Talon déterminé à combattre la pauvreté et le sous-développement

Talon déterminé à combattre la pauvreté et le sous-développement

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Comme l’on devrait logiquement s’y attendre, le premier discours à la Nation du président Patrice Talon s’oppose, sur le fond et la forme, avec celui de son prédécesseur. Fini les élucubrations politiciennes destinées à endormir plus d’uns. Place à l’action.

En 56 années d’indépendance, « notre pays n’a pas réussi à rattraper le train du développement et semble être resté sur le quai ». Ce n’est pas n’importe qui qui a fait cet amer constat. C’est le premier des Béninois. Ce bout de phrase prononcé par le chef de l’Etat, Patrice Talon, à l’occasion de son discours à la Nation le 31 juillet 2016, restera certainement dans la cervelle des Béninois en général, et des observateurs et de la classe politique en particulier. Car, contrairement à la posture conventionnelle conformiste souvent adoptée pendant les discours officiels, l’homme de la Marina n’a pas voulu se voiler la face. Il y est allé fort, sans ambages et fioritures. On peut comprendre à ses mots, que le pays, non seulement va mal, mais est encore dans le trou. Le trou abyssal du sous-développement. Que ce soit le premier magistrat qui en soit conscient, peut être considéré comme un début de solution. S’il semble encore y croire malgré tout, Patrice Talon, en homme pressé, veut travailler à construire une nation « libre, responsable et mûre ». C’est peu dire face à la complexité d’une tâche, qui n’est pas loin de ressembler à l’escalade d’une montagne russe. Face au déficit de communication que les observateurs n’ont pas manqué de faire la critique depuis plusieurs jours, le président de la République devrait se douter que le discours de la veille de la célébration de son « premier » 1er août allait être minutieusement scruté et retourné dans tous les sens. Il y a donc mis la dose de politique, d’histoire, et de perspectives économiques voulues. Le constat est simple. Après cent jours d’exercice du pouvoir d’Etat, Patrice Talon sait que le challenge du développement du Bénin sera ardu. C’est une tâche qui sera difficile, d’autant que la machine économique est enrayée par une dette colossale.Il y a donc un défit à combler, au vu du progrès qu’a fait l’humanité toute entière, notamment sur le plan des technologies de l’information et de la communication. L’Etat actuel du pays semble un gâchis et une véritable déception pour Patrice Talon. « En 56 ans, notre pays n’a pas beaucoup avancé sur le chemin du développement économique et social », reconnaît-il.

Le bien-être est devenu la chose la mieux partagée du monde

Avant d’asséner une autre vérité toute simple : « L’humanité a fait des progrès considérables dans tous les domaines, et a offert à chaque communauté l’opportunité de s’approprier les avancées des uns et des autres pour la construction d’un standard de bien-être devenu une exigence, voire un droit pour chaque citoyen du monde ». On l’aura compris, l’objectif immédiat pour le « Nouveau départ » est de créer les conditions d’un bien-être, par ailleurs devenu la chose la mieux partagée du monde. Ce défi est d’autant plus un impératif, que le chef de l’Etat, lui-même, sait que c’est à cette aune que son équipe et lui seront jugés d’ici cinq ans.Si, malheureusement, le discours ne fait ostensiblement pas état de comment, ni de quelle manière y parvenir, on pourra y voir les conditions politiques pour y parvenir. En effet, depuis la campagne électorale, Patrice Talon n’a cessé de marteler qu’il ne peut y avoir progrès économique, sans réformes politiques. Réformes politiques et bonne gouvernance sont donc les piliers sur lesquels il compte asseoir son action pour atteindre ses objectifs. « Ce challenge est aussi le fondement des réformes politiques, institutionnelles et administratives que j’entends mettre en œuvre pour conforter la démocratie et permettre la bonne gouvernance », a-t-il dit. Et pour cause.Pour lui, l’essor économique et social du pays, est fortement tributairedu modèle d’organisation politique, tout autant ainsi que de la qualité de la gouvernance. D’ailleurs, ajoutera-t-il, « il nous faut impérativement réformer notre modèle politique tel qu’il est issu de l’historique Conférence nationale de février 1990 par le rétablissement d’un équilibre constructif entre les institutions constitutionnelles, le renforcement de l’indépendance de la Justice, la lutte contre l’impunité, la réforme de notre système partisan et de la stabilité du code électoral ». Vaste programme en quelque sorte. Seule question : les populations béninoises qui reviennent de loin pourront-elles, à nouveau, croire aux promesses politiciennes ? Selon un dicton, « ventre affamé n’a point d’oreille ». L’enjeu est de taille.

W.N

aCotonou

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