Patrice Talon à bâtons rompus : « Je ferai un seul mandat...

Patrice Talon à bâtons rompus : « Je ferai un seul mandat »

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A l’occasion de la commémoration du 56ème anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale, le président Patrice Talon s’est prêté aux questions des journalistes, acteurs de la société civile, étudiants, commerçants, enseignants et autres. Au cours de cette émission la question sur la durée de son séjour à la tête du pays a été abordée. A ce sujet, Patrice Talon a rassuré qu’il ne fera que cinq ans.

« Dans tous les cas, je ne ferai qu’un seul mandat », a répondu hier, Patrice Talon, face à l’assistance qui voulait connaître sa position en cas d’un éventuel rejet du mandat unique proposé dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles. Mais avant, le Chef de l’Etat a fait savoir que sa volonté de consulter d’abord le peuple à travers le referendum avant de se diriger vers les députés pour la révision constitutionnelle est une manière de recueillir l’avis général de tous. C’est-à-dire l’adhésion populaire avant de solliciter le Parlement. Pour le Chef de l’Etat, aller vers les députés sans consulter le peuple ressemblerait à une simple formalité. A la question de connaître ses sentiments au cas où le peuple rejetterait le mandat unique proposé, Patrice Talon a d’abord répondu que ce serait dommage avant de rassurer : « Je pense que je trouverai les moyens nécessaires d’expliquer au peuple béninois l’importance du mandat unique et l’avantage que cela va procurer à notre pays. J’ai la conviction qu’elle passera ». A aucun moment, le Chef de l’Etat n’a douté de l’aboutissement de cette réforme. « J’aime aller au bout de mes convictions », a-t-il dit pour insister sur le fait que le mandat unique fera du bien au peuple béninois. Pour lui, on doit se poser la question de savoir s’il est préférable de laisser une seule personne renouveler son mandat parce qu’il est bon ou bien il faut apprécier ce qu’il fait en un seul mandat. A cet effet, Patrice Talon a indiqué que si son prédécesseur avait eu l’occasion de se représenter à la présidentielle dernière, les résultats obtenus à l’issue du scrutin ne seraient pas les mêmes que ceux qui l’ont fait élire. C’est dire donc que le président agit, s’il veut revenir au pouvoir, sur les grands électeurs et les faiseurs d’opinion, bien que sa gestion ne soit pas bonne.

Toujours dans le domaine des réformes, l’assistance a voulu savoir pourquoi les nominations se font encore dans les ministères et les sociétés d’Etat par simples décisions alors qu’au cours de la campagne, Talon avait promis que cela se ferait par appel à candidatures. « Peut-être que je ne l’ai pas dit publiquement. Mais j’ai dit aux Ministres que les nominations actuelles ne dureront qu’un an environ », a-t-il répondu. Le Président de la République a expliqué que tout cela est lié aux réformes. Il a dit qu’il ne peut, à l’étape actuelle, faire appel à des cabinets aux fins de lancer des appels à candidatures avant de faire les nominations. « Si je le fais, vous diriez que ce sont des nominations faites de manière indirecte. Et donc, avec les réformes, il y aura des lois organiques qui vont définir l’organisation de l’administration », a ajouté le Chef de l’Etat.

« Il n’y a plus de conflits politiques »

Sans hésitation, le Président de la République a répondu aux questions liées à la filière coton. A ceux qui pensaient que les premières décisions prises concernant ce secteur l’ont été au profit de Patrice talon, lui-même et ses sociétés, il a répondu qu’il n’en a aucun intérêt. Il a dit qu’il connait le secteur et pour éviter les erreurs du passé avec pour conséquence le manque de résultats, le Chef de l’Etat a expliqué que le Gouvernement a décidé de confier sa gestion aux acteurs, eux-mêmes. Pour ce qui est de l’achat des intrants et autres, il a indiqué que certaines décisions ont coïncidé avec le démarrage des activités du Gouvernement, tout simplement parce que le retard était déjà là. « L’acquisition des intrants et autres se font dans les mois de novembre et décembre précédant l’année de la nouvelle campagne. Nous sommes venus en avril et avons constaté que presque rien n’avait été fait. Il nous fallait agir très vite », a-t-il déclaré. Selon lui, les décisions prises ne visaient personne. Car, du moment où c’est celui qui a connu des difficultés sous l’ancien régime que le peuple a élu, il n’y a aucun intérêt à faire encore des représailles.

Le Président a estimé que les actes posés ne l’ont été contre personne. Les élections sont terminées, et « il n’y a aucun conflit d’intérêts ». Il a profité pour lever le doute qui planait sur les audits faits dans le secteur des véhicules d’occasion. Pour Patrice Talon, « il y a des indices qui orientent la nature des audits, la période et même la section ». Et si la période 2012-2016 a été choisie, c’est à cause des indices. Cela n’a rien à avoir avec des querelles politiques ou un quelconque règlement de comptes. L’audit ne vise aucun acteur, mais plutôt le mode de gestion. D’ailleurs, la justice s’en charge, selon le Président Talon.

Le différend entre Ajavon et Gipc préoccupe Talon

Devant l’assistance hier, le Président Patrice Talon est revenu sur cette situation qui prévaut dans le secteur des produits congelés. « Nous sommes informés de la situation et nous avons échangé avec le ministère du commerce, le ministère des finances, la douane et autres pour mieux nous imprégner de la situation et analyser la décision à prendre. Effectivement, des gens ont marché, mais nous ne voulons prendre aucune décision au profit d’une partie contre une autre. Les séances de travail vont nous permettre de savoir la juste décision à prendre, car nous ne sommes pas dans la logique de satisfaire un camp contre un autre », a dit en substance, le Chef de l’Etat. Il en a profité pour se prononcer sur le secteur des produits congelés et ce qu’il faut pour encourager la production locale en quantité suffisante pour satisfaire la demande. Patrice Talon a reconnu que la production actuelle ne peut pas couvrir la demande et qu’il serait trop précipité d’interdire l’importation. Ce qu’il y a lieu de faire, selon lui, c’est d’accompagner ceux qui sont concernés par la production locale et lancer un vaste programme qui incite les jeunes à s’orienter vers ce secteur. Le Chef de l’Etat pense que cela va permettre l’accroissement de la production locale et régler une partie du problème lié au chômage.

Par ailleurs, il s’est prononcé sur la mécanisation agricole qui devrait changer de paradigme. Il pense qu’il faut des engins appropriés aux sols.

Le dossier de chemin de fer qui oppose le Groupe Bolloré au Groupe Pétrolin de Samuel Aworet a été aussi évoqué. Le Chef de l’Etat a dit avoir rencontré non seulement les deux investisseurs, mais aussi le président du Niger dans ce sens. « Les discussions sont en cours, et dans cette affaire, seul le Bénin perd. Je suis fils de cheminot …La situation me préoccupe et cela va se régler ». a-t-il laissé entendre.

Félicien Fangnon

aCotonou

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