Porto-Novo : La Rupture orchestre une tension inutile à la Dec

Porto-Novo : La Rupture orchestre une tension inutile à la Dec

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La Direction des examens et concours (Dec) traverse depuis peu une crise qui risque de la fragiliser pendant longtemps. La nomination d’un nouveau patron des lieux reste la raison fondamentale. Le  gouvernement a, par une décision, semé la tension dans une structure dont l’importance est pourtant établie.

Depuis deux semaines, la situation qui prévaut à la Dec (Porto-Novo) n’est pas des plus reluisantes. La nomination d’un nouveau Directeur à la tête de ladite structure pourrit l’ambiance de travail des agents. Le Professeur Cakpo Mahougnon a été désigné nouveau patron, pour une période transitoire selon des sources de la Dec en remplacement de Dame Cathérine Bio Sarè admise à faire valoir ses droits à la retraite depuis  juillet 2015. Mais cette fonctionnaire n’a pu passer service le 13 avril 2016. Raison évoquée : santé défectueuse. Alors qu’elle a promis de s’exécuter le lendemain, elle a résisté. Le vendredi 15 avril aussi. Le climat de travail devenant invivable à la Dec, le ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence de la République, Pascal Irénée Koupaki a rencontré les deux acteurs principaux. La directrice sortante s’est engagée à libérer ses bureaux le samedi 23 avril. Mais Cathérine Bio Sarè s’absentera à nouveau. Elle déclare avoir été nommée par un décret et exige que le parallélisme des formes, un principe consacré en droit public soit respecté. Mais le ministre de tutelle fait sécuriser la Dec dès le samedi. Et hier lundi, sous le regard d’un huissier, les portes des bureaux de Cathérine Bio Sarè ont été défoncées par les forces de l’ordre. Le Professeur Cakpo Mahougnon a donc pu s’installer. Manu militari. Cependant, la démarche du gouvernement pose problème. En effet, à quelques semaines des examens, avait-on besoin d’introduire la tension dans une structure aussi capitale comme la Dec? Comment les agents de la Dec peuvent-ils offrir de bonnes prestations alors que le climat de travail est délétère? Faut-il le rappeler, à l’annonce de la nomination du Professeur Cakpo Mahougnon, certains agents de la Dec avaient manifesté leur désapprobation. Son passage à la tête de cette structure (2007- 2012) avait été décrié par plusieurs agents. Sa gestion avait été critiquée. Il ne fait donc pas l’unanimité au sein de cette Direction. Comment un  gouvernement qui prône la rupture dans la gouvernance peut-il imposer à la tête d’une administration un responsable contesté?  Quels résultats un tel responsable peut-il produire dans un environnement vicié? Pourquoi faut-il nécessairement ramener le Professeur Cakpo Mahougnon à la Dec? Sa nouvelle promotion fait-elle partie des deals politiques négociés entre les deux tours de la présidentielle? Quoi qu’il en soit, la décision est inopportune. C’est une décision non murie puisqu’il n’y avait pas de péril à éviter. Le ministre de tutelle, Lucien Kokou aurait pu attendre la fin de la saison des examens pour envoyer définitivement à la retraite Dame Cathérine Bio Sarè qui a voulu s’opposer à une décision administrative. Cela aurait évité à la Dec tout le remue-ménage inutile dans lequel elle baigne actuellement.  

A.S.

Matin Libre

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