Quelques impressions après les négociations

Quelques impressions après les négociations

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Adidjath Mathys, ministre du travail et de la fonction publique
« La subvention accordée aux différents établissements sera donnée à bonne date »

Comme vous le constatez, c’est la première réunion de la commission nationale de négociation gouvernement-confédérations et centrales syndicales. Qu’il vous souvienne que le premier mai dernier, le gouvernement a reçu des mains des sept secrétaires généraux des confédérations et centrales reconnues dans notre pays des cahiers de doléances et nous avons tenu à procéder à la signature de la charte sur le dialogue social avant d’ouvrir cette négociation. Car, cette charte encadre un peu les négociations entre les différentes parties. Le chef de l’Etat aussi s’est fait l’obligation de recevoir les secrétaires généraux afin de marquer sa disponibilité et celle du gouvernement pour un dialogue franc et apaisé. Donc, nous venons de poser le premier pas dans ce sens. Avant de venir dans cette salle, les différents ministères concernés par les doléances ont eu plusieurs séances de travail ensemble afin de faciliter le dialogue. Etant donné que la rentrée scolaire est imminente et pour que cela se passe dans la paix, nous avons proposé aux secrétaires généraux qu’on puisse commencer l’examen des doléances par ce point. Ils ont accepté et c’est sur ça que nous avons eu des discussions. A travers ces discussions, ils ont constaté la disponibilité du gouvernement à mener un dialogue franc, car un certain nombre de points ont déjà trouvé satisfaction et des réflexions sont en cours pour d’autres. Nous leur avons promis des ateliers pour pouvoir accélérer la parution des différents actes qui concernent les enseignants des trois ordres d’enseignement.
Nous avons aussi parlé de la mise en place à bonne date de la subvention accordée aux différents établissements. Pour démarrer l’année académique avec beaucoup de sérénité, nous avons abordé tout ce qui a été fait au niveau des différents ordres d’enseignement. Je voudrais remercier tous les secrétaires généraux qui ont fait preuve de responsabilité et de maturité pour que cette séance se passe très bien.

Paul Essè Iko, Sg Cstb
« Tout ce qui préoccupait le gouvernement, c’est la rentrée scolaire »

Tout ce qui préoccupait le gouvernement, c’est la rentrée scolaire. La délégation gouvernementale a voulu donc traiter des questions qui touchent aux enseignants, et nous avons complété les questions qui touchent à l’école. Nous avons donc discuté à bâtons rompus sans prendre des engagements écrits. Il reste donc des problèmes touchant aux communautaires et contractuels qui ne peuvent pas passer des concours car, il y a des contrats à signer au niveau de l’Etat. Comme cela, les camarades perdent leur promotion. Des enseignants contractuels recrutés depuis 2007 sont sans salaire. Des éducateurs et éducatrices aussi travaillent depuis 10 ans sans salaire. C’est des choses à régler. Nous avons proposé au gouvernement de recruter des enseignants qui ont été formés dans les écoles normales d’instituteurs car, ils sont déjà formés pour enseigner. Ils n’ont donc plus besoin de concours car, ils ont déjà des diplômes professionnels. Au niveau de l’enseignement secondaire, les enseignants vacataires n’ont pas encore trouvé de solutions à leurs problèmes. Ils sont toujours dans la précarité car recrutés par des Directeurs d’écoles.
En ce qui concerne les 1,25, l’embrouillamini continue, puisque le ministre des finances n’était pas à cette rencontre. Son Directeur de cabinet nous dit qu’ils ont payé globalement à tous les travailleurs 10%, il reste donc 15% à payer. Les retraités n’ont encore rien perçu. Nous avons exigé qu’ils soient payés. Le Directeur de cabinet nous a rassurés que cela sera fait en 2017. Par contre le ministre des enseignements maternel et primaire dit que c’est le collectif budgétaire qui devrait prendre cela en compte. Il y a donc beaucoup de problèmes qui persistent encore sur le terrain. Entre autres : les agents Anpe, les volontaires, tous ceux-là ont été formés, ont déjà travaillé. Ils doivent donc être recrutés.

