Affaire Fbf/Conor : Quand la justice est malmenée par certains magistrats

Affaire Fbf/Conor : Quand la justice est malmenée par certains magistrats

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Il y a quelques jours seulement, le juge du 3ème cabinet du tribunal de Porto Novo a émis des mandats d'arrêt contre les membres du bureau exécutif de la Fédération Béninoise de Football auto-proclamés le 10 juin 2016. Alors qu'hier le ministre de la justice, dont le cabinet est avocat des mis en cause, a instruit le Procureur de la République près le tribunal de Porto-Novo de faire appel de ses mandats d'arrêt, il y a peu et contre toute attente, on apprend que le président de la cour d'appel de Cotonou par intérim, sous le visa de l'article 628 alinéa 1er du code de procédure pénale, a ordonné le sursis à l'information judiciaire  dans ce dossier au motif que le juge d'instruction en charge dudit dossier a fait l'objet d'une procédure de récusation initiée par certains avocats des fugitifs.

A la lecture de l'article visé, on ne voit pas où il est prévu que le président de la cour d'appel peut ordonner la poursuite d'une information judiciaire d'autant plus que les voies de recours ne permettent même  pas au justiciable d'obtenir le sursis à poursuivre l'instruction judiciaire.

Mieux, les avocats, auteurs des demandes de récusation ne se sont pas constitués dans le dossier. Ils sont donc inconnus du dossier. Ils ne sont pas recevables à soumettre une demande de récusation au président de la cour d'appel. Pour avoir accepté de telles demandes, le conseiller Ogoubi vient d'ouvrir une boite à pandore pour des récusations fantaisistes des juges par des personnes non concernées par les dossiers judiciaires.

Pire, en ordonnant le sursis à l'instruction, une mesure jamais prise par un magistrat béninois,  le magistrat Ogoubi a préjugé en prenant ainsi fait et cause pour les mis en cause contre la décision de justice royalement bafouée par maître Paraiso et les siens.

Au surplus, le juge d'instruction n'a même pas présenté ses observations comme le prescrivent les textes.
Cette fragilisation de la justice, loin de viser le juge Ibrahim Issoudine, constitue un précédent grave qui révèle la vision qu'a de la justice le régime du Nouveau départ et de la Rupture.
En déstabilisant par certains de ses acteurs la justice, le gouvernement s'auto-détruit.

M.M


Matin Libre

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