Présidentielle:Emulation en pratique démocratique

Présidentielle:Emulation en pratique démocratique

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Au Bénin, les institutions en charges du processus électoral, de même que les acteurs politiques ne veulent pas être les boucs émissaires d’une déviance de pratiques démocratiques en période électorale. On assiste chaque jour à une soudaine et édifiante émulation de « bonnes pratiques démocratiques ».

Pendant que les Béninois sont encore émerveillés de l’organisation sans grands accros de la présidentielle de 2016 par la Céna (Commission électorale nationale autonome) et sa diligente proclamation des grandes tendances, ils continuent d’admirer aussi l’entérinement sans grands délais des résultats de la Cour constitutionnelle, confirmant à quelques différences près les grandes tendances de la Céna. Ces exploits de ces deux institutions semblent ne pas altérer leur regain d’affection pour les élections malgré les atermoiements du Conseil d’orientation et de supervision de la liste électorale permanente informatisée (Lépi) dans l’émission, la répartition et distribution des cartes électorales. Mieux les Béninois se régalent chaque jour du fair-play de Patrice Talon et de Lionel Zinsou, après la publication des grandes tendances par la Céna.

Arrivé en tête au second tour de la présidentielle, Patrice Talon et les candidats qui l’ont porté à la victoire montrent le soir du scrutin du 20 mars que leur victoire est loin de leur tourner la tête. Au lieu de manifester une explosion de joie en agitant des « V » de victoire dans tous les sens, ils respectent la partie perdante et se contentent de dire que l’heure n’est pas à l’euphorie, mais plutôt à se mettre sans délai au travail. Le 21 mars, aussitôt après la publication des grandes tendances de la Céna, le candidat perdant, Lionel Zinsou n’a pas attendu l’entérinement des résultats de la cour constitutionnelle avant de joindre au téléphone le futur président de la république, Patrice Talon pour le féliciter pour sa victoire à l’issue du premier tour. Pas un acte de contestation de nature à mettre en péril le processus. Mieux, si les protocoles des deux candidats avaient accordé leurs violons, le premier ministre, candidat perdant, allaient se rendre chez le candidat élu pour le féliciter de vive voix. A la suite du candidat Lionel Zinsou, le gouvernement tient un conseil des ministres consacré à la préparation de la cérémonie de prestation de serment et donne des instructions aux ministres de faire diligence dans leur département pour le succès de l’évènement. La preuve que les leaders Béninois apprennent aujourd’hui mieux qu’hier à tolérer leurs rivaux et à quitter le pouvoir. C’est ainsi que la démocratie fait ses petits pas.

Ange Joël Toffoun
(Coll)


 

Actu Bénin

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