Foot:Gianni Infantino élu président de la Fifa

Foot:Gianni Infantino élu président de la Fifa

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Le neuvième président de la Fédération internationale de football (Fifa) est donc Gianni Infantino et c’est une mini-surprise. Mini, car qui aurait pu imaginer que le discret chef de l’administration (Secrétaire général) de la confédération européenne de football (Uefa) serait un jour à la tête de la toute-puissante et richissime Fifa (1,5 milliard de dollars de réserves au 31 décembre 2014) ? Il y a encore cinq mois, Gianni Infantino apparaissait aux yeux du grand public comme le simple maître de cérémonie des tirages au sort de compétitions organisées par l’Uefa. Mais le destin de ce Suisse âgé de 45 ans a basculé avec les ennuis de son désormais ex-patron, Michel Platini.

Platini suspendu, Infantino promu

De fait, le Français, président de l’Uefa de 2007 à 2015, était le grandissime favori de l’élection pour la présidence de la Fifa. Mais l’ancien joueur a été mis sur la touche par la justice interne de la Fifa le 8 octobre 2015, pour une affaire d’argent, avant d’être suspendu pour plusieurs années de toute activité liée au football le 21 décembre 2015 (sanction ramenée à six années en appel, le 24 février 2016). L’Uefa, soucieuse de préserver ses intérêts et sa prédominance sur le football mondial, a donc décidé de présenter un candidat de substitution : Infantino, technocrate affable, habile et polyglotte. Un homme consensuel, avec un tropisme africain, capable donc d’arracher quelques précieuses voix au sein du principal réservoir de votes : la Confédération africaine (CAF), alliée au grand rival d’Infantino, le Cheick Salman bin Ibrahim Al Khalifa, président de la Confédération asiatique (AFC).

Ne pas être « européocentré »

« Je me sens comme le candidat de l’Afrique », assurait ainsi Gianni Infantino à rfi.fr à Kigali, en janvier dernier. Sa proposition de disputer des phases finales de Coupe du monde avec davantage d’équipes (40 contre 32 actuellement), dont plus de places pour les pays des autres continents, a peut-être fait mouche. Gianni Infantino partait pourtant de loin. Il avait un autre handicap aux yeux de certains : son appartenance à l’Uefa. Le Secrétaire général a en effet dû voyager dans près de 70 pays en l’espace de quatre mois, avec un objectif : convaincre en Afrique, en Amériques, en Asie et en Océanie, qu’il défend une vision universaliste du football et pas « européocentrée ». Un reproche souvent fait à Michel Platini.

Le lourd héritage de Joseph Blatter

Gianni Infantino a donc en quelque sorte imité son prédécesseur et compatriote, Joseph Blatter, en fédérant les fédérations moins fortunées. Ancien juriste et universitaire passé par le Centre international d’études du sport, celui qui est entré à l’Uefa en 2000 va devoir redorer l’image d’une Fifa écornée par neuf mois de scandales planétaires. La Fédération internationale a adopté une série de réformes visant à juguler la corruption dans le monde du football. Gianni Infantino a fait partie de la Commission qui a mis sur pied ces réformes. Parmi ces mesures, il y a la limitation à trois mandats de quatre ans pour le président de la Fifa. Joseph Blatter, lui, est resté en place 17 ans, jusqu’à sa déchéance et à celle de son ancien allié, devenu rival : Michel Platini.

David Kalfa

(Coll)

Actu Bénin

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