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Elu secrétaire général des Jpsaf : Georges Siriki dévoile les objectifs de l’instrument

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A l’occasion de la 15ème édition des Jeux Paralympiques, Rio 2016 (du 6 au 18 septembre 2016), la famille handisport a mis sur les fonts baptismaux les Jeux para-sports d’Afrique Francophone (Jpsaf). Le secrétariat général a été confié au Béninois Georges Siriki. Dans une interview qu’il nous a accordée, l’actuel secrétaire général de la Fédération béninoise de handisport est revenu sur la genèse des Jpsaf sans oublier les objectifs visés.

Pourquoi la mise en place des Jpsaf?

Il s’agit des Jeux para-sports d’Afrique Francophone (Jpsaf). Il faut noter que depuis des années, les jeux qu’on connaît sous le nom des Jeux de l’avenir des personnes handicapées d’Afrique (Japha) qui se tiennent tous les deux ans dans une capitale africaine ne se sont plus tenus pour des questions de gouvernance. Et ce, malgré les négociations et les discussions, notamment à Londres en 2012 où un certain nombre de pays ont essayé d’appeler le président (un Burkinabè) pour concilier et relancer les choses. Ces jeux sont en train de mourir progressivement. Or, il se trouve que les pays d’Afrique au Sud du Sahara sont majoritairement des pays à faible potentiel économique et qui n’arrivent pas à aller à des compétitions lointaines. Il était question dans un premier temps, d’améliorer l’existence des Japha pour que ces résultats soient reconnus par l’Apc qui est notre structure faîtière au niveau international. Malheureusement, ça n’a pas pris. Après quelques années d’hivernation, tout le monde était d’accord qu’il fallait mettre carrément sur pied une autre structure qu’on a appelé les Jeux para-sports d’Afrique Francophone. L’initiative était partie de deux pays, le Cameroun et le Niger. C’est ainsi qu’on a profité des Jeux de Rio qui était un grand creuset où on était certain d’avoir la majorité des pays pour porter sur les fonts baptismaux cette association continentale.

Pourquoi la précision «Francophone» ?

Ce n’est pas un complexe des gens qui ne veulent pas se décoloniser. C’est pour rester en adéquation avec les statuts de l’Apc, African paralympique commuty, qui est notre Confédération et qui a divisé le continent en zone linguistique. Il y a la zone francophone, lusophone, arabophone, et anglophone. Au niveau de notre zone francophone, on a crubon de mettre sur pied cet instrument où on va se retrouver tous les deux ans dans une capitale africaine, et cette fois-ci, avec la bénédiction de l’Apc et de l’Ipc pour pouvoir avoir des qualifications à proximité. Il est plus facile d’aller à Abidjan, à Niamey pour se qualifier que d’aller à Athènes, ou à Toronto. Voilà un peu comment l’idée est arrivée.

Qu’est-ce qu’on peut attendre de cette association et qu’elles sont ses priorités ?

Pouvoir déjà tenir la première édition des Jpsaf. Les membres du bureau exécutif ont déjà tenu une première réunion à Rio. On s’est donné un an pour tenir les premiers Jeux para-sports d’Afrique francophone. Je voudrais noter au passage qu’on a fait une petite ouverture  pour ne pas laisser en rade, des pays ‘’puissants’’ comme le Nigéria et le Ghana qui ne sont pas francophones mais qui sont bien côtés sur le plan continental. Il faut savoir que le Nigéria était 20e au niveau des Jeux paralympiques de Rio et 1er au niveau africain. Dans les textes, on a laissé une petite ouverture pour dire, nonobstant les pays francophones, que tout pays ayant une autre langue officielle peut toutefois participer aux Jeux. Nous voulons, d’ici un an, organiser des jeux mais avant cela, c’est la formalité de reconnaissance. Cela se fait déjà au niveau du Cameroun. Il faut avouer que le président Jean Marie Aléocole  qui est un Camerounais est très déterminé et je crois que ça compte beaucoup.

Quand on parle d’organisation, c’est beaucoup de moyens. Avez-vous la manne financière pour faire face à une telle organisation dans un an ?

(…) Même le pays qui va organiser ces jeux n’est pas encore déterminé. Il faut reconnaître que plusieurs pays sont en situation délicate sur le plan financier. De toutes les façons, on a bon espoir que les choses se feront d’ici à l’année prochaine. Parce qu’il faut se mettre au travail. Il y a un défi à relever. Il faut dire que la présidence est assurée par le Cameroun. C’est ce pays qui a proposé les textes et a proposé d’abriter le siège. En plus, il est venu avec une lettre ministérielle qui a accordé le siège et offrant un certain nombre de facilités.

A cette Assemblée, le Bénin a été honoré à travers votre personne avec le poste du secrétariat général. N’est-ce pas une satisfaction ?

Satisfaction, oui mais une lourde responsabilité. Encore qu’au Bénin, on n’a pas les coudées-franches pour prendre les postes importants. En plus, le secrétariat général dans un contexte d’organisation de sport est la cheville ouvrière de l’organisation. Et le Bénin a été ainsi honoré même si on a eu quelques hésitations par rapport au soutien au pays. Il faut écrire l’histoire de son temps.

Comment se porte le sport paralympique au Bénin pour clore cet entretien ?

Permettez-moi de dire que le sport paralympique au niveau des compétences sportives, intellectuelles,et de l’administration existe. Aujourd’hui, ceux dont-on a besoin pour faire mieux, c’est un peu de soutien financier. Depuis deux ans, on a essayé d’avoir quelques petits financements d’une Fondation internationale. Malgré les conditions drastiques, on essaie de faire bouger les choses. Depuis 2015,  on n’a pas eu de championnat, également en 2016. Finalement, on est Fédération de quoi ? En tout cas, on fait l’impossible avec le peu de moyens. Je fais foi à la vision du nouveau ministre. On espère que ça va changer pour qu’on ait vraiment un nouveau départ.

Propos recueillis par : Abdul Fataï SANNI


Matin Libre

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