Relations préfet du Littoral et maire de Cotonou/Toboula-Soglo : accalmie après provocation

Relations préfet du Littoral et maire de Cotonou/Toboula-Soglo : accalmie après provocation

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Léhady Soglo chez Modeste Toboula : un tête-à-tête pour le moins inattendu hier, a tôt fait de laisser croire que la tension a baissé entre les deux personnalités. Mais les faits précédents ne plaident pas en faveur d’une entente retrouvée entre le maire et le préfet du Littoral.

Descente musclée avec des bulldozers à Fidjrossè pour chasser les occupants des domines publics, déclaration de guerre aux commerçants installés sur les terre-pleins centraux, mise en œuvre d’un plan de circulation dans les marchés de Cotonou et environs, annonce d’une action qui vise à dégager les baraquements qui encombrent la chaussée…. Alors que Léhady Soglo, lors de sa récente prestation sur des chaînes de radios privées de Cotonou, a largement abordé ces sujets, mais en restant discret sur le plan de circulation dans les marchés, le préfet du Littoral Modeste Toboula mène une campagne intense sur les mêmes questions. Déjà trop critiqué dans l’opinion publique pour sa moralité jugée douteuse, Modeste Toboula se présente comme une sorte d’activiste officiel décidé à donner du fil à retordre au maire de Cotonou. En ce début d’exercice, il traîne, et cela, sans doute à dessein, Léhady Soglo sur le terrain de la provocation. C’est surtout sa demande d’explication adressée au maire de la capitale économique qui s’est absenté à sa passation de charges qui a retenu l’attention. Le sujet a été traité avec délectation sur les réseaux sociaux et manifestement, l’acte du préfet n’a reçu aucun soutien face à un maire qui habituellement n’attire pas la sympathie de ceux qui ont jugé trop déplacée et osée l’attitude de Modeste Toboula. Cette prise de position collective contre le préfet a indubitablement pour cause, son exhibitionniste mais aussi à cause des dossiers qu’il traine. D’aucuns estiment que son image ne fait pas honneur au régime de la Rupture.

Léhady fait profil bas

Dans une démocratie béninoise où les humeurs sont changeantes, le préfet semble vouloir rendre Léhady Soglo populaire, alors que ce dernier, difficilement élu maire, et tombé dans une impopularité affligeante au cours des élections présidentielles, fait tout pour reconquérir le terrain. Au regard de la demande d’explication qu’il a reçue et qui d’ailleurs lui a valu le soutien de beaucoup, l’on se demandait comment il va pouvoir réagir sous 24 heures, comme l’exige Modeste Toboula. En fin stratège, et dans une élégance dont il n’est pas un habitué, il a répondu en des termes courtois et respectueux, prétextant d’un dysfonctionnement administratif pour justifier son absence à la passation de charges de son préfet de tutelle. Dans le même élan, le maire de Cotonou s’est rendu à la préfecture pour échanger avec le tout puissant nouveau maître des lieux. Dans ses déclarations, il met la balle à terre et met en relief une convergence de vision entre eux. Après le peu de courtoisie dont a fait preuve Modeste Toboula, voilà comment le très rusé Léhady Soglo s’est comporté. Ce n’est pas un classique de l’homme. Mais à regarder de près ce qui pourrait motiver ce sens d’humilité, on se rend compte que les vents ne lui étaient pas favorables au conseil municipal où des conseillers proches du régime critiquent sa gestion et rêvent de le destituer. Il n’a donc pas intérêt à avoir le au dos, le préfet et ces conseillers, qui selon toute logique, filent le parfait amour et pourraient s’entendre pour mettre le maire en difficulté. Tout le monde sait, y compris Léhady Soglo lui-même, que sa destitution est à l’ordre du jour. C’est pourquoi, à la question de savoir qui de Modeste Toboula ou de Léhady Soglo a intérêt à calmer en douce un début de tension entre eux, la réponse la plus politique, c’est le maire de Cotonou. Il a évité toute polémique en déclarant qu’il est sur la même longueur d’onde que le préfet en ce qui concerne les priorités de la capitale économique. Sinon, en quoi les deux hommes vont s’entendre quand ce début de collaboration se passe sur un terrain de provocation, ou quand le préfet cherche à ravir la vedette au maire ? En quoi vont-ils se ressembler ? Seront-ils complices, ou amis ? Concurrents ? Ou au contraire incompatibles ? Le temps nous le dira.

Fidèle Nanga

aCotonou

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