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Projet Taxi-Bénin : l’avenir des « zémidjans » hypothéqué ?

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Le nouveau projet de la mise en circulation d’une flotte de véhicules dernière génération entre en vigueur ce 1er juillet 2017 dans les grandes villes du Bénin. Si cette initiative entend pouvoir de l’emploi aux jeunes de faible niveau scolaire, elle vise à créer d’autres situations allant à la création  de chômage d’autres Béninois.

Trois cent (300) jeunes déjà recrutés pour la première phase du projet « Taxi-Bénin » initié par le gouvernement Talon. Contenu dans le Programme d’Action du Gouvernement (PAG), ledit projet entend occuper les sans emplois et les chômeurs capables de mener le métier de conducteur de véhicule en mode taxi dans les grandes  villes du Bénin. Un nombre insignifiant quant on se réfère au nombre très impressionnant de chômeurs et de sans emplois dans le pays.

Pour le Directeur Général du Centre de Partenariat et d’expertise pour le Développement durable (CPED),

« il s’agit d’un contrat de crédit- bail avec cession du véhicule au conducteur après le remboursement du coût d’achat »

.

C’est dire donc que ces jeunes recrutés, formés et désormais opérationnels pourront disposer de leur véhicule à la fin du contrat. Un type de contrat auquel sont également soumis certains conducteurs de taxi moto communément appelés « zémidjan ».

Et depuis quelques décennies déjà, ces sans emplois se sont reconvertis en d’autres métiers principalement « le taxi moto » afin de subvenir à leurs besoins quotidiens et surtout assurer leur responsabilité parentale. Ils sont donc des milliers de Béninois, des hommes en majorité, à s’être lancés dans cette activité qui n’est pas sans conséquences sur leur santé et sur leur vie avec des nombreux risques auxquels ils sont constamment exposés.

Anatole est un diplômé de l’Université d’Abomey-Calavi. Sorti avec sa maîtrise en géographie et  pour faute d’emplois, il  a opté pour la conduite de sa moto afin de se faire un peu d’argent.

« Au début, j’avais eu un contrat de crédit-bail avec ma propriétaire. Au bout de deux (2) ans, la moto est devenue la mienne et aujourd’hui, elle constitue mon seul espoir de vivre et de subvenir à mes besoins et ceux des membres de ma famille », raconte Anatole qui s’inquiète sur le sort à eux réservé après l’opérationnalisation de cette initiative du gouvernement Talon.

Comme ce jeune de quarante ans, ces milliers de zémidjans qui sillonnent les ruelles, rues et voies de ces villes du Bénin, voient, avec ce projet, la fin de leur activité génératrice de revenus.

Alors que les promesses des dirigeants successifs quant à la reconversion de ces conducteurs de taxi moto tardent toujours à se tenir, ces « kèkènons » retourneront dans l’oisiveté qui aura pour corolaire la misère ambiante et la paupérisation absolue.

Mais de l’autre côté, certains se montrent très rassurants parce qu’ils pressentent l’incapacité des Béninois d’une certaine couche sociale à accéder aux services de cette flotte de taxi-Bénin.

Aussi, évoquent-ils l’impossibilité de ces véhicules climatisés dotés de technologie dernière génération à entrer dans des vons et dans certaines agglomérations surtout dans des quartiers de Cotonou qui sont pour la plupart inondés.

« Qui déboursera mille francs CFA pour son déplacement alors qu’il pouvait déjà payer les services de zémidjan pour la même destination à deux cents (200) francs CFA ? », s’interroge Anatole.

Mais de toutes les façons, l’effectivité, à partir du 1er juillet 2017, de ce projet « Taxi-Bénin » bouleversera les vieilles habitudes et attitudes et rendra problématique cette activité des maillots jaunes.  Un « sérieux » calvaire en perspective donc pour ces conducteurs de taxi moto.

Projet Taxi-Bénin : l’avenir des « zémidjans » hypothéqué ?


Source : Beninwebtv

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