Opération "Libérez le domaine public" : Le gouvernement revoit sa copie

Opération "Libérez le domaine public" : Le gouvernement revoit sa copie

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Lancée il y a quelques mois, l’opération de libération du domaine public provoque beaucoup de grincement de dents et de remous au sein des populations. En effet, depuis novembre dernier que la campagne de communication s’est accentuée, il y a comme une levée de boucliers contre le gouvernement de Patrice Talon, notamment le préfet du Littoral Modeste Toboula qui, visiblement a pris le lead de cette opération. Si la décision gouvernementale a ciblé 8  villes d’intervention à savoir, Cotonou, Parakou, Abomey-Calavi, Sèmè-Podji, Ouidah, Abomey et Bohicon pour ce qui est de la première phase, il se fait qu’à Cotonou, les personnes concernées sont nombreuses et les dégâts à causer ne seraient pas moindres.  Avec le dernier conseil des ministres en date du 30 novembre 2016, on sent que le gouvernement a revu sa méthode quant au déguerpissement qui démarre  dans les huit villes du pays à partir du 02 janvier 2017.

En effet, à y voir de près, les occupants anarchiques qui ont jusqu’au 31 décembre 2016 pour libérer ces espaces publics, ne seront pas tous traités de la même façon à l’échéance de l’ultimatum donné. Dans le point 7 du point de presse du conseil des ministres, le ministre d’Etat, secrétaire d’Etat à la présidence, Pascal Irénée Koupaki, au sujet du compte rendu d’étape de la mise en œuvre de la mesure de libération des emprises du domaine public, a précisé ce qui suit : « Le gouvernement a décidé de faire libérer les emprises du domaine public. Les Ministères compétents ont établi une feuille de route. Ils ont défini la méthode et le mode d’opérationnalisation des actions prévues. Une première série de villes et centres urbains devant faire l’objet de la première phase de cette opération, a été identifiée (Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey-Calavi, Ouidah, Bohicon, Abomey, Sèmè- Kpodji) de même que les principales artères concernées, à savoir la plupart des voies primaires et secondaires revêtues et qui sont stratégiques pour l’attractivité de ces villes. Le marquage de toutes les installations se trouvant illégalement dans le domaine public sur les artères identifiées, est achevé. Un plan de communication sociale a été mis en œuvre pour expliquer l’esprit et le bien-fondé de la mesure, et obtenir l’adhésion de la population à la mesure. Le Conseil a précisé que l’opération de libération se fera en deux phases :

1- la première phase consistera à libérer effectivement tous les trottoirs et terre-pleins centraux des principaux axes routiers (axes nobles) dans les villes concernées, au 31 décembre 2016 au plus tard ;   

2- la 2ème phase portera sur le reste du domaine public (trottoirs et terre-pleins centraux des autres axes urbains, espaces publics entre trottoirs et alignements des propriétés de toutes les voies primaires et secondaires urbaines, tous espaces publics naturels) ». Ainsi, en prenant en compte l’approche participative, le gouvernement a décidé d’aller progressivement. L’opération, dans l’immédiat débutera donc par le plus urgent ; c’est-à-dire tout ce qui est cité dans la première phase.   
 Sans doute que l’Exécutif a mesuré les conséquences au plan social de l’opération, et a décidé de ménager sa monture. C’est à saluer. Mais le gouvernement ne doit pas occulter les mesures d’accompagnement qui pourraient soulager certains de ces occupants.

Jacques BOCO


Matin Libre

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