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Absence du Bénin au championnat d’Afrique de taekwondo : Le capitaine de la sélection Romaric Kiki clarifie

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Frère cadet d’une famille de quatre enfants, tous champions de taekwondo au Bénin dans leurs catégories respectives, Romaric Kiki (26 ans) est un ingénieur agronome de profession. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, il porte son regard critique sur cet art martial qui peine à se développer dans son pays natal. Mais avant, la ceinture noire, 1er DanWtf, déplore l’absence du Bénin à l’édition 2016 de la Coupe d’Afrique de Taekwondo au Port-Saïd (Egypte).

Que peut-on retenir de Romaric Kiki dans le domaine du taekwondo ?

Merci monsieur le journaliste. J’ai débuté la pratique de taekwondo en 1997 et le circuit de compétition en 2000. J’ai notamment été six fois champion junior du Benin dans plusieurs catégories de poids et sept fois champion Senior dans plusieurs catégories dont la présente est celle des poids lourds (+80kg). Au niveau international, j’ai été médaillé de bronze à la dernière coupe du monde francophone de Taekwondo au Sénégal, médaillé de bronze à l’Open Onatel au Burkina-Faso, et médaillé d’Or, il y a juste quelques semaines à l’Open BS de l’Amitié en Côte-d’Ivoire. A ce niveau, il faut retenir que je ne cite que les résultats les plus récents. Mais il faut reconnaître qu’on a peu d’occasion de nous exprimer à l’international. Enfin j’ai été nominé meilleur athlète masculin de taekwondo en 2015 lors de la Nuit des Oscars des sportifs au Bénin.

Vous devriez prendre part du 20 au 22 mai 2016, avec la sélection nationale, à la Coupe d’Afrique, édition 2016. Mais au dernier moment, le Bénin a signé forfait. Qu’est ce qui s’est passé ?

Nous devrions effectivement faire le déplacement sur Port Saïd en Egypte dans le cadre des championnats d’Afrique. Malheureusement, nous  sommes restés à la maison. En effet, on avait déjà raté la dernière édition en Tunisie et pour cela, nous avions fait de notre mieux pour que la Fédération nous fasse les licences et nous inscrive pour la compétition. Approchée, la Fédération nous a fait comprendre que ça c’est coincé au Ministère des sports où l’argent (six millions de FCFA) pour les billets n’était pas disponible.

En tant que capitaine de la sélection, quelle est votre lecture de la situation ?

J’ai des raisons de jeter mon dobok (Ndlr : kimono en taekwondo) mais cette déception s’est muée en motivation. Car, nous aimons l’art et notre pays. Tôt ou tard, nos luttes seront récompensées. Ainsi, j’essaye de remotiver les collègues avec qui nous faisons déjà des déplacements dans la sous-région, ceci avec nos propres moyens.

A qui incombe la faute?

Chercher le coupable ne changera rien à notre situation. Aucune Fédération ne peut exister au Bénin sans l’aval des autorités de la République. Donc, le reste est une affaire de vision. Aujourd’hui, vous venez à un championnat national du Bénin et vous n’avez qu’un seul ou au plus deux adversaires contre cinq à six. Ce qui dénote que le taekwondo en particulier et le sport en général meurt et le pire, ça ne gêne personne. Même dans les clubs.J’ai oublié de dire que je suis aussi instructeur et le constat est qu’il n’y a plus d’engouement pour les jeunes à venir s’entraîner. Donc, il n’y a pas de relève en préparation actuellement. Les causes de cet état de chose ne sont pas ailleurs. Il s’agit du manque de manifestations (compétitions et autres). Mieux, ils n’ont plus de modèles car l’équipe nationale qui est la vitrine du sport ne sort presque jamais.

Que préconisez-vous pour que de pareils cas ne se reproduisent plus et aussi pour le développement de cet art martial au Benin?

Pour le développement du taekwondo en premier, il faudrait déjà avoir une salle nationale d’entraînement bien équipée. Que le Ministère puisse accorder les moyens à la Fédération pour que nous ayons deux à trois compétitions à l’interne en prenant en compte les catégories d’âge (cadets, junior et seniors) et deux à trois compétitions à l’externe. J’invite nos autorités Fédérales à faire la promotion de l’art dans nos écoles pour la préparation de la relève. Que chacun soit enfin professionnel là où il est responsable.

Un dernier mot pour conclure cet entretien

 Je voudrais adresser un message surtout à l’endroit de nos chers honorables députés. Je les prierai de voter la loi sur le financement du sport et que les sponsors puissent vraiment nous aider à porter plus haut le nom de notre pays. Que le Ministère des sports soit vraiment à l’écoute des sportifs.

Propos recueillis par A.F.S. et D.T. (Coll)

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