Opinion:Que faire du Bureau de l’auditeur général à l’ère du Nouveau Départ ?

Opinion:Que faire du Bureau de l’auditeur général à l’ère du Nouveau Départ ?

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Théoriser sur l’appel à candidature comme instrument de désignation des cadres dirigeants sous l’ère du Nouveau Départ, c’est crédibiliser indubitablement les engagements du nouveau président pour l’amorce méthodique des réformes ins-crites au programme quinquennal 2016-2021.

Mais peut-on aisément accomplir une telle mission ou tâche sans interroger l’essence de certains décrets proposés à la nation par l’ancien gouvernement du Bénin ? Entre autres documents de travail, il nous plait ici de prendre la liberté de mettre en relief l’une des faiblesses du décret n°2015-394 du 20 juillet 2015 portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Bureau de l’auditeur général. Nos prochaines publications rendront également compte des tares d’autres décrets signés par les dirigeants du changement pour perpétuer le phénomène original et astucieux dénommé « après nous, c’est nous ».

En réalité, de notre observatoire, il n’y a aucune gêne à procéder à l’annulation pure et simple des concours à polémique. Qu’il vous souvienne qu’en 2012, le Gouvernement du Président Thomas Boni Yayi a supprimé un concours du genre en raison des fraudes relevées par les travaux d’une commission ad hoc présidée par le patriarche Moïse Mensah. Sous le Président Kérékou I, une session du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) a été annulée en raison d’une fraude accentuée par la dictée intitulée : « La Vipère » que chantaient en chœur tous les candidats en pleine salle d’examen devant les surveillants eux aussi complices. Aujourd’hui un sévère constat d’inertie s’observe face à la faiblesse des textes régissant l’Autorité nationale de lutte contre la corruption. Cette importante structure de lutte contre l’impunité devrait avoir la main, par décret interposé, de s’autosaisir sur les faits sociaux comme les concours frauduleux, les appels à candidature voire tous les appels d’offres orientés vers la concussion.
Force est cependant de reconnaître que les structures de la société civile qui doivent avoir la palme de la dénonciation et de l’activisme en ce domaine sont : l’Ong-Alcrer de Martin Assogba, l’Olc à travers Jean-Baptiste Élias, la Fesyntra-Finances de Laurent Mètognon, la Cstb, la Cgtb, le Sydob, la Csa de Dieudonné Lokossou, etc.

Si le nouveau Gouvernement est revenu, à juste titre et à raison, au cours de son premier conseil des Ministres, sur des actes posés entre 2015 et 2016 par l’État béninois, il y a là forcément une nécessité : celle de la recherche et de la restauration des mêmes chances à tous les enfants du Bénin. Une telle égalité de chance aux travailleurs, aux étudiants, aux paysans, aux ouvriers béninois passe aussi et surtout par le travail judicieux attendu par le Bureau de l’auditeur général créé en 2015 par le décret sus-cité en remplacement de l’Inspection générale d’État. Organe indépendant relevant de la Présidence de la République, lit-on dans l’article 1er dudit décret, « le Bureau de l’Auditeur général est l’organe supérieur de contrôle de l’ordre administratif ; il a une compétence nationale et coordonne les activités de tous les autres organes d’audit de contrôle de l’ordre administratif. Il est investi d’une mission générale et permanente d’audit, de contrôle et d’investigation ».

Les objectifs assignés
au Bag

Six principaux objectifs ont été assignés au Bag :
- la bonne gouvernance et l’amélioration de la qualité du fonctionnement du service public ;
- le développement d’une gestion publique efficace, efficiente, économe et d’optimisation des ressources publiques ;
- la bonne gestion des affaires publiques et la lutte contre la corruption ;
- l’évaluation des politiques et programmes publics afin d’en accroître le rendement et les résultats attendus ;
- l’allègement et la simplification du fonctionnement des processus et procédures, afin d’accroître l’efficacité et l’efficience du secteur public ;
- l’information de toutes les autorités concernées et les parties prenantes sur les entraves à l’application des mesures visant la bonne gouvernance, la saine ges-tion des affaires publiques, et toutes les dispositions à prendre pour la lutte contre la corruption, la fraude et les infractions connexes.
Mais aujourd’hui où l’actualité est dominée au Bénin par le triptyque corruption -fraude- impunité, tout contribuable béninois est en droit de s’interroger sur l’efficacité et la pertinence de l’agenda du bureau de l’auditeur général. Même si ce bureau est tenu de respecter les principes de réserve et de confiden-tialité requis, n’est-il pas utile de communiquer davantage sur les dispositions prises pour nous éclairer sur les concours frauduleux ? Il est urgent de faire publier la synthèse du rapport annuel (2015) du Bag au Journal Officiel et sur le site Web du gouvernement et du bureau de l’auditeur général comme le prescrit l’article 24 dudit décret.
Si une réelle fierté nous permet d’adresser toutes nos félicitations au Professeur Jacques AlidouKoussé pour le travail réalisé à la tête de l’Ige, nous sommes moins heureux du rythme du travail du Bag qui, pourtant est nommé pour sept ans. Cette hésitation peut-elle être mise au compte de la précipitation dans laquelle Monsieur l’auditeur général a été désigné par le Président Yayi ? Tout observateur attentif des activités du Bag est en droit de s’inquiéter. Là où le bât blesse consiste en ce que le responsable de cette structure autonome aurait pu être désigné par un appel à candidature conformément à l’article 7 dudit décret qui souligne que « l’auditeur général est nommé par décret pris en Conseil des ministres sur proposition du Président de la République pour un mandat de sept (7) ans non renouvelable au terme d’une procédure d’appel à candidature ». Choisi donc dans des conditions contraires à cet article, comment l’Auditeur Gé-néral peut-il travailler en toute impartialité appuyé qu’il est cependant par les dispositions de l’article 6 qui note que « les membres du Bureau de l’Auditeur Général sont dotés de l’ensemble des prérogatives nécessaires à l’exécution de leur mission et bénéficient d’un statut d’indépendance fonctionnelle » ? Dans ces conditions n’est-il même pas plausible que le Fonac manifeste plus de visibilité que l’actuel Bag en exercice ?
Il serait enfin souhaitable que le bureau de l’auditeur général soit inséré sur la liste des institutions pour lesquelles le gouvernement du Nouveau Départ cherche à opérer des réformes idoines. Autrement dit que faire en réalité du Bu-reau de l’auditeur général à l’ère du Nouveau Départ ? Cqfd (Ce qu’il fallait démontrer).
Le peuple est maintenant convaincu que le train de la rupture passe par la gare du bureau de l’Auditeur général et autres institutions préfabriquées par Boni Yayi.

Henri DagbédjiHessou
Directeur du cabinet
Cagecic et
Membre-fondateur
de la Coalition
Nouveau Départ

Actu Bénin

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