Pour finir, je dirai :

Chers frères et sœurs béninois d’ici et de la diaspora et producteurs de contenu, tout ce que nous pouvons partager comme information publique sur internet, tout béninois a le droit d’y avoir accès et pour ça, un seul geste : insérer le hashtag #wasexo !

A tous les consommateurs de l’information béninoise, adopter www.wasexo.com !

*Patrice Tossavi est informaticien et web master. Il est actuellement en poste à l’Ecole Régionale supérieur de la magistrature (Ersuma) à Porto-Novo. 

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