Relation parent-enfant pendant l’adolescence : Quand la guerre des âges devient inévitable

Relation parent-enfant pendant l’adolescence : Quand la guerre des âges devient inévitable

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L’adolescence s’accompagne souvent de nombreux changements à savoir, transformations physique, psychologique, émotionnelle, sexuelle, etc.Ces changements, généralement, ne sont pas de nature à maintenir la cohésion entre les parents et leurs progénitures qui désormais crient à l’indépendance. Pour l’adolescent, la liberté de faire ses propres choix, de décider de lui-même, devient une obsession.Il veut s’affirmer, prendre des risques. L’obéissance aux injonctions parentales baisse d’un cran. Ce qui, dans la majorité des cas, ne reçoit pas l’assentiment des parents. Le conflit s’installe alors entre les deux parties. La guerre ado-adulte devient inévitable.

Le lever, le coucher, les repas, les devoirs, la participation aux tâches domestiques, les heures de sortie, celles du retour, etc. sont autant d’occasions qui déclenchent des conflits «normaux» que l’on retrouve dans presque toutes les familles.Alors que les parents sont épuisés, stressés par le rythme de travail et les longs trajets en voiture ou transport en commun, l’adolescent quant à lui, est débordant d’énergie ets’ennuie. Il ne bénéficie pas d’assez de marge de manœuvre pour vaquer librement à ses occupations.

«Elle me frappait, me punissait, mais je continuais»

«Ma liberté, disons que je ne l'ai pas eue sans problème…Chez ma mère, je fuguais, j'avais envie de découvrir de nouvelles choses, d’aller à l'aventure. Elle me frappait, me punissait, mais je continuais», nous confie Ulrich Houndji, aujourd’hui indépendant. «J’aurais aimé qu'elle me laisse partir, tout en me conseillant. Elle pouvait me dire quand revenir, comment me comporter, etc. Mais, elle voulait me priver de liberté. Finalement, j’ai eu ma liberté, et pour ça, j'ai commis beaucoup de bêtises», avoue-t-il. Même son de cloche du côté de Simé Souandath. A l’en croire, ses parents voulaient toujours tout savoir sur elle. «J’ai dû me prendre la tête pour avoir la possibilité de sortir avec quelqu’un...Ils voulaient tout savoir. Où j’étais, ce que le faisais», a-t-elle affirmé. Mais d’un autre côté, l’expérience sera différente. Du moins, selon le propos de Jabeth Ahouissou.«Ils ont su me faire confiance», lâche-t-il avant de nous raconter son expérience.«J’ai su dominer ces conflits avec la bourse décrochée pour l’Université. Très jeune, les parents étaient obligés de m'abandonner à moi-même.La distance qui devrait nous séparer était grande, et ils ont su me faire confiance. Cela a facilité les choses de mon côté car j'ai acquis la liberté tant convoitée et plus encore, j'ai dû me gérer moi-même, mais avec beaucoup de difficultés au début. En tout cas, cela m’a permis d’acquérirune certaine autonomie à un tel point qu'on ne me reproche plus trop de chose quand je suis en famille. On considère que je suis plus ou moins responsable du fait que je sois resté seul, sans avoir verser dans la perversité et tous les maux que traversent les jeunes de mon âge». Une expérience visiblement réussie. De quoi ont donc peur les géniteurs en privant leurs enfants de liberté? Dans la même situation que Jabeth Ahouissou, tous les adolescents réussiraient-ils?

Parole de Sociologue

Aux dires de  Boris Batcho, les enfants doivent voler de leurs propres ailes à partir d'un moment donné de leur vie. Pour ce sociologue, l'opposition que l'on constate souvent chez les parents est liée à leur envie de protéger leurs progénitures des conséquences d'un éventuel mauvais choix. «Cela dépend aussi du passé de l'enfant et de l'assurance que ce passé donne aux parents que leur enfant prend les bonnes décisions», fait-il constater.A l’entendre, pour pallier les conflits ados-parents, les deux parties doivent dialoguer. «Je ne pense pas qu'il y ait d'autre solution que l'assouplissement de la position des parents et une meilleure compréhension de l'enfant. Autant l'enfant doit comprendre que ses parents ne lui veulent pas du mal, autant les parents également doivent comprendre que l'enfant ne peut se faire consciemment du mal. La solution est dans le dialogue. Mais parfois, l'enfant est obligé de dépasser les stéréotypes, de s'affirmer malgré les positions des parents. La fin donne raison à l'un ou l'autre camp», estime Boris Batcho.

En somme,les querelles entre adolescents et parents peuvent-être transcendées. Le cas de Nourou-Deen Dabina, (18 ans) se veut interpellatif. «Quand l'un d'eux veut me faire des reproches, il m'appelle, on discute entre nous, il me conseille…puis le tout est joué. Je prends conscience de ma faute et j'essaie d'y remédier», confie-t-il. Nul doute, la responsabilité des parents dans la résolution de ces crises est grande. Ils doivent faire montre de beaucoup de tact.Il faut qu’ils gèrent les malentendussans toutefois devenus autoritaires.Ils doivent être, aux côtés de l’adolescent dans son processus de construction de sa personnalité. Le dialogue, la recherche de compromis seraient des outils plus performants que l’autoritarisme.

Inès AMOUSSOU (Stag)


Matin Libre

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