Recrudescence de l’insécurité et vindicte populaire : La démission du gouvernement Talon

Recrudescence de l’insécurité et vindicte populaire : La démission du gouvernement Talon

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Plus d'une dizaine de braquages sanglants sous le régime de la Rupture. Plusieurs citoyens surpris en flagrant délit de vol, braisés comme des poulets. La sécurité et le respect des droits de l'homme font grise mine sous la Rupture. Tout porte à croire que le gouvernement est dépassé par les événements.

Le conseil des ministres en sa dernière séance en date du mercredi 29 juin 2016 a décidé de faire procéder à des enquêtes sur tous les cas de vindicte populaire survenus ces derniers temps, d'appréhender et de poursuivre les auteurs, les coauteurs et les complices. Le médecin après la mort, diront certains pour qui c'est l'expression même de la démission du gouvernement de la Rupture dans le domaine sécuritaire depuis le 06 avril 2016.
Cependant, deux phénomènes sont à l'origine de l'insécurité galopante et de la recrudescence de la vindicte populaire. Il s'agit de la morosité économique avec ses corollaires de chômage et de sous-emploi et le non respect des décisions de justice.

Il est aujourd'hui un secret de polichinelle qu'une majorité écrasante de la jeunesse béninoise ne travaille pas. A cela, s'ajoute la morosité économique qui s'est installée dans le pays depuis le 06 avril 2016. L'apurement de la dette intérieure qui devait booster l'économie locale est relégué au second plan au profit de la régularisation des ardoises de l'ancien régime en faveur des entreprises cotonnières de l'opérateur économique Patrice Talon. Conséquences, le ralentissement des activités économiques, la misère ambiante, le panier de la ménagère est vide, l'argent ne circule pas dans le pays et certains citoyens mangent difficilement une seule fois par jour. Et comme il fallait s'y attendre, certains divorcés sociaux ont choisi la méthode des braquages et de la facilité pour joindre les deux bouts. Un bilan alarmant avec à la clé, des dizaines de morts à travers tout le pays et des centaines de millions de francs CFA emportés. Et tout ceci au nez et à la barbe des forces de sécurité et de défense impuissantes.

La pratique répétée et généralisée de la vindicte populaire est la preuve, s'il en fallait encore, que les citoyens ne font plus confiance à la justice de leur pays. Cette défiance des Béninois de leur appareil judiciaire trouve sa source dans le fait que le régime de la Rupture s'est illustré, depuis son avènement, par le nom respect des décisions de justice. D'abord lors du congrès électif de la Fédération béninoise de football que les pouvoirs publics ont aidé à organiser et à tenir, en dépit d'une décision de justice qui l’interdisait. L'autre défiance de l'appareil judiciaire par l'exécutif, qui défraie la chronique, est la médiation du Chef de L'Etat pour le règlement de la crise au sein de l'Église Protestante Méthodiste du Bénin alors qu'une décision de justice a définitivement réglé le différend qui oppose les deux ailes de l'église.

Le gouvernement n'a pas la solution

A la faveur des questions d'actualité du député Jean-Michel Abimbola au Parlement, jeudi 30 juin dernier, le gouvernement a apporté sa solution pour finir avec l'insécurité qui embrase tout le pays. Mais en lieu et place de solutions, c'est à une réponse non convaincante qu'on a assistée."Si nous voulons mettre un terme à cette insécurité, nous devons individuellement mieux protéger nos ressources. Il n'y a nulle part où l'insécurité est zéro. Dans tous les pays, il y a l'insécurité quelque part. C'est chacun de nous qui doit assurer sa propre sécurité pour lutter contre l'insécurité. Parce que le gouvernement n'est pas en mesure de mettre un policier derrière chaque citoyen", a déclaré le Ministre de l'intérieur, Sacca Lafia, devant les parlementaires éberlués. Des propos qui montrent à quel point le pouvoir de Patrice Talon a abandonné les Béninois aux mains des malfrats qui disposent d'armes de guerre et qui tuent de sang-froid. Comme l'a dit le premier flic du pays, chaque citoyen devra désormais organiser sa propre sécurité à mains nues et sans passer les divorcés sociaux arrêtés à la vindicte populaire. Que les Béninois se préparent donc, car la fin de l'insécurité n'est pas pour demain. Talon et ses ministres semblent ne pas avoir la solution.

Anthony Vasquez

aCotonou

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