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Le ministre Homeky sur la suspension du Bénin par la Fifa : «Nous prendrons les dispositions…pour sortir de cette situation»

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Très attendu du public sportif béninois à propos de la suspension du Bénin par la Fifa, le ministre des Sports Oswald Homeky, s’est finalement prononcé. C’était à l’occasion du match de gala qui a opposé les jeunes footballeurs béninois venus du Brésil et les Ecureuils juniors (2-2). Le patron des sports béninois a, en effet, répondu aux questions des journalistes. Lisez plutôt !

Presse sportive : Monsieur le ministre, le 9 mai 2016, lors du Congrès de la Fédération international de football association (Fifa), le Bénin a été suspendu. Quelle est la position du gouvernement béninois face à cette décision ?

Oswald Homeky : Le gouvernement a une position républicaine qui n’a qu’une seule priorité, la réconciliation des acteurs pour le bonheur de la jeunesse béninoise et des passionnés du football en particulier. C’est bien dommage qu’une association nationale qui est totalement indépendante de l’Etat, commette des fautes et que l’application de la sanction se répercute sur tout le pays. Nous n’allons pas réinventer le monde. C’est ainsi que fonctionnent les associations nationales et la Fifa qui est la structure faîtière. Nous prenons acte de ce que nous avons entendu, qui nous a été notifié par écrit. Nous disons que nous prendrons les dispositions avec les acteurs, avec les protagonistes pour pouvoir dans les meilleurs délais sortir de cette situation. Je tiens à dire que j’ai échangé depuis les premières heures de ma prise de service avec tous les acteurs. Je continue de parler avec quelques-uns. J’ai échangé également avec tous ceux qui les entourent à savoir les journalistes, les supporters, les associations sportives amateurs. Le constat que j’ai fait, est que, tous autant qu’ils sont, ils ont été par le passé des passionnés du football. Et puis, vous le savez, à une certaine époque de l’histoire du football de notre pays, ils ont été partenaires. Je veux bien croire que la capacité de chacun d’eux à aller au-delà de ses intérêts personnels, au-delà de ses émotions et de son égo pour sauver la nation, va l’emporter et que bientôt, la raison gagnera le cœur des uns et des autres pour que nous puissions reprendre la situation en main tous ensemble.

On a appris que l’équipe nationale junior joue finalement le 22 mai contre la Lybie en Egypte. Le juge a renvoyé  tout le monde dans une semaine. Dans votre tête en tant que ministre, comment ça se passe ? Comment vous vous sentez dans votre peau ?

Bien évidemment que je me sens mal quand il y a trop d’incertitudes. J’ai demandé aux joueurs de continuer à s’entraîner comme si de rien n’était pour que nous ne soyons pas surpris au cas où, les acteurs se mettaient d’accord…Nous allons continuer à garder le moral haut et à isoler les joueurs de la crise qui oppose les acteurs. Je dis une fois encore que j’ai échangé avec les différents protagonistes. Ce que j’ai entendu me permet de croire aujourd’hui que nous sommes face au mur, et que les émotions, les impulsions, les égos, vont se calmer afin que tous ensemble, nous ayons l’humilité de garder le pays, de regarder notre drapeau, de nous souvenir de la fierté que nous avons quand notre équipe nationale joue en compétition…

On totalise huit points dans le groupe du Mali. On pourrait se qualifier à une Coupe d’Afrique des nations (Can). On joue une véritable course contre la montre, parce que le match est prévu pour la première semaine du mois de juin. Avec la prolongation de la justice, et cette réponse un peu trop fermée de la Fifa, comment pouvons-nous, nous en sortir ?

Il est évident que dans un Etat démocratique, un ministre ne peut donner d’ordre à un juge. Les pouvoirs sont séparés. Le pouvoir exécutif ne peut pas s’immiscer dans la justice comme le pouvoir exécutif ne fait pas immiscion dans le fonctionnement des Fédérations nationales. Mais quand il y a ce genre de situation, il y a une démarche qui s’appelle plaidoyer ; que j’ai d’ailleurs entreprise depuis quelques temps. Je peux croire que les acteurs qui sont au cœur de cette crise sauront se souvenir de l’intérêt national même si les dates sont très proches et qu’on a des raisons d’être inquiets. Maintenant que nous sommes face au mur, chacun d’eux saura se souvenir que le comité exécutif auquel ils aspirent à diriger serait heureux que le pays joue. Nous ne pouvons pas continuer à regarder nos intérêts et sacrifier la passion de tout un peuple. Je voudrais demander à chacun de nous, tous ceux qui sont proches des protagonistes, ainsi que tous les journalistes qui aujourd’hui comptent dans la crise par leurs analyses, leurs chroniques, leurs prises de position, au nom de la République, de s’impliquer en demandant à chacun de ramener la balle à terre pour que nous puissions qualifier notre pays. Moi, je crois et le Chef de l’Etat est en phase avec nous là-dessus, que nous avons encore la capacité de nous entendre pour que vive le football béninois et nous allons y arriver.

Monsieur le ministre, au cas où nous serons sanctionnés, est-ce que le gouvernement Talon a les moyens pour animer sur deux ans le football ?

Le projet que nous avons pour le football béninois et le sport en général est un projet très ambitieux. Je l’ai dit au cours de ma première rencontre avec la presse sportive. Nous allons massivement investir dans les infrastructures, dans la formation et dans l’animation sportive. On va jouer, et ceci, dans toutes les communes, au football, au basket-ball, au handball. On va faire de l’athlétisme, du tennis. On va jouer à tous les sports. Je veux le dire ici, avec la plus grande assurance, que le gouvernement du président Patrice Talon veut massivement investir dans le football, dans le sport pour pouvoir permettre l’épanouissement et l’éclosion de nouveaux talents. C’est pourquoi je fais une fois de plus un plaidoyer à tous les acteurs des Fédérations pour que nous puissions profiter de ce nouveau départ qui est d’abord un nouveau départ pour nos jeunes, pour le pays avant d’être une opportunité pour chacun de nous.  

Propos recueillis par Abdul Fataï SANNI

Matin Libre

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