Préparatifs pour la COP-22 au Maroc: Les élus locaux et régionaux d’Afrique...

Préparatifs pour la COP-22 au Maroc: Les élus locaux et régionaux d’Afrique se concertent

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Pour préparer la 22e Conférence des Etats parties sur le climat qui se tiendra du 7 au 18 novembre prochain au Maroc, les élus locaux et régionaux d’Afrique se réunissent à Cotonou. Pendant trois jours, soit du 8 au 10 septembre, ils devront faire des propositions pertinentes pour que Marrakech reste dans l’action et permette d’avancer vers un monde moins chaud à l’horizon 2050 suite à la COP-21 de Paris.

Les villes et territoires sont en première ligne dans la lutte contre les changements climatiques par leurs capacités à réduire les émissions de gaz à effet de serre et par leurs actions d’adaptation face aux impacts du réchauffement climatique, retient Mina Bouhdoud de l’Association marocaine des présidents des conseils communaux (Ampcc). Pour elle, ils jouent un rôle majeur dans la demande et la consommation d’énergie, la planification urbaine, les transports et l’agriculture. Les villes et territoires, poursuit-elle, c’est aussi la commande publique qui peut être mobilisée au Nord comme au Sud, au service de la cause climatique. Il faut, selon elle, la contribution des acteurs non étatiques pour aboutir à un niveau de réchauffement tolérable. «C’est dire que leur contribution est cruciale pour la mise en œuvre de l’accord conclu à l’occasion de la COP-21 à Paris en décembre 2015 dernier», a souligné Mina Bouhdoud qui pense que Marrakech permettra d’élever à l’unisson la voix de l’Afrique.

Ce que consent Luc Atrokpo, président de l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb) qui a relevé le grand intérêt des Etats africains à jouer leur partition dans le cadre de la lutte contre les effets des changements climatiques. Il a plaidé en faveur de l’éligibilité de l’Ancb et de ses homologues du continent pour la mise en œuvre du Fonds vert pour le climat.
Pour Siaka Coulibaly, représentant résident du Pnud au Bénin, la situation est préoccupante. Marrakech demeure le sommet de l’action dans la mesure où il permettra de débattre de l’atténuation des changements climatiques et des possibilités d’innovation en matière d’adaptation.
Selon Siaka Coulibaly, la poussée démographique constitue une menace par rapport aux villes qui abriteront plus de la moitié de la population. Ainsi à l’horizon 2050, les territoires émettront plus de gaz. D’où le réchauffement climatique en milieu urbain entrainera des catastrophes. Dès lors, fait remarquer Siaka Coulibaly, les effets du réchauffement constituent une entrave au développement. Donc, il recommande de soutenir fermement la thématique du forum et d’encourager les élus locaux à mobiliser les ressources nécessaires pour la Convention des maires pour le climat et l’énergie en vue de sa mise en œuvre en Afrique.

Villes et territoires au cœur des enjeux

Pour le ministre en charge du Cadre de vie, José Didier Tonato, les villes et territoires sont au cœur des enjeux climatiques. Ils abritent des entreprises et sociétés vulnérables aux changements climatiques. Il faut, selon lui, faire en sorte que les villes soient plus résilientes et durables, en investissant dans les transports collectifs, l’agriculture, l’énergie et autres. Il a également suggéré d’aider les communautés rurales à améliorer leurs productions par la maîtrise des contours de l’adaptation et de l’atténuation.
Le ministre en charge de la Décentralisation, Barnabé Dassigli, ouvrant le forum pré-COP 22 a décliné ses principaux objectifs. Il s’agit, a-t-il indiqué, de faire le point de la mise en œuvre de l’Accord de Paris et ses implications pour les collectivités territoriales, notamment en Afrique. Le forum permettra également de présenter l’ensemble des initiatives et engagements des collectivités territoriales pour mettre en œuvre les dispositions de l’Accord de Paris avec un panorama des collectivités africaines impliquées dans ces initiatives et leur appréciation de la plus-value desdites initiatives. Il offrira également l’occasion de discuter de la Convention des maires pour le climat et l’énergie, puis de sa mise en œuvre en Afrique, de débattre de la position des collectivités territoriales d’Afrique par rapport aux négociations de la COP 22, y compris la formulation des engagements et initiatives des collectivités territoriales africaines en matière d’atténuation et d’adaptation. Enfin le forum de Cotonou permettra de présenter les engagements concrets pris par l’ensemble des acteurs territoriaux africains et d’émettre des propositions précises pour que les engagements et les initiatives desdits acteurs puissent trouver leur place dans l’organisation de la COP 22 à Marrakech et être pris en compte.
En définitive, «Il s’agit d’apporter aux défis climatiques une réponse solidaire ; aucun territoire ne doit être laissé pour compte», a relevé le ministre Barnabé Dassigli ?

Didier Pascal DOGUE

aCotonou

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