Suspension du Programme d’appui à l’emploi salarié (Paes2016) de l’Anpe : Une...

Suspension du Programme d’appui à l’emploi salarié (Paes2016) de l’Anpe : Une décision qui s’impose mais…

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Au cours de sa visite de prise de contact avec le personnel de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (Anpe), la ministre de la fonction publique, du travail et des affaires sociales, Adidjath Mathys a décidé de la suspension du Programme d’appui à l’emploi salarié (Paes) au titre de l’année 2016. Ceci en raison d’une crise financière sur fond de cessation de salaires à l’Anpe et des irrégularités constatés dans le recrutement. Une décision salutaire mais qui, dans le même temps,inquiète plus d’un.

Deux principaux points ont été évoqués par l’autorité ministérielle pour justifier une telle décision. Il s’agit premièrement d’une situation de précarité vécue en silence par de nombreux jeunes en stage par le biais de ce programme. « Il ressort que des centaines de salariés connaissent plusieurs mois d’arriérés de salaire et des stagiaires qui ne sont pas payés », va-t-elle constater. Ensuite de cette situation grave, il y a aussi une entorse dans le processus de recrutement des jeunes stagiaires inscrits dans ce programme. Pour la ministre, « les critères relatifs au profil pour la sélection de cette vague 2016 n’ont pas toujours été respectés ». La vague 2016 du programme d’appui à l’emploi salarié (PAES) vient ainsi donc d’être suspendue. Une décision salutaire et applaudie par l’opinion publique au regard de la mauvaise gestion caractéristique dudit programme pourtant censé sortir la jeunesse de la précarité et du sous-emploi. Conçu et piloté par l’Anpe, le Paes reste l’une des initiatives phares prises pour faciliter la pré-insertion et l’insertion des primo demandeurs d’emploi salarié dans l’administration publique et privée.Par le biais dudit programme, des milliers de jeunes diplômés sortis des Universités, des Ecoles et Etablissements de formation professionnelle formelle, âgés de 18 à 40 ans, vivent leur première expérience professionnelle. La cerise sur le gâteau est que ce stage de six (06) mois renouvelable une seule fois est rémunéré. Du coup, un Ouf de soulagement est procuré aux jeunes chômeurs même si généralement, ils ne sont pas recrutés.

La décision est donc salutaire mais…

Après les études universitaires, il s’avère impératif pour le jeune diplômé de renforcer sa compétence personnelle en allant au contact des réalités du terrain. Un défi auquel répond bien le Programme d’appui à l’emploi salarié. Certes, le programme est mal géré, il faut assainir et revoir donc le fonctionnement de l’Anpe. Il faut sanctionner. Mais la suspension serait-elle la seule alternative ou la meilleure ? Toutefois, il faut reconnaitre que malgré le retard caractérisant le paiement des salaires des stagiaires, ces derniers se sentent toujours soulagés par le programme. Pourquoi ne pas poursuivre le programme tout en améliorant la gestion par de nouveaux mécanismes ? Les frustrés des précédentes éditions pourraient ainsi retrouver le sourire sans oublier de nouveaux bénéficiaires qui cesseront de constituer des charges aux parents. Ce qu’il faut craint surtout dans cette décision est le temps qu’il faudra mettre pour relancer ledit programme étant donné que le recrutement se fait chaque mois de Décembre. De toute façon, le cercle de  jeunes chômeurs béninois ne fait que s’agrandir après l’annulation des derniers concours de recrutement à la fonction publique. A qui incombe la responsabilité ? La Direction de l’Anpe, bras opérationnel du Paes ? L’autorité ministérielle ou encore le gouvernement ? En tout cas, au regard de son indispensabilité dans le processus de réduction du taux de chômage des jeunes, le Paes mérite d’être perpétué.

Aziz BADAROU

Matin Libre

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