Police nationale:Que sont devenus les hauts gradés limogés ?

Police nationale:Que sont devenus les hauts gradés limogés ?

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Plusieurs hauts gradés de la Police sont laissés à la maison depuis qu’ils ont été déchargés de leurs postes respectifs. Hier, pour la plupart en confiance avec le régime défunt, sont-ils devenus, du jour au lende-main et sans raison valable, des parias du Nouveau départ ? Bien ma-lin qui pourra répondre.
Beaucoup se demandent là où ils sont passés. Jean Tozé, Contrôleur général de la Police, ancien Directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur n’est plus en service. Mis à l’écart sous le régime défunt dont il a perdu la confiance dans une affaire relative au décret de port de grade et de galon, il a été éclipsé depuis lors et n’a plus pignon sur rue. Cité comme l’un des plus anciens de l’Institution, il avait déjà "acheté" son costume du plus haut gradé du corps et à ce titre devrait accéder au rang de général. Un titre honorifique que lui a soufflé, un certain Louis-Philippe Houndégnon, à l’endroit de qui, l’ex-chef de l’Etat, Yayi Boni ne tarissait pas d’éloges en reconnaissance à sa docilité et à son engagement personnel à servir, sans discernement et parfois jusqu’à la servilité. Inutile de rappeler les dossiers qui lui ont valu une sinistre réputation. Louis-Philippe Houndégnon, chouchouté par son mentor et suscitant souvent la désaffection et le désamour des autres hauts gra-dés qui remettaient en cause ses mérites et ses méthodes avait fini par tomber en disgrâce avec le régime qui l’a fait. Il perdit le prestigieux poste de Directeur général de la Police et devra se contenter de ses nouvelles attributions de peu d’influence de directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur. Il n’en était pas content et s’était résolu à ne plus se présenter comme le gorille de l’ex chef de l’Etat vers la fin du man-dat de ce dernier. Sans doute qu’il a eu cette idée pour se mettre dans le vent du nouveau régime qui se dessinait et surtout se débarrasser des vestiges d’un passé sous Yayi encore vivace dans les esprits. A l’avènement du régime du Nouveau départ, il fut gardé à son poste de directeur de cabinet, mais pas pour longtemps. Depuis lors, il scrute l’horizon, ne sachant pas ce que demain lui réserve. Car, depuis, il n’a plus été recasé. Seulement, son départ fait beaucoup d’effets. D’abord, au sein des hauts gradés. Pour eux, c’est lui qui entretenait les rivalités entre les barons de la police et était aussi le seul à en tirer parti. Ils es-timent que ces luttes vont baisser d’intensité. Or, les querelles entre les patrons de la police ne datent pas de Louis-Philippe Houndégnon, même si ce dernier a contribué à les intensifier. Ensuite, son départ constitue une occasion pour ses proches de critiquer la nouvelle direc-tion générale dirigée par Idrissou MouKaïla dont les compétences po-sent problème aux yeux de certains, au regard de la série de braquages avec son cortège de victimes qui ont ébranlé la Police et écorné son image. Et enfin pour une certaine opinion, policière ou non, laisser Houndégnon à la touche est perçu comme le prix à payer pour ses ac-cointances trop osées et maladroites avec le régime défunt qui a fait toutes les misères de ce monde à l’actuel chef de l’Etat. Quelques-uns dans le pays, nostalgiques de ses exploits contre la pègre dont il maî-trise les ramifications et le mode opératoire rêvent qu’on lui confie à nouveau ses anciennes attributions de Directeur général de la Police nationale. Mais soutenir cela revient à dire qu’il est le seul à la Police qui connait le boulot. Cela devient une insulte aux autres flics, dont certains sont aujourd’hui écartés ou oubliés chez eux après leur limo-geage.

La liste est longue

Le nouveau pouvoir oublie qu’il n’y a pas plus dangereux qu’un soldat frustré, laissé en l’air et qu’il fera mieux de le récupérer. Une palan-quée de hauts gradés limogés et laissée à la maison sans occupation, touchant régulièrement leurs salaires, constitue un gâchis pour l’Etat, surtout par ces temps de grande insécurité. Si les dernières nouvelles sont bonnes pour Didier Atchou, ex-Dg police nationale, il en est au-trement pour Kossi Sèdohoun, qui fut son adjoint à la Direction de l’Emigration et de l’Immigration. Contrôleur général de son état, il n’est plus rappelé depuis qu’il a été déchargé. Waïdi Akodjènou, Commissaire de première classe, reconnu pour ses résultats dans la lutte contre le banditisme transfrontalier et le trafic des stupéfiants à la frontière bénino-nigériane de Kraké avant d’être promu Directeur de l’Emigration et de l’Immigration où il a aussi marqué les esprits, fait partie de cette liste. Alors qu’il n’a pas fini de révolutionner le dé-partement qu’il a hérité de Didier Atchou, il a été carrément limogé et mis à la disposition de ses parents. Peut-être qu’il sera nommé sous peu, mais le ministre de l’Intérieur ferait œuvre utile à la population en lui faisant confiance, tout comme Marcellin K. Abbé, commissaire de première classe, ancien chef Interpol. Et que devient, le contrôleur Foudou, ex-Directeur central de la Police judiciaire ? Il est garé à la maison. Ils ont eu à occuper des postes de responsabilité sous le ré-gime défunt. Et alors ? Au lieu de leur faire ce reproche, si c’était le cas, le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Sacca Lafia, et le Directeur général de la police nationale, feraient mieux de solliciter leurs compétences. Aujourd’hui, le sujet sur les compétences est d’actualité et la Police ne constitue pas un désert en la matière. Il suffit de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Tout cela doit s’accompagner de la mise à disposition des agents de moyens efficaces de lutte contre la criminalité.

FN

aCotonou

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