Suspension des organisations estudiantines : Les professeurs d’universités contre le musellement des...

Suspension des organisations estudiantines : Les professeurs d’universités contre le musellement des libertés

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(Amnesty International dénonce l’étouffement de  la contestation légitime)
Les professeurs du supérieur désapprouvent la décision de suspension des organisations estudiantines prise mercredi dernier par le gouvernement. A l’occasion de la cérémonie de rentrée solennelle à l’Université d’Abomey-Calavi,sang vendredi 7 octobre 2016, les professeurs d’universités, par la voix du Professeur Alphonse Gaglozoun, se sont opposés à la privation des libertés et la violation des franchises universitaires quoique reconnaissant l’escalade de la violence et la multiplication des actes de vandalisme dans les universités. « Les actes de vandalisme perpétrés par les étudiants à chaque fois (…) sont parfois inadmissibles et intolérables. Toutefois, nous mettons en garde contre toute tentative de musellement de la liberté sur nos campus et tout acte visant à froisser les franchises universitaires. Le pouvoir de Boni Yayi a tenté de nous arracher nos libertés syndicales et nous lui avons refusé cela en bravant des décrets et arrêtés liberticides. Sur cette question, il s’agit d’un système que nous sommes prêts à combattre avec toutes nos sueurs et de notre sang pour le bien de toute notre société », a admis  le Professeur Gaglozoun.  Et de poursuivre : « là où la liberté est supprimée, la médiocrité s’installe en corrélation avec la dictature ».  Pour éviter donc que les libertés soient supprimées, les enseignants recommandent donc au gouvernement d’« accélérer les procédures pour prendre très tôt et très vite les arrêtés d’application » des deux derniers décrets se rapportant aux organisations et associations estudiantines « de concert avec les acteurs de la vie universitaire ». Ceci pour un véritable climat apaisé sur nos campus et plus particulièrement à l’Uac.

Amnesty Condamne…

Le chargé de recherches sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International, François Patuel, n’est pas resté indifférent à cette décision du gouvernement. Dans un communiqué rendu publique vendredi dernier, il a fait savoir que « cette interdiction s'inscrit dans le cadre d'une tentative inadmissible d'étouffer la contestation légitime au sein des associations étudiantes, qui passe par des mesures répressives et d'intimidation incluant le recours à une force excessive lors de manifestations et la détention arbitraire de jeunes militants. »

« Cette interdiction générale des activités des associations estudiantines doit être immédiatement levée afin de rétablir la justice et la paix sociales sur les campus. La mesure d'exclusion frappant des étudiants et l'invalidation de l'année universitaire dans les facultés où les manifestations ont eu lieu sont également inquiétantes. Cette interdiction doit être levée afin que les étudiants puissent librement exercer leurs droits aux libertés d'expression, d'association et de réunion pacifique», a déclaré François Patuel.

A.B


Matin Libre

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