Pascal Todjinou, Sg/Cgtb
« Il a été question des dispositions pratiques à prendre pour une rentrée apaisée »

Du point de vue procédure, nous sommes tous d’accord que c’était pour parler exclusivement de la rentrée. Il a été question des dispositions pratiques à prendre pour une rentrée apaisée. Sur les 15 revendications, notamment concernant les enseignants, nous avons voulu savoir ce que le Gouvernement a pu faire. La commission a commencé par les énumérer. Ce que je peux retenir, c’est qu’il y a une légère avancée par rapport à ce qu’on vivait généralement ici, où il y avait un bras de fer. Aujourd’hui, nous avons fait une rentrée assez apaisée, parce qu’elle a été méthodiquement préparée.
Deuxièmement, nous sommes allés sur la question de l’Université d’Abomey-Calavi. Il faut reconnaitre que les enfants ont commis beaucoup de maladresses. Mais il faut aussi reconnaitre que les 21 étudiants exclus portent le poids des milliers de personnes. On ne peut pas les punir tous. La Cgtb a été radicalement contre cet état de choses, ça bannit le droit à la manifestation. Comme vous le savez, il y avait une certaine ligne rouge tracée ici. Nous avons dit au Chef de l’Etat d’effacer cette ligne rouge. Le Gouvernement en a pris acte et a d’ailleurs interdit cet état de choses par le décret pris en conseil des Ministres qui exige que les arrêtés préfectoraux et ministériels fassent l’objet d’étude dans une cellule logée à la Présidence de la République. Nous avons travaillé dans une ambiance qu’il faut demander au gouvernement de perpétuer.
En ce qui concerne les 25% du relèvement du point d’indice de traitement, le gouvernement a déjà procédé au démarrage de son application. Parce qu’avant, on pensait que c’était de l’eau jetée sur le dos du canard. Avant de venir ici, nous avons demandé à savoir si ce point d’indice de traitement est appliqué, ils nous ont répondu par l’affirmative. Seulement, il y a un problème. Il y a des gens à qui on applique cette prime de façon sélective. Au lieu d’appliquer 25%, le gouvernement applique plutôt 20%. Mais après nos différentes interventions, le gouvernement a promis corriger cette anomalie.

Dieudonné Lokossou, Sg-Csa-Bénin
« Priorité a été donnée aux enseignants »

Je crois qu’il faut rectifier les choses, il faut éviter la démagogie. Ce que nous avons vu aujourd’hui est pour moi une première, parce que nous avons souvent déposé les cahiers de doléances, mais on ne se retrouve pas autour pour discuter des points dans les détails. Donc, ce soir, parmi les problèmes posés, priorité a été donnée aux enseignants. Parce que le Gouvernement souhaite une rentrée apaisée, mais c’est lié à un certain nombre de conditions. Les gens ne peuvent pas travailler à crédit. On ne peut pas empêcher les contractuels d’évoluer. Donc, je suis formellement contre le principe de deux appellations c’est-à-dire, les Agents permanents de l’Etat, les Agents contractuels de l’Etat, les volontaires…On a passé tout cela en revue et le Directeur de cabinet du ministère des finances a fait le point détaillé sur le relèvement du point d’indice du traitement pour lequel le gouvernement s’est engagé à payer. Mais il y a eu des erreurs dans le paiement et il s’est engagé à les corriger. Nous avons retenu que nous avons beaucoup parlé, surtout des enseignants. On n’a pas pu tout épuiser ce soir. La prochaine rencontre va sûrement statuer sur les problèmes liés à la santé.
Aujourd’hui, il y a des classes sans enseignants, d’où la question du recrutement. Il y a déjà des enseignants qui sont formés dans les écoles normales. Le gouvernement doit tendre la main à ces personnes. Il y a ensuite les primes de rentrée et l’organisation des journées pédagogiques.
Isac A. YAÏ

aCotonou

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