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Port de Cotonou : Les syndicats passent à 72h de grève cette semaine

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Le durcissement du ton est inévitable dans le rang des syndicats des travailleurs de la plateforme portuaire de Cotonou. Après avoir annoncé les couleurs par un arrêt collectif de travail de 48h sans service minimum la semaine écoulée, les syndicats des travailleurs du Port Autonome de Cotonou (PAC), de la Cobenam, de la Sobemap du Cncb, de l’Asecna et du TTP projettent une grève de 72h pour cette semaine. Ceci pour exiger le retrait pur et simple de l’Avis d’Appel Public à Candidature pour le recrutement d’un mandataire pour la gestion du Port de Cotonou.

72 heures de grève sans service minimum au Port autonome de Cotonou à compter du dépôt des motions, c’est la menace brandie cette semaine par les travailleurs de la plateforme portuaire pour contraindre le gouvernement à renoncer à son projet de confier la gestion du Port à un mandataire privé. C’est la décision prise à l’issue de l’Assemblée générale qui s’est tenue vendredi dernier dans les locaux du Port de Cotonou. Le bras de fer semble désormais engagé malgré les tentatives d’intimidations et l’arrestation manquée mercredi dernier du secrétaire général du Syntrapc, Urbain Kanlinsou. L’engagement réaffirmé du ministre Hervé Hêhomey  d’aller jusqu'au bout de toutes les réformes engagées n’a fait qu’envenimer la situation. Les syndicats dénoncent la volonté du gouvernement de "privatiser" le port et affirment craindre des licenciements avec l'arrivée d'un nouveau gestionnaire.  Se disant conscients de la légalité et de la légitimité de leur lutte, les travailleurs n’entendent pas lâcher prise jusqu’à ce que le gouvernement abandonne son projet de privatiser la plateforme portuaire de Cotonou. Pour ces travailleurs, la société ne connait pas de difficultés particulières pour avoir honoré ses engagements vis-à-vis des institutions financières, et réalisé sur fonds propres les travaux confortatifs. Aussi, le Port a-t-il participé à l’emprunt obligataire lancé par le gouvernement, en plus de payer 5 milliards tous les ans, selon Urbain Philippe Kanlinsou. Ils exigent entre autres, l’annulation pure et simple de toutes les procédures tendant à la privatisation du Port de Cotonou ; la reprise immédiate des opérations d’empotage et de dépotage par la SOBEMAP sur son parc à l’instar de Bénin Terminal ; l’annulation sans délai des arrêtés signés non ventilés par le Ministre des Infrastructures et des Transports portant octroi d’agréments de manutentions aux sociétés  ATRAL et PIK  NET WORK au Port de Cotonou le retour du BESC au Conseil National des Chargeurs du Bénin (CNCB) aux fins d’assurer l’équilibre d’exploitation de l’entreprise.

Aziz BADAROU


Source : Matin Libre

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