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Suite à la suppression de l’université de Lokossa et de la Flash d’Aplahoué : Les cadres du Mono-Couffo demandent au gouvernement de revoir sa décision

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Suite à la suppression de l’université de Lokossa et de la Flash d’Aplahoué, les députés, maires, têtes couronnées, sages et notables, élus locaux, cadres à divers niveaux, membres des associations de développement des départements du Mono et du Couffo  ont manifesté leur mécontentement. C’était à travers une conférence de presse qu’ils ont donnée, vendredi 21 octobre 2016, à l’hôtel « Le Baron » à Lokossa en demandant au gouvernement  de revoir sa décision. Voici leur déclaration lue par le professeur Dominique Sohounhloué.

« Mesdames et Messieurs,

Les populations des départements du Mono et du Couffo avaient accueilli avec joie la création de l’Université de Lokossa qui comprend les formations de la faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash d’Aplahoué), l’Institut universitaire de technologie (Iut) et l’Ecole normale supérieure de l’enseignement technique (Enset) de Lokossa. Cet enthousiasme découle de plusieurs raisons :

Dans ce monde en évolution l’université de Lokossa offre des formations novatrices dans le sens du développement des compétences nouvelles des apprenants. Dans cette optique l’Université de Lokossa se positionne comme l’un des moteurs de la transformation économique du Mono et du Couffo ;

La création de cette université est une contribution à la résolution des problèmes du déséquilibre en matière d’aménagement du territoire ; en effet les départements du Mono et du Couffo ont toujours été les parents pauvres du développement du Bénin ;

La création de l’Université de Lokossa permet de désengorger les autres universités ou la qualité de l’enseignement est handicapée par de gros effectifs.

On comprend aisément à quel point cet enthousiasme a été brisé par la mesure de suppression de cette université ; or des raisons évoquées à l’effet de cette suppression ne se justifient pas.

En effet la création des universités régionales serait, selon le gouvernement, un acte régionaliste contraire aux idéaux de l’intégration nationale, ce qui n’est pas exact, car par exemple, sur 523 étudiants inscrits à Iut de Lokossa, 21% seulement sont du Mono-Couffo alors que 26% sont des départements du Zou et des Collines et 29% proviennent des départements de l’Ouémé et du Plateau. De plus, l’orientation à la base devrait autoriser une répartition équitable des nouveaux bacheliers dans les structures nationales d’enseignement et de formation.

L’Université de Lokossa serait par ailleurs, selon l’exécutif, dépourvue d’infrastructures dignes d’une université ; cet argument est fallacieux et anti développement ; il suffit de revisiter l’évolution historique de l’implantation de l’Université d’Abomey-Calavi pour s’en convaincre. En effet, les débuts ont toujours été difficiles et il serait un gaspillage de ressources que d’arrêter un acte de développement prometteur en cours de réalisation.

L’Université a su s’appuyer depuis sa création sur un réseau de partenaires solides qui assure sa notoriété.

L’Université de Lokossa a bénéficié des dons de domaines de plusieurs hectares de la commune de Lokossa précisément à Agamè (100 ha), Dogbo (20 ha), Houin (100ha), Aplahoué (110 ha). Ces dons disposent de levés topographiques et d’attestation de donation desdites mairies. Des plaques ont été posées pour leur identification.

Il est prévu pour la construction de l’Université de Lokossa un montant de 94 milliards déjà accordés par la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA) pour la construction l’ENSET et 90 milliards de la compagnie BNA (Chine).

Compte tenu de ce qui précède, nous Députés, Maires, têtes couronnées, sages et notables, élus locaux, cadres à divers et membres des associations de développement du département du Mono et du Couffo ne pouvons accepter l’arrêt de cet acte de développement en cours dans nos départements. Le gouvernement est bien conscient que l’implantation d’une université est un acte de volonté politique qui vise le développement durable et c’est certainement fort de cela qu’il s’apprête à sortir du néant les campus de Kpomassè et de Savalou. Nous refusons que le développement des départements du Mono et du Couffo soit noyé sous le flot incessant des réformes, des réorganisations et autres refontes de nomenclatures qui ne cessent de produire des situations inextricables et des injonctions contradictoires.

C’est pourquoi nous invitons, très respectueusement le gouvernement du président Talon à surseoir à la fermeture du Campus universitaire d’Aplahoué et à la suppression de l’Université pluridisciplinaire de Lokossa et à œuvrer pour son développement.

Lokossa, le 21 octobre 2016,

Ont signé :

Députés des départements du Mono et du Couffo,
Maires et conseillers communaux des départements du Mono et du Couffo
Cadres à tous les échelons des départements du Mono et du Couffo
Têtes couronnées, autorités religieuses, sages et notables du Mono et du Couffo


Matin Libre

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