Quand Bénoît Dègla tente de faire le portrait parfait de Boni Yayi

Quand Bénoît Dègla tente de faire le portrait parfait de Boni Yayi

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Après dix ans de règne à la tête du Bénin, Boni Yayi et ses anciens collaborateurs ont toujours du mal à tourner la page. Loin de reconnaître les ratés de son règne, son ancien Ministre dans les colonnes du magazine Jeune Afrique, dans un discours nostalgique, pense que leur gouvernance était ce qu’il y a de mieux.

A un moment donné, le peuple béninois ne voulait plus de ce régime. Il fallait passer à autre chose. Mais lui ne voulait pas comprendre. Dans la foulée il avait multiplié les erreurs. Alors qu’il pensait gagner la confiance des béninois, il s’enfonçait davantage. sa popularité baissait, mais il ne le voyait pas de cette manière. On se souvient qu’au temps fort de la campagne de la présidentielle de 2016, le Chef de l’Etat sortant avait juré dans l’une de ses nombreuses saillies indigestes, qu’il n’allait jamais remettre le pouvoir à Patrice Talon, si éventuellement les électeurs portaient leur choix sur sa personne. C’est un épisode qui semble-t-il n’a jamais existé. En tout cas, pas dans la tête des dirigeants de l’ancien régime. C’était l’un des avatars du yayisme, personnage haut en couleurs, sous la gestion de qui, le peuple a vécu des mûres et des pas vertes. Six mois après l’avènement du Nouveau départ, l’eau a coulé sous le pont. Sous la plume de Benoît Dègla, ancien ministre, aujourd’hui député, la publicité mensongère, a drapé Yayi Boni, sous les traits du parfait homme d’Etat.

Le contraire aurait étonné. Intitulé : « Bénin, la réussite d’une décennie, avril 2006-2016 », l’article est illustré entre-autres par une photo où Yayi Boni aussi souriant qu’animal inoffensif, se présente aux cotés de Patrice Talon. A s’y méprendre les deux entretiendraient toujours les rapports les plus amicaux et les plus cordiaux. C’est du moins le but recherché. Faire accroire à la communauté internationale que Yayi Boni, qui a bien géré le pays, a passé sans heurts, le témoin à son successeur. C’est de bonne guerre. Mais, les choses ne se point passées ainsi. Et le but de cette tribune est d’en faire une pièce de négociation. Apparemment, le prédécesseur de Patrice Talon lorgne toujours un poste huppé à l’international et donc, est prêt à tout pour se montrer sous ses beaux habits de démocrate. Il faut séduire les décideurs internationaux, et donc gommer à coups de poncifs débiles et tout aussi fallacieux les travers du personnage. Il nous avait déjà habitués à ceci. Sur l’Ortb, pendant la belle époque, l’essentiel du journal parlé lui était consacré. Et ses nombreuses pancartes ornaient les principaux carrefours des grandes villes.

Un cadeau empoisonné
« En particulier au Bénin, la réalité est que les élections présidentielles ont été organisées à bonne date conformément aux dispositions de la Constitution du 11 décembre1990 et du Code électoral et ont abouti à l’alternance à partir du 6 avril 2016 nonobstant le coût élevé de celle-ci pour le contribuable béninois », peut –on lire dans le texte. On fera remarquer à la lecture de ce passage, que l’organisation des élections coûtent cher. Comme pris la main dans le sac, le sbire vient d’avouer l’un des péchés mignons de son ancien mentor : son manque de volonté manifeste d’organiser les joutes électorales. Il n’était pas démocrate dans l’âme, loin s’en faut. Ensuite, le rédacteur poursuit en ces termes : « Mieux, en signe de paix, il a offert symboliquement une Bible à son successeur dans l’espoir que son mandat se déroulera sous les auspices de la lumière et de la sagesse divine ». Avant d’ajouter, « le Bénin est un et indivisible. Que toutes ses filles et fils du Nord au Sud, de l’Est, à l’Ouest œuvrent pour son développement dans la paix et la concorde nationale ».

On ne peut, à la lecture de cet étrange passage, se demander à l’instar de nombre de Béninois le 6 avril dernier, si l’épisode de la Bible n’est pas un cadeau empoisonné. Beaucoup se doutent, en effet, que conscient du tort qu’il au pays, l’ex-président essaie de recourir au pardon en mettant la « Bible » et « Dieu » sur la conscience de son successeur. Or, c’est aux Béninois qu’il doit rendre comptes. Par ailleurs, dans cette vaste hypocrisie rien ou presque n’a été dit de la corruption endémique qui eut lieu sous la Refondation. L’honorable Dégla a aussi oublié tous les scandales politico-financiers sordides, non encore élucidés, et qui ont appauvri, malheureusement, pour de nombreuses années encore, le peuple béninois. Les Mercredi rouge, les syndicalistes réprimés à la Bourse du travail, les longues et difficiles marches de protestation contre le projet et les velléités de révision de la Constitution. Des scandales comme Ppea 2, Icc, Dangnivo, et les autres éléphants blancs, dont Maria-Gletta, ont été passés sous silence, presque comme si n’ayant jamais existés. Sans oublier que, sous Yayi Boni aucune élection n’a été organisée à bonne date et sans heurts.

aCotonou

Commentaires

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10 COMMENTAIRES

  1. De grace, occupons nous de l’ essentiel ,tirons les lecons et avancons Talon n’ est pas innocent Durant les dix ans de Yayi comme bcp de ceux qui travaillent avec lui. Montrons plus de discernement dans nos analyse. Seul le bien etre general doit primer

  2. vous n’avez plus rien à faire ? Aller travailler, on connaît tous ces chansons. Nous ne voulons plus de vos écrits dans ces domaines. Malgré tout ce que vous vivez là, vous ne savez pas que vous devez laisser le passé derrière vous?Laissez nous en paix.Tous vos écrits vous rapportent quoi?L’homme fort vous a tellement coincé que vous ne savez plus quoi écrire.Ça fait pitié.

  3. une triste 😔 vérité.. Mais en réalité, ne l’avons nous pas voulu nous même.. ?? chaque peuple n’a que le dirigeant qu’il mérite.

  4. la population a faim et c’est toujours yayi que vous prononcer..on a faim on veut du boulot..laisser yayi et montrer nous ce que vous avez dans le centre..padnnn

  5. Ainsi soit-il. Mon cher Benoît a-t-il besoin de dire qu’il est bon ? C’est à croire que les béninois sont, sauf eux, tous aveugles. Bouclez-la, très cher bénou et laissez l’autre travailler. Au moins, nous n’avons pas encore vu icc-nouvelle génération

  6. Chacun prêche pour sa paroisse. Qui est Yayi qui est Talon. Les mêmes qui ont fait l un et l autre.Injurier l ‘un et à douter l’autre ne changera rien du quotidien des beninois. Plutôt attelons nous à ce que celui qui a le pouvoir l utilise pour le bonheur du peuple et corrige les erreurs qu’ ils ont tous commises les 10 dernières années. Car il n’y a pas ce couteau que vous pourrez utiliser pour dissocier les deux dans la gestion du pays durant cette période. Si le honorable Dégla fait l’ éloge de son président indirectement il implique la main de la actuel président. Ne lui en voulez pas . Talon n’est pas président sans la haine de Yayi à son égard, et Yayi ne avait pas non plus dirigé le pays sans le support de Talon.Si Talon peut durant son mandat réparer les erreurs à deux commises avec les implication de tous leurs collaborateurs du et du présent, le Bénin pourra gagner.

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